Les Occidentaux menacent Moscou de nouvelles sanctions

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Le président américain Barack Obama, à Séoul, le 25 avril.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Bertrand DE SAISSET, Germain MOYON
Agence France-Presse
KIEV et SLAVIANSK

Les Occidentaux ont menacé vendredi d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée par Kiev de vouloir lancer «une troisième guerre mondiale» en soutenant les séparatistes de l'est de l'Ukraine, où les tensions s'exacerbent.

«Il n'y a pas beaucoup de temps pour mettre fin à cette folie», a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, lors d'une conférence de presse à Tunis avec son homologue français Laurent Fabius.

Les dirigeants américain Barack Obama, français François Hollande, britannique David Cameron, italien Matteo Renzi et la chancellière allemande Angela Merkel, ont «évoqué» lors d'une conférence téléphonique la possibilité de nouvelles sanctions contre Moscou. Ils ont sommé la Russie de s'abstenir de «déclarations provocatrices ou de manoeuvres d'intimidation», selon la présidence française.

Plus rien ne semble arrêter la confrontation entre Moscou et les Occidentaux tandis que la tension se fait chaque jour plus vive dans l'Est entre Kiev et les séparatistes.

Visé par un lance-roquette, un hélicoptère de l'armée a explosé alors qu'il stationnait à l'aéroport de Kramatorsk et son pilote a été blessé, ont indiqué les autorités ukrainiennes.

À quelques kilomètres de là, le bastion pro-russe de Slaviansk vit en quasi état de siège après l'assaut, bref et meurtrier, lancé par les blindés ukrainiens. Un journaliste de l'AFP a vu des militaires lourdement armés monter un poste de contrôle à 30 kilomètres de la ville tandis que des témoins ont observé des mouvements de blindés à l'ouest.

La présidence ukrainienne a expliqué vouloir «bloquer Slaviansk» afin d'empêcher les pro-russes d'envoyer des renforts. Pas question en revanche de lancer un nouvel assaut qui risque de faire des victimes civiles.

«Nous ne rendrons pas la ville», a répliqué le leader des insurgés de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev. «Nous sommes prêts à la défendre».

Réunion rapide de l'UE

Mme Merkel a appelé le président russe Vladimir Poutine pour lui faire part de «sa grande inquiétude». Elle avait ensuite annoncé une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE «aussi rapidement que possible» pour étudier de nouvelles sanctions.

La Russie n'est visée pour l'instant que par des sanctions américaines et européennes visant de hauts responsables, mais la crainte de mesures de rétorsion contre son économie, déjà affaiblie, a entraîné de massives fuites de capitaux.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répliqué en accusant les Occidentaux de «vouloir s'emparer de l'Ukraine» pour servir «leurs ambitions géopolitiques et non les intérêts du peuple ukrainien».

À Kiev, les autorités de transition pro-occidentales ont lancé un appel à l'aide à la communauté internationale face aux agissements de Moscou, accusée de soutenir activement les rebelles voire d'avoir envoyé des agents alors que des hommes lourdement armés, très professionnels, en cagoule et treillis sans insigne patrouillent à Slaviansk.

«La Russie veut lancer une troisième guerre mondiale», a accusé le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. «Le soutien de la Russie aux terroristes en Ukraine constitue un crime international, et nous appelons la communauté internationale à s'unir contre l'agression russe».

Les incidents se multiplient dans le Sud-Est russophone. À Lougansk, où les séparatistes occupent les services de sécurité, des inconnus ont lancé des petits engins explosifs dans les locaux du parquet pendant la nuit, selon la police.

Le ministre de l'Intérieur a également fait état de l'explosion d'une grenade lancée contre une barricade de partisans de Kiev à Odessa, qui a fait sept blessés dont un agent de la police de la route.

S&P sanctionne la Russie- Moscou, qui a brandi cette semaine la menace d'une intervention militaire pour défendre ses intérêts et ceux de la population d'origine russe, a lancé des manoeuvres impliquant notamment son aviation le long de la frontière ukrainienne.

Vladimir Poutine a prévenu jeudi que les opérations lancées par Kiev contre les séparatistes auraient «des conséquences».

Les autorités ukrainiennes pro-occidentales estiment de leur côté que la Russie prépare une invasion ou veut du moins déstabiliser la situation politique avant la présidentielle anticipée du 25 mai.

À un mois du scrutin, sa tenue semble très périlleuse dans les conditions actuelles et les séparatistes comptent de leur côté organiser un référendum le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev, voire rejoindre la Russie.

La perte de la Crimée, rattachée en mars à la Russie en quelques semaines, est dans tous les esprits.

L'ex-premier ministre Ioulia Timochenko, candidate à la présidentielle, a averti M. Poutine qu'une intervention marquerait «la fin de son régime».

Washington a de son côté déployé 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes.

Les menaces de sanctions, qui font fuir les investisseurs, ont déjà des conséquences pour la Russie: Standard & Poor's a abaissé vendredi sa note de solvabilité, qui passe à «BBB-». L'agence américaine de notation a indiqué qu'elle pourrait aller plus loin si des «sanctions plus sévères» s'appliquaient, ce qui risque de compliquer l'accès de la Russie, déjà au bord de la récession, aux marchés financiers.

Confrontée à une chute du rouble et une accélération de l'inflation, la banque centrale russe a augmenté à 7,5 % son taux directeur, un resserrement du robinet du crédit qui risque de peser sur l'activité économique.




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