L'UE adopte les premières sanctions économiques contre la Russie

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«Malgré les nombreux appels adressés au président Poutine, (les dirigeants) ont regretté que la Russie n'ait pas fait effectivement pression sur les séparatistes afin de les amener à négocier, ni n'ait pris les mesures concrètes attendues d'elle afin d'assurer le contrôle de la frontière russo-ukrainienne», indique le communiqué de la présidence française.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
Bruxelles

L'Union européenne a adopté mardi pour la première fois une importante série de sanctions économiques contre la Russie pour contraindre le président Vladimir Poutine à cesser tout soutien aux entreprises de déstabilisation de l'Ukraine.

«Un accord politique a été trouvé sur le paquet de sanctions économiques» au cours d'une réunion des ambassadeurs des 28 à Bruxelles, a annoncé la porte-parole du service diplomatique de l'UE.

L'accord bloque l'accès aux marchés financiers de l'UE, interdit les ventes d'armes, de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et de biens à double usage militaire et civil. Il doit être publié au Journal Officiel de l'UE pour entrer en vigueur.

L'UE a également décidé mardi de bloquer les avoirs de quatre hommes d'affaires russes proches du président Poutine accusé de bénéficier de l'annexion de la Crimée ou de soutenir activement la déstabilisation de l'Est de l'Ukraine. Elle va aussi sanctionner trois sociétés dont une banque sur la base des mêmes accusations.

Un «avertissement fort» 

«Les sanctions décidées aujourd'hui par l'Union européenne sont un signal fort adressé aux dirigeants de la Fédération de Russie: la déstabilisation de l'Ukraine ou de tout autre pays voisin, aura des coûts énormes pour l'économie russe», a affirmé le président du Conseil européen Herman Van Rompuy dans une déclaration publiée mardi soir à Bruxelles.

«Il s'agit d'un avertissement fort», a estimé M. Rompuy. «L'annexion de territoires et la déstabilisation délibérée d'un pays voisin ne sont pas tolérables dans l'Europe au XXIe siècle», affirme-t-il.

«Et quand la violence conduit à la mort de près de 300 civils innocents tués dans leur avion parti des Pays-Bas pour la Malaisie, la situation impose une réponse déterminée», explique-t-il.

M. Van Rompuy dénonce la mauvaise volonté des dirigeants russes. «Les engagements pris lors des rencontres en Normandie et ailleurs n'ont pratiquement pas été tenus et nos appels sont restés lettre morte», accuse-t-il. Et «les armes et les combattants continuent d'affluer en Ukraine depuis la Russie», déplore-t-il.

«Nous avons constaté avec colère et frustration les obstacles opposés à l'accès du site de l'écrasement de l'avion et le manque de respect pour les morts», s'insurge-t-il.

«L'Union européenne demeure néanmoins disposée à revenir sur ses décisions et à reprendre contact avec la Russie dès lors qu'elle s'engagera à contribuer activement et sans ambiguïtés à la recherche d'une solution à la crise ukrainienne, conclut le président du Conseil européen.

Liste noire

Les identités des personnes et des entités sanctionnées seront aussi publiées au Journal Officiel de l'UE. La liste noire de l'UE comprend déjà 87 personnes et 20 entités interdites de visas et dont les avoirs dans l'UE sont gelés.

L'objectif de ces sanctions a été confirmé lundi par les dirigeants français François Hollande, américain Barack Obama, allemand Angela Merkel, britannique David Cameron et italien Matteo Renzi: faire pression sur le président russe pour qu'il fasse fermer la frontière russo-ukrainienne afin d'empêcher les fournitures d'armements aux séparatistes en Ukraine et les amener à négocier avec le pouvoir à Kiev.

Les Européens veulent également sanctionner l'annexion de la Crimée en empêchant les investissements dans certains secteurs en Crimée et à Sébastopol, notamment la construction, les transports, les télécommunications et l'énergie, a précisé une source européenne proche des négociations.

C'est la première fois que l'Union européenne s'attaque aux milieux d'affaires proches du pouvoir en Russie et c'est un signal très clair de sa détermination à réagir pour sanctionner les opérations de déstabilisation en Ukraine, a-t-on souligné.

«Les dirigeants européens sont conscients des risques de représailles de la part du pouvoir en Russie, mais ils ont fait les arbitrages après un acte impardonnable et la manière dont il a été géré par le président Poutine», a assuré une autre source proche des négociations.

«Poutine va essayer de diviser les Européens, et son action sera un test pour l'unité de l'UE», a-t-elle conclu.

