Des activistes déclarent l'indépendance de Donetsk

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Des manifestants pro-russes, plusieurs masqués, ont pris le contrôle du bâtiment principal de l'administration locale de Donetsk, le 7 avril.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ioulia SOURKOVA, Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
DONETSK, Ukraine

L'Ukraine était confrontée lundi à une menace de sécession de zones russophones frontalières de la Russie où des militants ont proclamé une «république souveraine» à Donetsk, un plan russe pour «démembrer» le pays, selon le gouvernement pro-européen de Kiev.

Face au danger pour le fragile gouvernement intérimaire en place à Kiev depuis le renversement d'un régime pro-russe fin février, Washington a enjoint le président russe Vladimir Poutine de cesser de «déstabiliser» l'Ukraine. Et, tout comme les Européens ces derniers jours, a menacé Moscou de «nouvelles sanctions contre l'économie russe» en cas de dérapage, selon le porte-parole de la Maison Blanche.

Mais les ministres américain et russe des Affaires étrangères, John Kerry et Sergueï Lavrov, ont également discuté lundi de la possibilité de «pourparlers directs» d'ici à dix jours entre les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Ukraine pour tenter de régler la crise, selon le département d'État américain.

La tension s'est en effet brusquement aggravée depuis dimanche, quand des manifestants pro-russes se sont emparés de bâtiments officiels dans plusieurs villes de l'Est ukrainien, descendant les drapeaux ukrainiens bleu et jaune pour hisser à leur place le blanc-bleu-rouge russe.

Ayant reçu l'ordre d'éviter tout incident sanglant, la police les avait laissé passer après quelques échauffourées.

Le président russe, Vladimir Poutine, s'était en effet engagé par avance à défendre «par tous les moyens» les populations russophones des républiques de l'ex-URSS en cas de violences. Et l'envoi de jusqu'à 40 000 soldats aux frontières de l'Ukraine a fait craindre une invasion.

Si les manifestants ont évacué tôt lundi le bâtiment de l'administration à Kharkiv, où la situation est néanmoins restée très tendue toute la journée, à Donetsk, ville d'un million d'habitants située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière russe, les événements se sont accélérés.



Tirs en l'air

Après celui de l'administration, des manifestants se sont emparés du bâtiment des services de sécurité (SBU), et lundi certains militants étaient armés. Un groupe d'inconnus a tiré en l'air près de la télévision locale.

En fin de matinée, barricadés dans les locaux de l'administration, les séparatistes ont proclamé sous les vivats une «république populaire de Donetsk», comme le montre une vidéo postée sur internet.

Selon l'agence de presse Interfax, ils ont décidé d'organiser un référendum sur une souveraineté régionale avant le 11 mai, le site d'information régional Ostrov affirmant de son côté qu'ils demandaient à rejoindre la Fédération de Russie.

La chaîne de télévision ukrainienne Kanal 5 a montré un orateur réclamant l'envoi de «forces d'interposition» russes, faisant craindre un scénario similaire à celui s'étant déroulé la Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie après un référendum non reconnu par l'Ukraine et les Occidentaux, qui parlent d'«annexion».

Avant même cette annonce, le gouvernement ukrainien pro-européen avait dénoncé un plan du grand voisin russe «pour déstabiliser, pour qu'une armée étrangère passe la frontière et envahisse le territoire ukrainien».

«Ce scénario est écrit par la Fédération de Russie et son seul but est de démembrer l'Ukraine,», a lancé le premier ministre, Arseni Iatseniouk, au cours d'une réunion d'urgence du gouvernement.

Le président par intérim Olexandre Tourtchinov a accusé les séparatistes de travailler «avec les services secrets russes» pour «rejouer le scénario de la Crimée».

La Russie a rétorqué par la voix du ministère des Affaires étrangères en demandant qu'on cesse de «l'accuser de tous les problèmes de l'Ukraine».

Et de réaffirmer sa position selon laquelle seule une «fédéralisation» pourrait assurer «les intérêts de toutes les régions du pays», tandis que l'on oppose souvent l'Est russophone, très imbriqué notamment économiquement à la Russie, au Centre et à l'Ouest, réputés être nationalistes.

Torpiller le scrutin

Une option une nouvelle fois rejetée lundi par Kiev, qui y voit la porte ouverte aux velléités de partition.

