Le convoi humanitaire russe inspecté par les Ukrainiens

L'acheminement du convoi a été problématique depuis son... (PHOTO MAXIM SHEMETOV, REUTERS)

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L'acheminement du convoi a été problématique depuis son départ mardi d'une base militaire aux environs de Moscou, l'Ukraine et de nombreux pays occidentaux le soupçonnant de servir de couverture à une intervention russe. Un scénario qualifié «d'absurde» par la Russie.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Anais LLOBET, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KAMENSK-CHAKHTINSKI et KIEV

Des douaniers et gardes-frontières ukrainiens se tenaient prêts vendredi à inspecter le convoi humanitaire russe, toujours stationné à une trentaine de kilomètres, dans une zone où la Russie multiplie manoeuvres et mouvements de blindés.

Les 59 représentants ukrainiens - 41 gardes-frontières et 18 douaniers - ont passé la frontière entre l'Ukraine et la Russie au poste-frontière russe de Donetsk. Ils doivent travailler avec leurs homologues russes, en vue de donner leur feu vert au passage de près de 300 camions d'aide humanitaire destinée aux populations de l'Est du pays, en proie à de violents combats entre forces régulières ukrainiennes et séparatistes pro-russes.

Selon Paul Picard, chef de la mission d'observation de l'OSCE dans la région, l'inspection n'a cependant toujours pas commencé, aucun camion n'étant arrivé.

Il a ainsi démenti une information relayée plus tôt dans la journée par un porte-parole militaire ukrainien, Léonid Matioukhine, qui avait précisé que l'inspection avait commencé à 10h00 (03h00 heure du Québec) au poste-frontière de Donetsk.

Des journalistes de l'AFP présents sur place avaient peu avant observé la présence du convoi dans la localité de Kamensk-Chakhtinski, où il était stationné depuis jeudi soir à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk (ville russe à la frontière qui porte le même nom que le principal fief séparatiste en Ukraine).

Accompagnés de représentants du ministère russe des Situations d'urgence, ils ont pu ouvrir une dizaine d'entre eux et observé la présence de sacs de farine, de sucre, et de bouteilles d'eau.

Incursion militaire russe

L'acheminement du convoi a été problématique depuis son départ mardi d'une base militaire aux environs de Moscou, l'Ukraine et de nombreux pays occidentaux le soupçonnant de servir de couverture à une intervention de la Russie, qu'ils accusent déjà d'armer la rébellion.

Après des tergiversations, Kiev a finalement accepté le passage de la colonne russe, chargée, selon Moscou, de plus de 1800 tonnes d'aliments et de médicaments, via le territoire dans l'Est rebelle qu'il ne contrôle pas.

Le ministère des Affaires étrangères ukrainien a souligné que la Russie serait dès lors seule responsable de la sécurité du convoi et du personnel de la Croix-Rouge en charge de la distribution de l'aide.

La Russie a, selon les Occidentaux et Kiev, massé des troupes à la frontière, où elle a multiplié les exercices militaires ces derniers mois.

Des journalistes de l'AFP ont observé vendredi matin une colonne d'une dizaine de transports de troupes blindés russes empruntant la route vers le poste-frontière de Donetsk.

Selon des journalistes également sur place des quotidiens britanniques Guardian et Telegraph, 23 véhicules blindés de transports de troupes, des camions-citernes et d'autres véhicules logistiques portant des immatriculations militaires russes avaient traversé la frontière près du même poste-frontière, la veille peu avant 22h00 locales.

Un porte-parole de l'opération militaire ukrainienne dans l'Est, Olexiï Dmytrachkivski, a également confirmé l'incursion d'une colonne militaire russe sur son territoire depuis un poste-frontière contrôlé par les séparatistes prorusses.

Des informations cependant démenties par le FSB (services de sécurité russe, ex-KGB) russe.

Donetsk sous les bombardements

La situation humanitaire ne cesse de se dégrader dans l'Est, où l'avancée de l'armée ukrainienne se fait au prix de pertes civiles. Les États-Unis ont dès lors exhorté jeudi l'Ukraine à la «retenue».

À Donetsk, principal fief séparatiste où les combats s'intensifient dans le centre-ville, onze civils ont ainsi été tués et huit blessés en 24 heures, a indiqué vendredi la mairie. Des bombardements se faisaient encore entendre vendredi dans l'après-midi, selon une journaliste de l'AFP.

Kiev, qui resserre son étau sur les séparatistes, a revendiqué jeudi le contrôle de la route entre Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire.

Face à l'avancée de l'armée ukrainienne, les départs se multiplient parmi les chefs séparatistes puisque les principaux chefs rebelles de Donetsk, Igor Strelkov, et de Lougansk, Valéri Bolotov, ont annoncé jeudi quitter leurs postes.

En Russie, Vladimir Poutine recevait vendredi son homologue finlandais Sauli Niinistö, venu parler de la crise en Ukraine et surtout des sanctions sans précédent et de plus en plus sévères introduites contre Moscou. L'embargo sur les produits alimentaires européens et américains annoncé en représailles par la Russie touche de plein fouet la Finlande, pays frontalier de la Russie.

L'UE met en garde Moscou

Plusieurs ministres européens des Affaires étrangères, réunis vendredi à Bruxelles, ont mis en garde la Russie contre toute incursion militaire en Ukraine, en réaction aux informations faisant état de l'entrée de blindés russes en Ukraine.

«Je suis alarmé par les informations» sur une entrée de blindés russes en territoire ukrainien, «s'il y a des véhicules ou du personnel militaires russes en Ukraine ils doivent être retirés immédiatement ou les conséquences seront très sérieuses», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond.

Il s'exprimait peu avant que l'Ukraine ne confirme l'incursion d'une colonne militaire russe sur son territoire depuis un poste-frontière contrôlé par les séparatistes prorusses dans l'Est, signalée jeudi soir par des journalistes britanniques.

«C'est une situation potentiellement très dangereuse», a ajouté M. Hammond.

«Il s'agit d'une violation majeure» du droit international, a pour sa part lancé son homologue suédois, Carl Bildt.

Le ministre danois, Martin Lidegaard, s'est également dit «profondément inquiet de l'attitude russe ces derniers mois mais aussi ces dernières heures».

«Les autorités russes doivent avoir conscience que tant dans l'UE qu'aux États-Unis, nous sommes très engagés à répondre à toute agression de la Russie», a-t-il ajouté.

Les ministres sont vendredi à Bruxelles pour une réunion d'urgence afin de manifester le soutien européen aux Irakiens combattant l'État islamique et aussi faire le point sur la crise en Ukraine.




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