L'UE a durci sa position depuis l'écrasement le 17 juillet d'un avion malaisien dans l'est de l'Ukraine, attribué à un tir de missile par les séparatistes prorusses. Ce drame, qui a coûté la vie à 298 personnes, a décidé les Européens à frapper l'économie russe, alors qu'ils étaient depuis des mois divisés à ce sujet.

Les États-Unis préparent de nouvelles sanctions

Les États-Unis préparent un nouveau train de sanctions contre la Russie en raison de ses agissements en Ukraine, a indiqué mardi le secrétaire d'État John Kerry, au moment où l'UE adoptait des sanctions économiques supplémentaires contre Moscou.

«Nous sommes, avec l'Europe, dans le processus d'élaboration de nouvelles sanctions» contre la Russie, a déclaré M. Kerry en recevant devant la presse son homologue ukrainien Pavlo Klimkine.

«Nous et nos partenaires européens prendrons des mesures supplémentaires et imposerons des sanctions plus importantes sur des secteurs fondamentaux de l'économie russe, si c'est ce que nous avons à faire», a encore menacé le chef de la diplomatie américaine, sans entrer dans les détails.

Il a toutefois laissé une nouvelle fois la porte ouverte au «président (russe Vladimir) Poutine de choisir de peser sur les séparatistes» prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Il a encore accusé «les Russes et leurs soi-disant volontaires de continuer d'acheminer des armes, de l'argent et des hommes de l'autre côté de la frontière» entre la Russie et l'Ukraine.

«Nous le voyons. Il y a des preuves évidentes à cela», a martelé John Kerry, ajoutant en avoir une nouvelle fois parlé au téléphone mardi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Les sanctions occidentales à l'encontre de la Russie

SANCTIONS FINANCIÈRES ET RESTRICTIONS DE VISAS 

Plusieurs dizaines de personnalités russes et ukrainiennes prorusses sont visées par un gel de leurs avoirs ainsi qu'une interdiction de visas pour voyager dans l'UE.

La liste américaine en compte plus de 50, dont de hauts responsables russes comme le vice-premier ministre Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement) Valentina Matvienko, ou le directeur du géant du pétrole Rosneft, Igor Setchine.

La liste de l'UE comprend 91 personnes, dont les chefs des groupes séparatistes de l'Est de l'Ukraine ainsi que les chefs des services de renseignements russes et depuis mardi quatre oligarques russes - c'est la première fois que l'UE s'attaque aux milieux d'affaires proches du pouvoir en Russie.

Le Canada a placé 43 Russes et 40 Ukrainiens sur sa liste noire. Le Japon a interdit de visas 23 Russes.

SANCTIONS CONTRE DES ENTITÉS 

Les États-Unis sanctionnent de grands groupes russes, comme le géant des hydrocarbures Rosneft, la banque du géant gazier Gazprom, Gazprombank, et la banque publique VEB qui compte le premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants. Le Canada sanctionne 10 entités économiques.

L'UE cible 23 entités dont plusieurs milices et des groupes armés illégaux comme l'Armée du Sud-Est (séparatiste) ainsi que des entreprises installées en Crimée.

SANCTIONS DIPLOMATIQUES 

Pour protester contre le rattachement de la Crimée à la Russie, les dirigeants occidentaux ont suspendu en mars la participation de la Russie au G8 et annulé le sommet du G8 prévu en juin à Sotchi (Russie).

L'UE a également suspendu les discussions sur une libéralisation de la politique des visas.

Le Japon a suspendu des négociations pour alléger le régime des visas, et repoussé un projet de pourparlers sur un nouvel accord économique d'investissement.

SANCTIONS D'ORDRE ÉCONOMIQUE 

Les États-Unis ont décidé de revoir les conditions d'autorisation à l'exportation en Russie de certains équipements de haute technologie qui pourraient avoir un usage militaire.

L'UE a décidé mardi le blocage de l'accès à ses marchés financiers et l'interdiction de la vente de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et de biens à usage civil susceptibles d'avoir un usage militaire.

Elle avait annoncé le 16 juillet le gel de nouveaux programmes en Russie menés par la Banque d'européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

SANCTIONS MILITAIRES 

Washington a décidé le 3 mars de suspendre sa coopération militaire avec la Russie.

Le 1er avril, les 28 pays de l'Otan ont suspendu «la coopération civile et militaire avec la Russie», mais certains programmes, concernant l'Afghanistan ou la lutte contre le trafic de drogue, ne sont pas concernés.

L'UE a décidé mardi d'interdire les ventes d'armes à la Russie.




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