Ratification de l'accord d'association avec l'UE, processus de paix menacé

Une femme au téléphone pleure devant son commerce... (PHOTO PHILIPPE DESMAZES, AFP)

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Une femme au téléphone pleure devant son commerce détruit, le 15 septembre dans le district Kievsky de Donetsk.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Michel MOUTOT, Karim TALBI
Agence France-Presse
Donetsk et Kiev

Le parlement ukrainien doit ratifier mardi l'accord historique d'association avec l'Union européenne, qui concrétise l'éloignement de Kiev du giron russe, alors que le cessez-le-feu était fortement menacé, l'armée et les séparatistes prorusses s'accusant mutuellement de le violer.

Le Parlement européen doit de son côté ratifier cet accord, qui comprend des volets politique et économique, en milieu de journée à Strasbourg, en France.

Cette ratification est pour certains gâchée par le report à fin 2015 de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange, le temps pour les Européens de poursuivre les discussions avec Moscou sur cet accord auquel la Russie est fortement opposée.

Sur le terrain, au lendemain de la journée la plus meurtrière dans l'est de ce pays depuis l'instauration d'un fragile cessez-le-feu, les tirs se poursuivaient lundi aux abords de l'aéroport de Donetsk, selon l'AFP. Un porte-parole militaire a affirmé que les rebelles visaient les positions des forces ukrainiennes, qui contrôlent l'aéroport, sans parvenir à provoquer leur retraite.

Dans ce contexte qui fait craindre une nouvelle escalade sur le terrain, le parlement ukrainien doit examiner mardi deux points cruciaux du protocole de cessez-le-feu du 5 septembre: une loi d'amnistie et une loi envisageant un «statut spécial» qui garantirait une plus grande autonomie aux régions séparatistes russophones de Donetsk et de Lougansk.

Selon la présidence, le projet de loi exempte de poursuites pénales et administratives les combattants, sauf ceux qui se sont rendus notamment coupables de «meurtres, viols et terrorisme». D'après la presse ukrainienne, sont également exclus de cette amnistie les responsables de la destruction en vol du Boeing de Malaysia Airlines en juillet, ayant fait 298 morts.

Concernant le projet de loi sur le «statut spécial», Kiev serait d'accord pour la mise en place d'un gouvernement autonome provisoire, qui prendrait ses fonctions dès l'adoption de la loi, et ce pour trois ans. Les rebelles, quant à eux, réclament l'indépendance. Le site internet d'informations Ukraïnska Pravda écrit que des élections locales pourraient par ailleurs être organisées le 9 novembre dans les régions séparatistes.

Plus de 2700 morts en cinq mois 

Six civils ont péri dimanche dans des bombardements dans le fief rebelle de Donetsk, selon les autorités locales et les constatations partielles des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'annonce de ces nouvelles victimes, dans un conflit qui a fait plus de 2700 morts en cinq mois selon l'ONU, est intervenue alors que les ministres français, allemand et russe des Affaires étrangères se sont réunis à Paris pour discuter de la crise ukrainienne en marge de la conférence internationale pour la sécurité en Irak.

Kiev avait accusé dimanche les rebelles de menacer le processus de paix en intensifiant leur tirs. Lundi, le «Premier ministre» de la République populaire (unilatéralement proclamée) de Donetsk a, pour sa part, accusé l'armée ukrainienne de «violations du cessez-le-feu» et de «provocations».

«Le gouvernement de Kiev n'utilise ce cessez-le-feu que pour regrouper ses forces et nous attaquer de nouveau», a lancé Alexandre Zakhartchenko.

«Nous allons localiser les sources de ces tirs et nous allons les neutraliser», a-t-il menacé.

Depuis son entrée en vigueur, le cessez-le-feu décidé à Minsk entre l'ambassadeur de Russie à Kiev Mikhaïl Zourabov, l'ancien président ukrainien Leonid Koutchma, deux représentants séparatistes, dont M. Zakhartchenko, et l'OSCE, a été violé de manière quasi-quotidienne.

Les habitants de certaines localités proches de Donetsk dénoncent même une trêve fictive.

Alexandre Zakhartchenko doute de l'utilité de la poursuite de négociations de paix avec Kiev alors qu'une nouvelle réunion est prévue pour cette semaine dans la capitale bélarusse. «A quoi sert de se réunir de nouveau cette semaine et de quoi allons-nous discuter? Il faut d'abord respecter la trêve», a-t-il dit, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Cette trêve est vue avec méfiance par les Occidentaux qui la jugent depuis le début insuffisante pour garantir une paix durable. Ils considèrent aussi avec prudence l'engagement du Kremlin à parvenir à un règlement pacifique de la crise ukrainienne, qui a suscité les pires tensions entre eux et Moscou depuis la fin de la Guerre froide.

La chancelière allemande Angela Merkel a souligné, lors d'une conversation téléphonique lundi soir avec le président russe Vladimir Poutine, l'importance pour le processus de paix en Ukraine d'un retrait total des troupes russes.

Parallèlement, les soldats de 15 pays, notamment 200 parachutistes américains, ont entamé dans l'ouest de l'Ukraine des manoeuvres militaires, «Rapid Trident 14».




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