Une élection présidentielle anticipée est prévue le 25 mai et les favoris en sont des pro-européens soucieux d'arrimer à l'Ouest ce pays de 46 millions d'habitants, frontalier de plusieurs États membres de l'Union européenne. Kiev soupçonne Moscou de vouloir torpiller ce scrutin par des troubles ou demandes de référendums, sur la fédéralisation, l'autonomie ou le rattachement à la Russie.

L'Ukraine se débat en même temps dans une profonde crise économique, dépendant pour sa survie d'un accord de principe conclu fin mars avec le Fonds monétaire international. Et les perspectives se sont encore assombries avec l'augmentation-sanction de 80% du prix du gaz russe livré annoncée la semaine dernière. Kiev a dénoncé cette «pression politique», faisant craindre une nouvelle guerre du gaz qui pourrait menacer les approvisionnements de toute l'Europe. Une délégation ukrainienne doit discuter mardi de ces questions à Bruxelles.

«Forces d'interposition»

Un de leurs représentants est sorti annoncer la décision aux journalistes, pas autorisés à entrer.

Selon l'agence Interfax, les protestataires ont décidé d'organiser un référendum sur une souveraineté régionale avant le 11 mai, alors que le site d'information régional Ostrov affirmait qu'ils ont décidé de demander à rejoindre la Fédération de Russie.

Des images à la télévision ukrainienne Kanal 5 montraient un orateur demandant l'envoi de «forces d'interposition» russes, faisant craindre un scénario similaire à la Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie après un référendum non reconnu par l'Ukraine et les Occidentaux, qui parlent d'«annexion».

Avant même cette annonce, le gouvernement ukrainien pro-européen issu du soulèvement qui a renversé le 22 février le régime pro-russe du président Viktor Ianoukovitch avait dénoncé un plan du grand voisin russe pour «démembrer» le pays.

Ces troubles relèvent d'un «plan pour déstabiliser, pour qu'une armée étrangère passe la frontière et envahisse le territoire ukrainien, ce que nous ne permettrons pas», a lancé le premier ministre, Arseni Iatseniouk, lors d'une réunion d'urgence du gouvernement.

«Ce scénario est écrit par la Fédération de Russie et son seul but est de démembrer l'Ukraine,» a-t-il poursuivi.

Le président par intérim Olexandre Tourtchinov a accusé les séparatistes de «se coordonner avec les services secrets russes» pour «rejouer le scénario de la Crimée».

Il n'y a eu aucune réaction dans l'immédiat des autorités russes, alors que depuis la chute de M. Ianoukovitch la tension entre les deux voisins ex-soviétiques n'a cessé de s'accentuer.

À Kharkiv, une journaliste de l'AFP a constaté que le travail avait bien repris dans les bureaux de l'administration, sous la protection de nombreux policiers anti-émeutes. Deux avions de chasse non-identifiés ont survolé dans l'après-midi la place devant le bâtiment, où plusieurs dizaines de manifestants pro-russes et pro-européens se faisaient face.

La police a indiqué avoir interpellé plusieurs personnes suspectées d'avoir pris part aux désordres à Kharkiv.

Gaz et produits laitiers

Une élection présidentielle anticipée est prévue le 25 mai et les candidats pro-européens font figure de favoris. Kiev soupçonne Moscou de vouloir torpiller ce scrutin, par des troubles ou demandes de référendums de ses partisans sur un rattachement à la Russie ou la «fédéralisation» de l'Ukraine, solution officiellement prônée par Moscou et encore rejetée lundi par M. Iatseniouk.

L'Ukraine se débat en même temps dans une profonde crise économique. Et les perspectives se sont encore assombries avec l'augmentation-sanction de 80 % du prix des livraisons de gaz russe annoncée la semaine dernière. Kiev a rejeté cette «pression politique», faisant craindre une nouvelle guerre du gaz qui pourrait menacer les approvisionnements de toute l'Europe. Une délégation ukrainienne doit discuter mardi de ces questions à Bruxelles» officiellement pour des raisons sanitaires, la Russie a aussi annoncé lundi suspendre l'importation d'une partie de la production de produits laitiers d'Ukraine, puissance agricole.

Les Occidentaux menacent Moscou de nouvelles sanctions en cas d'atteinte répétée à l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Le gouvernement allemand a dit lundi suivre avec «beaucoup d'inquiétude» les événements, et le président tchèque, Milos Zeman, a estimé dimanche que si des troupes russes pénétraient en Ukraine l'OTAN devrait intervenir militairement.




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