L'Ukraine s'enfonce dans la violence, les observateurs OSCE libérés

À Slaviansk, les forces ukrainiennes consolidaient samedi leurs... (Photo Baz Ratner, REUTERS)

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À Slaviansk, les forces ukrainiennes consolidaient samedi leurs positions aux abords de ce bastion de la rébellion armée.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Max DELANY, Bertrand DE SAISSET
Agence France-Presse
SLAVIANSK

Les affrontements se multipliaient samedi entre rebelles pro-russes et soldats ukrainiens, douchant les espoirs de désescalade qu'a pu susciter la libération d'observateurs de l'OSCE retenus par des séparatistes.

«Nous sommes heureux, c'est un profond soulagement», a déclaré peu après sa libération le colonel allemand Axel Schneider, l'un des sept inspecteurs occidentaux de l'Organisation de sécurité et de coopération européenne, arrivés samedi soir à Berlin dans un avion allemand, qui avait auparavant déposé à Kiev leurs quatre accompagnateurs ukrainiens.

Les observateurs sont restés huit jours prisonniers des rebelles séparatistes pro-russes de Slaviansk, dans l'Est de l'Ukraine, qui les ont présentés tour à tour comme des «prisonniers de guerre» et des «invités» tout en rejetant le terme d'«otages».

«On ne nous a pas maltraités, tout s'est bien passé», a déclaré à Kiev le colonel d'état-major ukrainien Igor Tourovski.

«Nous avons passé les deux premiers jours dans une cave, sans cesse surveillés et accompagnés même aux toilettes», a néanmoins confié depuis Donetsk à la télévision de son pays le lieutenant-colonel tchèque Josef Prerovsky.

Les «huit premières heures ont été les pires», a-t-il dit, expliquant qu'ils avaient alors les mains ligotées et les yeux bandés.

«Ensuite, ils ont dénoué nos mains et nous ont permis de bouger, dans cette cave».

La libération des observateurs a été saluée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et par le secrétaire d'État américain John Kerry. Ce dernier a cependant appelé à «d'autres avancées pour pouvoir faire baisser la tension» dans le pays.

«Il est important que la Russie retire son soutien aux séparatistes et qu'elle contribue à faire sortir ces gens» des bâtiments qu'ils occupent dans l'est de l'Ukraine, a ajouté M. Kerry.

«Guerre à son propre peuple»

Mais le chef de la diplomatie russe lui a aussitôt renvoyé la balle: «Le régime de Kiev a déclaré la guerre à son propre peuple», a martelé M. Lavrov. Les États-Unis doivent «utiliser toute leur influence pour l'obliger à cesser immédiatement ses opérations militaires», selon lui.

Sur le terrain, les affrontements se sont multipliés.

Des insurgés armés pro-russes ont donné l'assaut contre une unité militaire et un point de recrutement à Lougansk (est) blessant deux soldats ukrainiens, a indiqué samedi soir la branche locale du ministère de l'Intérieur.

Peu auparavant, le gouverneur séparatiste autoproclamé de cette ville, Valeri Bolotov, avait décrété un couvre-feu et la «mobilisation totale de tous les hommes».

Non loin, Slaviansk et la ville voisine de Kramatorsk font depuis vendredi matin l'objet d'une «opération antiterroriste» de la part de l'armée ukrainienne, qui resserre peu à peu son étau sur les deux villes.

L'attaque de Slaviansk et Kramatorsk s'est déjà soldée par la mort de cinq soldats ukrainiens, selon le chef des opérations antiterroristes Vassil Kroutov. Côté rebelle, un bilan faisait état vendredi de cinq morts, trois rebelles et deux civils.

Samedi, des journalistes de l'AFP ont assisté à l'attaque d'un check-point rebelle par une colonne de blindés près de la ville. Un homme a été tué au cours de l'échange de tirs.

À Kramatorsk, à 17 km de Slaviansk, le siège des services de sécurité (SBU) a été repris par les forces régulières, a indiqué le gouvernement. L'armée avait déjà repris tôt samedi le contrôle de la tour de télévision auparavant sous le contrôle des rebelles.




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