Poutine a appelé Obama pour parler d'une sortie de crise

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Barack Obama est actuellement à Riyad, en Arabie saoudite.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Germain MOYON, Dmitry ZAKS, Tangi QUEMENER à Ryad
Agence France-Presse
RYAD

Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi Barack Obama pour, selon la Maison-Blanche, parler d'une proposition américaine de sortie de crise en Ukraine, qui craint une invasion de sa partie orientale après la perte de la Crimée.

Cette proposition va faire l'objet de discussions directes entre les chefs de la diplomatie des deux pays, John Kerry et Sergueï Lavrov, a annoncé la présidence américaine depuis Ryad où M. Obama est en visite. Le dirigeant américain a «suggéré que la Russie mette par écrit une réponse» à cette proposition, selon la même source.

À New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré qu'il avait reçu des assurances de Vladimir Poutine sur le fait qu'il n'avait «aucune intention de mener une quelconque opération militaire» dans le sud ou l'est de l'Ukraine.

Des responsables militaires américains ont estimé à 20 000 le nombre de soldats déployés par la Russie le long de la frontière. Kiev a avancé de son côté le chiffre de 100 000 soldats. La diplomatie russe accuse les dirigeants occidentaux d'être soit mal informés soit de mauvaise foi, soulignant que plusieurs inspections internationales menées en mars près de la frontière n'ont décelé aucun «préparatif agressif».

L'appel téléphonique entre MM. Obama et Poutine, à l'initiative de ce dernier, était a priori le premier depuis que Washington a imposé de nouvelles sanctions contre de hauts responsables russes ou proches de M. Poutine, ainsi qu'une banque.

Le président Obama a menacé de s'en prendre à des «secteurs clé» de l'économie russe si jamais Moscou ne changeait pas d'attitude, et a consacré une grande partie d'une tournée en Europe cette semaine à tenter de rassembler ses alliés pour rejeter les visées du Kremlin.

Plus tôt vendredi, dans un entretien à la chaîne CBS, il avait exhorté M. Poutine à retirer ses troupes massées le long de la frontière de l'Ukraine. Il a réitéré cette demande lors de sa conversation avec le président russe, selon le compte-rendu qu'en a donné la Maison Blanche.

«Le président Obama a noté que le gouvernement ukrainien continuait à adopter une approche de retenue et de désescalade vis-à-vis de la crise (...) et pressé la Russie de soutenir ce processus et d'éviter des provocations supplémentaires, dont le fait de masser des troupes à sa frontière avec l'Ukraine», a expliqué l'exécutif américain.

À Moscou, un haut responsable du Service fédéral de sécurité (FSB) a évoqué le «désir légitime des peuples de Crimée et des régions de l'Est de l'Ukraine d'être avec la Russie», qui selon lui suscite «l'hystérie des États-Unis et de leurs alliés».

Vladimir Poutine n'a rien fait de son côté pour lever les inquiétudes, soulignant que les événements de Crimée avaient montré «les nouvelles capacités» de l'armée russe.

Divisions à l'ONU

Le rattachement express de la péninsule de la mer Noire a conduit à une confrontation au parfum de Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux et à l'apparition de profondes lignes de fracture au sein de la communauté internationale.

Deux influents parlementaires américains, dont le très interventionniste John McCain, ont appelé vendredi les États-Unis et l'Otan à envoyer à l'armée ukrainienne «des armes légères, des munitions, des armes défensives comme des systèmes antichars et anti-aériens».

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté jeudi une résolution condamnant le référendum du 16 mars en Crimée, mais les grands pays émergents se sont abstenus.

La diplomatie russe a dénoncé une «initiative contre-productive (qui) ne fait que compliquer le règlement de la crise politique en Ukraine». Elle a aussi montré sa détermination à répondre coup sur coup aux sanctions occidentales, annonçant de futures mesures de rétorsion contre «certains pays», dans un avertissement semblant viser des États de l'Union européenne mais pas l'UE dans son ensemble.

Alimentant les craintes de séparatisme dans l'Est russophone de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch, le président destitué le 22 février, a appelé, depuis la Russie où il s'est réfugié, à un référendum dans chaque région de l'ex-république soviétique.

Les autorités ukrainiennes ont aussitôt réagi avec l'ouverture d'une enquête pour appel à la prise illégale du pouvoir, tandis que l'Allemagne a observé que de tels référendum n'étaient pas prévus par la Constitution ukrainienne.

À Kiev, la succession s'organise et la course s'accélère en vue de la présidentielle du 25 mai. Les candidats ont jusqu'à dimanche pour se faire connaître et dès samedi, les grandes formations politiques doivent introniser leur représentant.

Avec la candidature de Ioulia Timochenko, qui à 53 ans se montre plus déterminée que jamais, la campagne s'annonce dure entre les chefs de file du mouvement pro-européen, en tête dans les enquêtes d'opinion.

L'ex-champion de boxe Vitali Klitschko est sur les rangs mais il pourrait céder sa place à l'ex-ministre et homme d'affaires Petro Porochenko, dont l'empire financier va du chocolat aux médias et qui est l'actuel favori des sondages. On compte aussi le nationaliste Oleg Tiagnibok et le leader du mouvement paramilitaire ultra-nationaliste Pravy Sektor, Dmytro Iaroch.




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