Ukraine: les experts internationaux accèdent au site de l'écrasement

Des débris du vol MH17, abattu par un missile... (Photo Maxim Zmeyev, Archives Reuters)

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Des débris du vol MH17, abattu par un missile en zone contrôlée par les séparatistes, le 17 juillet dernier.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Anna MALPAS, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KIEV et ROZSYPNE

Les experts internationaux ont accédé jeudi au site de l'écrasement de l'avion malaisien en Ukraine malgré de fortes explosions à proximité des lieux contrôlés par les séparatistes prorusses, où une mission policière néerlando-australienne s'apprête à être déployée, deux semaines après le drame.

Les inspecteurs ont enfin réussi à rejoindre le site après plusieurs tentatives avortées depuis dimanche à cause des combats, qui rendaient impossible l'enquête sur ce drame à l'origine d'une nouvelle escalade de la crise et de nouvelles sanctions plus sévères contre Moscou.

«Leur mission a été un succès» et «ils sont rentrés à 16 h 02 (9 h 02 àMontréal) dans un endroit sûr», a annoncé la présidence ukrainienne après les entretiens téléphonique entre le chef de l'État ukrainien Petro Porochenko avec les premiers ministres néerlandais Mark Rutte et australien Tony Abbot.

Une décision de maintenir un cessez-le-feu sur l'itinéraire qu'ils ont emprunté jeudi a été prise lors d'une réunion à Minsk du groupe de contact (Ukraine, Russie, OSCE) censé dialoguer avec les séparatistes, a indiqué le vice-premier ministre ukrainien Volodymyr Groïsman.

Peu après l'arrivée sur place de huit représentants de l'OSCE, deux Australiens et deux Néerlandais sur place, plusieurs explosions puissantes ont cependant retenti à proximité du site où il reste toujours des débris de l'appareil et des fragments de corps des victimes du Boeing 777 abattu par un missile le 17 juillet avec 298 personnes à bord, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'armée ukrainienne avait pourtant décrété jeudi une «journée de silence» dans la zone de combats à la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

En vue de sécuriser les lieux, le Parlement ukrainien a entériné jeudi l'envoi de jusqu'à 950 membres des forces armées néerlandaises et australiennes dont le déploiement devrait commencer dès vendredi.

Des enquêteurs russes, qui vont faire partie de l'équipe internationale sous l'égide des Pays-Bas, sont, eux, arrivés à Kiev avant de tenter de se rendre sur le site pour examiner les débris de l'avion. Aucun enquêteur chargé d'établir les causes de la catastrophe ne s'y est rendu en raison des problèmes de sécurité.

Missiles sol-air russes 

Le drame de l'avion de Malaysia Airlines largement attribué aux séparatistes et leurs protecteurs au Kremlin a suscité la colère dans le monde et conduit au renforcement des sanctions contre Moscou, accusé de financer la rébellion.

Kiev continue de dénoncer l'arrivée incessante d'armes en provenance de Russie et a demandé jeudi des explications à Moscou sur de nouvelles manoeuvres militaires impliquant des missiles sol-air S-300 près de la frontière russo-ukrainienne.

La Russie, confrontée dans le contexte ukrainien à la pire crise avec l'Occident depuis la fin de la Guerre froide, est frappée par des sanctions dans les secteurs vitaux de l'économie, comme ses grandes banques publiques ou l'énergie. L'UE a publié jeudi formellement ses sanctions qui visent notamment le plus grand établissement financier du pays, Sberbank, pour l'instant épargné par Washington et dont l'inclusion dans la liste européenne faisait l'objet de toutes les spéculations tant elle participe au financement de l'économie russe.

Les grandes puissances du G7 ont menacé mercredi soir de nouvelles sanctions si la Russie refusait «de choisir la voie de la désescalade» en Ukraine. Le contexte de tension avec Moscou est encore assombri avec l'ouverture en Grande-Bretagne d'une enquête publique sur la mort de l'opposant russe Alexandre Litvinenko.

L'Ukraine «jamais en défaut» 

Sur le plan militaire, le président Porochenko a déclaré que «les forces armées menaient avec succès l'offensive tous azimuts» et avaient repris «60 localités en une semaine». Selon le chef d'état-major, l'Ukraine compte achever en moins d'un mois «la phase active» de son opération militaire contre les séparatistes prorusses lancée à la mi-avril et qui a fait, selon l'ONU, plus de 1100 morts.

L'armée ukrainienne a annoncé avoir perdu onze hommes au cours des dernières 24 heures. Trois civils ont été tués dans des tirs à Lougansk, l'une des capitales régionales des rebelles presqu'entièrement privée d'eau et d'électricité.

Les autorités ukrainiennes ont également désamorcé jeudi la crise qui couvait avec la démission annoncée il y a une semaine du premier ministre Arseni Iatseniouk, rejetée jeudi par le Parlement.

M. Iatseniouk, économiste apprécié en Occident, avait menacé de partir après le refus de députés de soutenir des lois impopulaires destinées à redresser les finances du pays, maintenu à flot par une aide internationale massive, et en profonde récession. Il a depuis tempéré ces propos et accepté de rester si ces lois prévoyant des mesures de rigueur budgétaire étaient votées, ce qui a été fait jeudi.

«Aujourd'hui il y a deux nouvelles importantes pour l'économie mondiale. La première, c'est que l'Argentine a été déclarée en défaut de paiement, la seconde, c'est que l'Ukraine n'est pas en défaut de paiement et ne le sera jamais», s'est félicité M. Iatseniouk.




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