L'armée ukrainienne repousse une colonne russe

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Un convoi de chars russes est stationné sur les rails de la gare de Kamensk-Shakhtinsky, dans la région de Rostov, près de la frontière ukrainienne, le 23 août.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Nicolas GAUDICHET, Maxime POPOV
Agence France-Presse
DONETSK et KIEV

Les autorités ukrainiennes ont affirmé lundi que leurs forces avaient repoussé une colonne de blindés venant de Russie tandis que Moscou a annoncé l'envoi d'un nouveau convoi humanitaire dans l'est de l'Ukraine.

Un porte-parole militaire ukrainien a affirmé que l'armée était parvenue à stopper une colonne de «dix chars et deux véhicules blindés de transport de troupes» arborant des drapeaux séparatistes qui se dirigeait vers la ville côtière de Marioupol après avoir franchi la frontière depuis la Russie.

Jointe par l'AFP, une habitante d'une ville située à proximité des hostilités a fait état d'explosions entendues à l'est, en direction de la frontière.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a démenti ces informations. «Je n'en ai pas entendu parler, mais la désinformation concernant notre "invasion"» n'est pas ce qui manque», a-t-il indiqué.

Kiev a dénoncé à de multiples reprises des incursions sur son territoire par des unités militaires russes et le bombardement de ses forces à partir du territoire russe, accusant également Moscou de fournir armes et combattants aux insurgés prorusses, ce que la Russie a toujours démenti.

Si l'incursion était confirmée, elle pourrait compliquer les contacts entre le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux hommes seront présents mardi à un sommet régional à Minsk avec des dirigeants de l'Union européenne.

M. Porochenko s'est engagé à l'occasion de ce sommet à «parler de paix» avec M. Poutine, et espère le convaincre de «retirer les combattants» rebelles de l'est de l'Ukraine dans un conflit qui a fait plus de 2200 morts en plus de quatre mois.



Un nouveau convoi russe «dès cette semaine»

Alors que les combats faisaient rage sur le terrain, Moscou a annoncé l'envoi «dès cette semaine» d'un nouveau convoi humanitaire, quelques jours après l'entrée sur le territoire ukrainien d'un premier convoi.

La Russie avait fait entrer vendredi en Ukraine quelque 220 camions chargés, selon Moscou, de 1800 tonnes d'aide humanitaire, sans l'autorisation de Kiev et quasiment sans contrôle de leurs cargaisons.

La totalité du convoi avait déchargé sa cargaison le soir même dans le bastion prorusse de Lougansk, privé d'eau et d'électricité depuis plus de trois semaines, avant de regagner la Russie.

«Nous espérons que les malentendus qui ont eu lieu au passage du premier convoi seront pris en compte et qu'il n'y aura plus de retards», a déclaré M. Lavrov.

Kiev et certains pays occidentaux craignent que les initiatives russes ne soient un prétexte à une «provocation» qui pourrait servir de couverture à une intervention russe en Ukraine.

Contre-offensive rebelle

La guerre reprenant ses droits au lendemain de la fête de l'indépendance ukrainienne, le «premier ministre» séparatiste de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a annoncé que les rebelles menaient une importante contre-offensive face aux forces ukrainiennes.

L'état-major de l'opération militaire menée par Kiev dans l'est a de son côté reconnu lundi une «intensification de l'action de l'ennemi».

À Donetsk, bastion rebelle assiégé par l'armée ukrainienne, de fortes explosions pouvaient être entendues lundi après-midi. Des combats se déroulaient au sud de la ville dans la matinée, des colonnes de fumée s'élevant au-dessus de la campagne environnante, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La petite ville d'Olenivka, violemment frappée par les bombardements il y a une semaine, semble être l'un des enjeux de la bataille, selon les responsables rebelles.

Le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a pour sa part affirmé que l'armée avait repoussé des contre-attaques dans la banlieue de Lougansk, de Donetsk et d'Ilovaïsk. Il a annoncé la perte de quatre soldats ukrainiens en 24 heures.

Il a également déclaré que les forces ukrainiennes subissaient une attaque «chaque jour» sur le village de Stanitsa Louganska, situé au nord du bastion de Lougansk, qu'il a qualifié de «point chaud et dangereux».

Les rebelles prorusses ont choqué l'opinion publique ukrainienne dimanche en faisant défiler plusieurs dizaines de prisonniers de guerre devant la foule dans leur fief de Donetsk, dans un pied de nez à la parade militaire organisée à Kiev le même jour pour célébrer la fête nationale.

Le ministre ukrainien de la Défense, Valéri Gueleteï, a dénoncé lundi un non-respect des «règles» en temps de guerre.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dit, quant à lui, n'avoir «rien vu d'humiliant» dans cette parade, accusant à son tour l'armée ukrainienne de crimes de guerre.




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