Pas d'accord entre Moscou et Washington sur l'Ukraine

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Une femme participe à une manifestation pro-Russe dans la ville d'Odessa, en Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Jo BIDDLE avec Germain MOYON
Agence France-Presse
Paris

Les chefs de la diplomatie américaine John Kerry et russe Sergueï Lavrov ont campé sur leurs «positions divergentes» concernant l'Ukraine après plus de quatre heures de négociations «intenses» à Paris, mais ont affirmé leur volonté de parvenir à un règlement diplomatique de la crise.

Les deux responsables, qui se connaissent et s'apprécient malgré le fossé qui les sépare, se sont retrouvés en début de soirée à la résidence de l'ambassadeur russe, un magnifique hôtel particulier situé dans un quartier huppé de Paris. Ils ont discuté plusieurs heures avant de poursuivre par un dîner d'où des rires pouvaient être entendus.

«Nous avons exprimé des positions divergentes sur les raisons de la crise ukrainienne», a néanmoins déclaré M. Lavrov après les pourparlers.

«Nous sommes d'accord sur la nécessité de trouver des points d'accord pour arriver à un règlement diplomatique de cette crise», a-t-il ajouté à l'issue d'une rencontre qu'il a qualifiée de «très constructive».

Le ministre russe a une nouvelle fois insisté sur une solution «fédérale» en Ukraine, une hypothèse envisagée pour apaiser la crise née du rattachement de la Crimée à la Russie mi-mars, mais que rejette Kiev. «Nous sommes convaincus que le fédéralisme est une composante très importante des réformes» constitutionnelles que doit faire l'Ukraine, a martelé M. Lavrov.

Une structure fédérale «protégerait les droits de ceux qui vivent en Ukraine, et principalement de la population russe» dans les régions russophones de l'est, avait-il déjà expliqué lors d'une interview diffusée dimanche à la télévision russe.

«Pas de décisions sur l'Ukraine sans l'Ukraine», a cependant rétorqué M. Kerry lors d'une conférence de presse séparée.

«Nous n'accepterons pas un processus dans lequel le gouvernement légitime d'Ukraine n'est pas à la table (des négociations)», a -t-il déclaré, réitérant l'appel de Washington au retrait des forces russes massées aux frontières de l'Ukraine.

Les États-Unis vont «étudier les idées et les suggestions développées ce soir et nous continueront nos discussions bientôt», a ajouté M. Kerry.

Russes et Américains ont chacun présenté «leur plan pour parvenir à une désescalade de la situation», avait indiqué de son côté M. Lavrov, répétant que les priorités de Moscou étaient d'«assurer le respect des droits des minorités» et «le démantèlement des forces irrégulières et des provocateurs», en référence aux groupes paramilitaires nationalistes ukrainiens, notamment ceux présents sur le Maïdan de Kiev, théâtre de plusieurs mois de contestation du président déchu Viktor Ianoukovitch.

Ces négociations d'urgence sur la crise ukrainienne ont été organisées en quelques heures après un entretien téléphonique vendredi soir entre Barack Obama et Vladimir Poutine, le premier contact entre les deux chefs d'État depuis l'annonce par Washington de sanctions économiques visant l'entourage proche du président russe.

Les deux présidents étaient convenus de la nécessité de pourparlers rapides pour mettre fin à l'escalade et au bras de fer entre Russes et Occidentaux depuis le rattachement mi-mars de la Crimée à la Russie.

Campagne électorale à Kiev

Le fossé à combler entre Washington et Moscou reste important. Quant à la solution fédérale envisagée, elle est sèchement rejetée par Kiev. «Nous voudrions recommander à la Russie de cesser de dicter ses ultimatums à un pays souverain et indépendant et de reporter son attention sur la situation catastrophique et l'absence totale de droit de ses propres minorités, y compris ukrainiennes», a indiqué dimanche le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie ne montre aucune intention de revenir sur son absorption à marche forcée de la Crimée. Un mois après l'arrivée des premières forces russes sur la péninsule de la mer Noire, deux semaines après le référendum jugé illégal par les Occidentaux, le territoire est considéré par Moscou comme faisant partie de la Fédération de Russie.

La perte de la Crimée, sans combat, constitue une humiliation pour le gouvernement de transition à Kiev. Le sujet enflamme la campagne électorale pour la présidentielle du 25 mai, qui s'est accélérée avec l'investiture ce week-end des candidats des principaux partis.

Les pro-européens partent grands favoris et notamment le milliardaire et ancien ministre Petro Porochenko. Ce magnat du chocolat et des médias de 48 ans a reçu le soutien samedi de l'ex-boxeur Vitali Klitschko, qui renonce à la présidentielle et va briguer la mairie de Kiev.

M. Porochenko, réputé comme un personnage de compromis, devra résister à un challenger redoutable: la controversée Ioulia Timochenko. A 53 ans, l'ex-Premier ministre, qui vient de passer deux ans en prison, se montre déterminée à effacer sa défaite de 2010 face à Viktor Ianoukovitch et mène campagne en ciblant Vladimir Poutine et promettant de reprendre la Crimée.

Après la prise de contrôle des bases militaires ou encore le passage au rouble, la péninsule a franchi une étape supplémentaire, très symbolique, dans la nuit de samedi à dimanche, quand les horloges de la gare de Simféropol, sa capitale, ont été avancées de deux heures pour afficher la nouvelle heure officielle en Crimée: celle de Moscou.




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