La situation s'aggrave dans l'est de l'Ukraine et à Odessa

Environ 2000 pro-Russes ont lancé dimanche un assaut... (Photo: AP)

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Environ 2000 pro-Russes ont lancé dimanche un assaut contre le siège de la police d'Odessa.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Michel MOUTOT
Agence France-Presse
ODESSA

La situation se compliquait un peu plus lundi en Ukraine au lendemain de troubles dans l'est du pays et à Odessa, où des pro-russes ont pris d'assaut le siège de la police tandis que des milliers de nationalistes ukrainiens se sont rassemblés dans les rues de la ville.

Les partisans d'une Ukraine unie, certains casqués et armés de gourdins, se sont rendus dimanche soir en cortège devant le siège régional de la police, où son directeur est venu à leur rencontre, a constaté l'AFP.

Après s'être rassemblés en fin d'après-midi au sommet des «escaliers Potemkine», rendus célèbres par le film d'Eisenstein, les manifestants, au nombre desquels figuraient une cinquantaine de membres du groupe paramilitaire nationaliste Pravy Sektor, ont parcouru d'un pas rapide les quelques centaines de mètres qui les séparaient des bureaux du général Ivan Katerintchouk.

Ils scandaient des slogans comme «Odessa en Ukraine!», «Gloire à l'Ukraine» et chantaient l'hymne national.

Les manifestants se sont ensuite rendus dans le calme devant la Maison des syndicats, qui a brûlé vendredi à la suite d'un incendie criminel qui a fait près de 40 morts pro-russes. Ils y ont replacé en haut d'une hampe monumentale le drapeau ukrainien qui avait été descendu et brûlé samedi par des partisans d'un rapprochement avec la Russie.

Vladimir Poutine et le président de l'OSCE Didier Burkhalter devaient de leur côté discuter de tables rondes sur l'Ukraine sous l'égide de l'OSCE, mercredi à Moscou, a annoncé dimanche soir la chancelière Angela Merkel après une conversation téléphonique avec le président russe.

Le Kremlin a précisé que M. Poutine avait profité de son entretien avec Mme Merkel pour «souligner le besoin d'établir un dialogue direct entre les autorités actuelles de Kiev et les représentants des régions du sud-est du pays» en proie à une insurrection pro-russe.

Sur le terrain, dans la journée, environ 2000 personnes avaient lancé un assaut contre le siège de la police d'Odessa, ville portuaire du sud, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les assaillants ont réclamé et obtenu la libération de 67 de leurs camarades. Environ 120 personnes avaient été arrêtées vendredi après de violents heurts entre pro-russes et partisans de l'Ukraine unie. Ces violences avaient entraîné un incendie criminel dans lequel ont péri une quarantaine de personnes, principalement des pro-russes.

«Ce qui s'est passé à Odessa fait partie du plan de la Fédération de Russie pour détruire l'Ukraine et son État», a accusé dimanche le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, arrivé dans la matinée à Odessa.

Il a également annoncé le limogeage et le remplacement de tous les hauts responsables de la police de la ville.

Selon des témoignages à Odessa recueillis par l'AFP, l'incendie est le fruit d'une vengeance de milliers de supporteurs de football et de manifestants pro-Ukraine, furieux d'avoir été violemment attaqués (quatre tués par balles) plus tôt dans la journée par des militants pro-russes.

Une foule en colère avait envahi et détruit un camp de tentes pro-russes en ville, avant d'assiéger la Maison des Syndicats, où s'étaient réfugiés les militants. Le bâtiment a été incendié à coups de cocktails molotov, prenant au piège des dizaines de personnes.

L'Est sous haute tention

La nuit de samedi à dimanche s'est déroulée sous haute tension dans l'Est avec de nombreux incidents et violences signalés dans le bassin minier oriental du Donbass, frontalier de la Russie, qui regroupe les régions de Lougansk et Donetsk.

Des incidents ont été signalés samedi soir à Lougansk, Donetsk, Marioupol. Les ruines fumantes de checkpoints rebelles détruits lors de combats nocturnes étaient visibles près de Kostiantynivka.

A Kramatorsk, toujours sous contrôle des rebelles après l'attaque par l'armée d'un check point à proximité, «les gens ont très peur», a déclaré un militant pro-russe, Artiom Gaspogrian.

Dans Slaviansk, trois fortes détonations ont été entendues au loin par les journalistes de l'AFP présents dans le centre-ville.

«Des combats sont en cours», a déclaré Stella Khorocheva, la porte-parole des rebelles, sans pouvoir pour le moment préciser où.

L'armée ukrainienne a coupé dimanche le principal axe routier vers Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes dans l'est.

Les soldats ont installé un barrage à 2 km de Slaviansk coupant ainsi la voie rapide vers Donetsk, capitale régionale. Sept blindés y étaient visibles dimanche après-midi.

«La ville est totalement encerclée», a confirmé à l'AFP la porte-parole des séparatistes.

A Kharkiv, environ 500 militants pro-russes ont ignoré une interdiction de manifester et se sont rassemblés devant un monument de Lénine en clamant qu'ils «n'oublieraient pas» et «ne pardonneraient pas» les événements d'Odessa. «Slaviansk ville héroïque», clamaient-ils aussi.

«Le sang coule en Ukraine» 

Signe d'un nouvel effort de la communauté internationale pour parvenir à un règlement pacifique de la crise, le président de l'OSCE, Didier Burkhalter, se rendra le 7 mai à Moscou.

De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a plaidé dimanche en faveur d'une deuxième conférence de Genève afin de tenter de sortir de la crise en Ukraine.

La Russie avait auparavant dénoncé dimanche un «blocus» sur les informations diffusées en Occident sur les «événements tragiques» en Ukraine.

En Crimée, territoire ukrainien rattaché en mars à la Russie, des dizaines d'avions russes, dont ce qui semblaient être des bombardiers et des avions de combats, ont été aperçus dans le ciel, ce qui pourrait être le signe que Moscou est en train de déplacer d'importantes forces militaires aériennes dans la péninsule, selon des experts.

D'après les médias russes, M. Poutine doit se rendre vendredi en Crimée après avoir assisté à la parade militaire du 9 mai de Moscou qui commémore la victoire sur l'Allemagne nazie.




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