«Parler de paix» avec Poutine

Le président russe Vladimir Poutine (ci-dessus) rencontrera aujourd'hui... (PHOTO IVAN SEKRETAREV, ARCHIVES REUTERS)

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Le président russe Vladimir Poutine (ci-dessus) rencontrera aujourd'hui à Minsk, en Biélorussie, son homologue ukrainien, Petro Porochenko.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Le conflit qui oppose les forces gouvernementales ukrainiennes aux rebelles prorusses dans l'est du pays sera discuté au plus haut niveau diplomatique, aujourd'hui, alors que les affrontements sanglants continuent de plus belle sur le terrain.

Le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine sont attendus à Minsk, en Biélorussie, où se tient un sommet régional en présence de plusieurs représentants de l'Union européenne.

M. Porochenko a indiqué qu'il entendait «parler de paix» à cette occasion avec le chef d'État russe et qu'il chercherait à le convaincre de retirer les combattants prorusses qui affrontent l'armée nationale depuis quatre mois dans le Donbass.

Il a souligné que son gouvernement ferait tout pour ramener le calme dans la région tout en relevant qu'il n'était pas question de compromettre, ce faisant, «la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine».

Le politicien a parallèlement annoncé hier qu'il dissolvait le Parlement en vue de forcer la tenue de nouvelles élections qui permettront, espère-t-il, de réduire le nombre de députés favorables à l'ancien régime prorusse de Viktor Ianoukovitch.

Kiev accuse depuis des mois la Russie de soutenir les rebelles en fournissant armes et formation, alors que Moscou persiste à nier toute implication dans le conflit.

Encore hier, le gouvernement ukrainien a affirmé que ses forces combattaient une colonne de véhicules blindés venus du territoire russe qui cherchaient à se diriger vers la ville de Marioupol.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé qu'il n'avait pas entendu parler d'une telle colonne avant de s'en prendre à la campagne de «désinformation» lancée par Kiev pour mettre en cause son pays.

Vendredi, l'OTAN a parallèlement accusé la Russie d'avoir déployé, sur le territoire ukrainien, des unités d'artillerie qui étaient utilisées pour tirer sur les troupes gouvernementales.

Le professeur Dominique Arel, spécialiste de l'Ukraine à l'Université d'Ottawa, estime que le «gouffre» entre les deux camps rend peu probable un déblocage rapide de la situation par la voie diplomatique.

La tenue d'une rencontre entre les deux présidents demeure tout de même un développement positif, juge-t-il. «L'obtention d'une solution diplomatique, politique, passe par le dialogue, et pour dialoguer, il faut se retrouver au même endroit», relève l'analyste.

Dialogue nécessaire

La résolution du conflit passe aussi par le lancement d'un véritable dialogue interne entre les autorités centrales et les dirigeants de la région du Donbass. Or, les chefs rebelles étaient jusqu'à tout récemment des ressortissants russes. Plusieurs ont été remplacés par des Ukrainiens qui risquent d'être tout aussi liés à la Russie, note M. Arel.

Les combats se poursuivent parallèlement sur le terrain, où les forces de Kiev ont réussi à reprendre près des deux tiers du territoire pris par les rebelles. Les villes de Donetsk et de Lougansk demeurent cependant contrôlées par les insurgés. Et leur reprise par la force pourrait entraîner de lourdes pertes civiles.

Dominique Arel ne s'attend pas à ce que l'OTAN tente d'intervenir militairement dans le conflit en déployant des troupes au sol, quel que soit le niveau d'engagement de Moscou. «Personne ne veut d'une confrontation directe entre l'Europe et la Russie, et Poutine le sait bien», note-t-il.

La poursuite de l'engagement militaire russe pourrait toutefois amener les autorités européennes à imposer de nouvelles sanctions économiques.

L'Union européenne avait durci son approche à ce sujet après la destruction d'un avion civil de Malaysia Airlines, en juillet dernier. Les États-Unis, notamment, affirment que l'appareil a été abattu par les rebelles avec un missile sol-air de provenance russe.

Hier, le ministre des Affaires étrangères russe a déclaré que l'Ukraine et les pays occidentaux avaient perdu tout intérêt pour l'enquête relativement au sort de l'appareil. «Nous sommes en fait les seuls à continuer à prêter attention à ce problème», a-t-il affirmé.

-Avec l'Agence France-Presse

LA CRISE EN CHIFFRES

2119

Nombre de personnes qui ont été tuées dans l'est de l'Ukraine depuis la mi-avril.

155 800

Nombre de personnes qui se sont réfugiées ailleurs en Ukraine pour échapper au conflit, tandis que 190 000 autres ont fui en Russie.

Source: Nations unies




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