Les rebelles prorusses abattent un hélicoptère, la trêve menacée

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Un combattant prorusse.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Nicolas Miletitch, Béatrice Le Bohec, Luc Perrot
Agence France-Presse
Slaviansk, Kiev et Moscou

Des rebelles prorusses ont tué mardi neuf soldats lors de la destruction en vol d'un hélicoptère dans l'est de l'Ukraine, rompant une trêve annoncée la veille par un chef insurgé pour une désescalade dans laquelle s'est impliquée Moscou.

Cette attaque est un coup porté aux espoirs du président ukrainien Petro Porochenko, soutenu par ses alliés occidentaux, de mettre fin à une insurrection séparatiste qui menace l'unité de cette ancienne république soviétique et dont les combats ont fait depuis avril près de 400 morts.

Appelé par les Occidentaux à peser de tout son poids sur les séparatistes pour faire cesser les combats, Vladimir Poutine a fait un pas vers l'apaisement mardi en levant la menace d'une intervention de l'armée russe en Ukraine. Il a par ailleurs appelé à prolonger le cessez-le-feu provisoire au-delà de vendredi.

Mais la destruction en vol d'un hélicoptère militaire par des rebelles près de Slaviansk, l'un des bastions rebelles, souligne que la désescalade est encore loin, en dépit d'un intense ballet diplomatique. Selon le porte-parole de l'armée, deux autres soldats ukrainiens ont été tués dans de distinctes attaques rebelles mardi.

Aucun survivant

«Il y avait neuf personnes à bord de l'hélicoptère, un Mi-8. Selon de premières informations, ils sont tous morts», a déclaré un porte-parole de l'armée ukrainienne, Vladislav Selezniov.

Il a précisé que l'hélicoptère a été abattu par une roquette tirée par un système d'arme sol-air portable -- un type d'armement lourd que Kiev accuse Moscou de fournir en sous-main à la rébellion. La Russie nie faire parvenir des armes aux insurgés.

Selon un journaliste de l'AFP à Slaviansk, on pouvait entendre depuis 17h30 locales (10h30 heure de l'Est) des tirs d'artillerie et des coups de canon échangés entre l'armée ukrainienne et les rebelles. Les tirs, dont la fréquence redoublait en fin d'après-midi, tombaient sur un quartier de Slaviansk déjà largement détruit lors de précédents combats.

Des séparatistes prorusses avaient tué 12 soldats lors de la destruction en vol d'un hélicoptère de même type dans la même ville le 29 mai dernier.

Dans la matinée, M. Poutine avait demandé au Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, de lever l'autorisation d'intervenir militairement en Ukraine, qu'il avait sollicitée en mars, un geste fort salué par Kiev.

Le président ukrainien soutenu par les Occidentaux, Petro Porochenko, qui s'est entretenu mardi à Kiev avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, y a vu un «premier pas concret» vers un règlement de la situation dans l'est du pays.

«L'Ukraine doit récupérer sa capacité à contrôler ses frontières» a pour sa part affirmé M. Steinmeier, ajoutant que le succès du plan de paix dépendait du «respect du cessez-le-feu à la fois par les forces de sécurité ukrainiennes et par les rebelles».

L'autorisation de recours à l'armée, motivée officiellement par la nécessité de défendre les citoyens russes en Ukraine, avait contribué en mars à l'escalade de la tension, alors que la Russie avait massé des dizaines de milliers d'hommes pour des manoeuvres près de sa frontière avec ce pays, et s'était rattaché la Crimée, une péninsule du sud de l'Ukraine.

La volte-face d'un chef rebelle

Lundi, Olexandr Borodaï, le chef de la république autoproclamée séparatiste de Donetsk, l'un des bastions des insurgés prorusses, avait fait volte-face en annonçant son accord pour un cessez-le-feu jusqu'à vendredi matin et pour l'ouverture de négociations de paix avec les autorités pro-européennes de Kiev.

Le président Porochenko avait ordonné vendredi à ses troupes un cessez-le-feu d'une semaine jusqu'au 27 juin pour permettre aux rebelles de désarmer. Mais les insurgés, qui ont revendiqué leur indépendance dans deux régions russophones industrielles de sept millions d'habitants, avaient rejeté ces conditions en estimant qu'il ne s'agissait que d'un «stratagème».

Leur annonce-surprise avait renvoyé la balle dans le camp de Petro Porochenko, qui avait jusqu'à présent indiqué qu'il ne discuterait pas avec ceux qui ont «du sang sur les mains».

Le président ukrainien n'a jamais nommé directement ceux qu'il ne voulait pas voir à la table des négociations, mais ces commentaires ont été interprétés par Moscou comme une référence aux principaux chefs rebelles prorusses.

Aucun autre chef rebelle n'a cependant fait part de son ralliement à Olexsandr Borodaï et l'armée ukrainienne a rapporté de nouveaux incidents dans la nuit. Le porte-parole des opérations militaires ukrainiennes, Vladislav Selezniov, a indiqué que des hommes armés continuaient d'attaquer des soldats, notamment dans les fiefs rebelles de Donetsk et Slaviansk, sans faire de victimes.

Le président Porochenko, élu le 25 mai avec le soutien des Occidentaux, a fait valoir ses conditions inscrites dans le plan de paix et appelé la Russie à des avancées concrètes lors d'un entretien téléphonique avec le vice-président américain Joe Biden, pour la deuxième fois en 48 heures.

Selon un communiqué de la présidence mardi, Petro Porochenko a souligné que le cessez-le-feu devait «s'accompagner de la libération des otages et d'une fermeture de la frontière pour empêcher l'entrée en Ukraine de mercenaires et armes venus de Russie».

Cessez-le-feu menacé

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré mardi qu'il pourrait mettre fin au cessez-le-feu qu'il avait unilatéralement déclaré, après la mort de neuf soldats ukrainiens tués dans l'écrasement de leur hélicoptère abattu par des rebelles prorusses.

«Le chef de l'État n'exclut pas de mettre fin au cessez-le-feu avant son expiration prévue parce qu'il est constamment violé par des rebelles qui sont contrôlés par l'étranger», selon un communiqué des services du président pro-occidental, qui pointe clairement du doigt la Russie.

La destruction de l'appareil démontre que la désescalade reste pour l'heure un voeu pieux malgré un intense ballet diplomatique.

Selon le porte-parole de l'armée ukrainienne, l'hélicoptère --un Mi-8-- a été abattu en plein vol près de Slaviansk, l'un des bastions des rebelles, qui a connu depuis avril les combats parmi les plus durs dans l'est de l'Ukraine.

L'hélicoptère aurait été abattu par un missile sol-air portable, une arme fournie aux rebelles par Moscou en sous-main selon les ukrainiens. La Russie nie faire parvenir des armes aux insurgés.

Selon le président Porochenko, ses forces ont été attaquées à 35 reprises depuis qu'il a ordonné un cessez-le-feu vendredi soir.

Il a donné l'ordre de riposter «sans hésiter» aux attaques des rebelles, précise le communiqué de ses services.

M. Porochenko a encore dit qu'il espérait aborder le sujet mercredi au cours d'une conférence téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande.




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