Kiev accuse la Russie de lancer «une grande guerre»

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Ce retrait de l'aéroport de Lougansk s'ajoute à une série de revers pour l'armée ukrainienne.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Nicolas GAUDICHET, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Donetsk et Kiev

Kiev a cédé lundi aux séparatistes un aéroport stratégique dans l'Est rebelle et accusé la Russie de lancer «une grande guerre» en Ukraine qui fera des dizaines de milliers de morts.

Le retrait de soldats de l'aéroport de Lougansk après des tirs d'artillerie dont Kiev accuse des «troupes russes» s'ajoute à une série de revers pour l'armée ukrainienne qui, selon des journalistes de l'AFP sur place, semble avoir abandonné sans vraiment combattre une vaste zone du sud-est de la région séparatiste entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l'est et le port stratégique de Marioupol au sud, sur les bords de la mer d'Azov.

Il intervient alors que «le groupe de contact» composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et les séparatistes se sont réunis à Minsk pour chercher une issue à la crise au lendemain des déclarations de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l'idée d'un «statut étatique» pour les régions rebelles ukrainiennes.

Kiev et les Occidentaux accusent depuis une semaine - photos satellitaires à l'appui - la Russie d'avoir déployé ses troupes régulières dans l'est de l'Ukraine, plus d'un millier selon l'OTAN, 1600, selon Kiev. Moscou dément catégoriquement.

«Une grande guerre est arrivée»

«Une grande guerre est arrivée dans notre maison, une guerre comme l'Europe n'en n'avait plus connue depuis la Deuxième Guerre mondiale. Dans une telle guerre, les pertes vont se calculer non par centaines, mais par milliers voire des dizaines de milliers de morts», a déclaré lundi le ministre ukrainien de la Défense, Valéri Guéleteï.

Selon lui, la priorité est désormais d'organiser la défense afin d'empêcher la Russie à avancer «sur d'autres territoires ukrainiens».

À Bruxelles, la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, future chef de la diplomatie de l'Union européenne, doit préciser mardi devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen sa vision de la politique étrangère de l'UE en Ukraine.

Le premier ministre polonais, Donald Tusk choisi à la présidence du Conseil européen, a mis en garde contre les dangers d'une guerre «pas seulement dans l'est de l'Ukraine» dans un discours prononcé lundi matin au cours des cérémonies célébrant le 75e anniversaire de l'agression de l'Allemagne nazie contre la Pologne qui déclencha la Seconde Guerre mondiale.

Et le président allemand Joachim Gauck, présent sur le territoire polonais pour ces commémorations, a parlé d'«un nouveau conflit armé aux confins de l'Europe», en Ukraine, estimant que la Russie a «de facto mis fin à son partenariat» avec l'Europe.

Dans la matinée, les militaires ukrainiens se sont retirés de l'aéroport de Lougansk. «Compte tenu de la précision des tirs, il s'agit d'artilleurs professionnels des forces armées russes», a affirmé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

Il a par ailleurs indiqué qu'un navire des gardes-côtes ukrainiens, qui avait été la cible de tirs dimanche près de Marioupol, a coulé. Sept marins ont été blessés et deux sont portés disparus.

Le conflit dans l'est de l'Ukraine a fait près de 2600 morts depuis la mi-avril, et des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés.

Environ 700 soldats ukrainiens ont été faits prisonniers par les rebelles ces derniers jours dans la région de Donetsk, a annoncé lundi Volodymyr Rouban, responsable ukrainien qui négocie l'échange de prisonniers en qualifiant la situation de «catastrophique».

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a estimé dans une interview lundi que la Russie pourrait chercher à créer «des corridors terrestres» dans le sud de l'Ukraine pour ravitailler la Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars.

Poutine appelle au «bon sens»  

Autour de Donetsk, les signes d'un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s'accumulent, selon un journaliste de l'AFP.

Le barrage de l'armée à la hauteur de Mariïnka, à la sortie ouest, avait disparu lundi. Près de Berezové, au sud du fief séparatiste, un char de l'armée et deux véhicules militaires de transport de troupes ont été abandonnés.

Alors que les insurgés ont repris l'initiative, Vladimir Poutine a évoqué dimanche pour la première fois un «statut étatique» pour les régions séparatistes.

L'escalade intervient avant un sommet de l'OTAN les 4 et 5 septembre au Royaume-Uni, où une rencontre est prévue entre le président ukrainien Petro Porochenko et le président américain Barack Obama. Kiev qui a relancé son projet d'adhésion à l'OTAN attend une «aide pratique» et des «décisions cruciales» de l'Alliance atlantique à l'issue du sommet.

La Commission européenne devait pour sa part commencer lundi à se pencher sur de nouvelles sanctions contre la Russie après un sommet extraordinaire samedi de l'UE qui a donné à la Russie une semaine pour emprunter une nouvelle voie en Ukraine sous peine de sanctions supplémentaires.

Le président russe Vladimir Poutine a appelé lundi au «bon sens» en disant espérer que ni la Russie, ni l'UE ne provoqueraient «de dégâts avec ces piques respectives».

Face à cette menace, la monnaie russe a plongé lundi à un nouveau record de faiblesse face au dollar, le billet vert dépassant 37,30 roubles, et à son plus bas niveau en quatre mois face à l'euro (49 roubles).




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