Obama: la Russie doit retirer ses troupes de la frontière ukrainienne

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Le président américain Barack Obama.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Germain MOYON
Agence France-Presse
Kiev

Le président américain Barack Obama a exhorté vendredi Vladimir Poutine à retirer ses troupes massées le long de la frontière de l'Ukraine, qui craint une invasion de sa partie orientale après la perte de la Crimée.

«Pour parvenir à une désescalade et résoudre cette situation, la Russie doit retirer ses troupes et commencer à négocier directement avec le gouvernement ukrainien et la communauté internationale», a déclaré M. Obama dans un entretien à la chaîne de télévision CBS.

M. Obama s'en est pris très vivement à son homologue russe Vladimir Poutine, l'accusant de «rancune au sujet de ce qu'il considère comme la perte de l'Union soviétique» et le mettant en garde contre un retour «aux pratiques qui prévalaient à l'époque de la Guerre froide».

Kiev affirme que 100 000 soldats russes stationnent près de sa frontière orientale et craint une répétition dans sa partie orientale du scénario qui a permis en seulement trois semaines le rattachement de la Crimée à la Russie.

La diplomatie russe a accusé les dirigeants occidentaux d'être soit mal informés soit de mauvaise foi, soulignant que plusieurs inspections internationales menées en mars près de la frontière n'ont décelé aucun «préparatif agressif».

À Moscou, un haut responsable du Service fédéral de sécurité (FSB) a cependant évoqué le «désir légitime des peuples de Crimée et des régions de l'Est de l'Ukraine d'être avec la Russie», qui selon lui suscite «l'hystérie des États-Unis et de leurs alliés».

Vladimir Poutine n'a rien fait de son côté pour lever les inquiétudes, soulignant que les événements de Crimée avaient montré «les nouvelles capacités» de l'armée russe.

Divisions à l'ONU

Le rattachement express de la péninsule de la mer Noire a conduit à une confrontation au parfum de Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux et à l'apparition de profondes lignes de fracture au sein de la communauté internationale.

Deux influents parlementaires américains, dont le très interventionniste John McCain, ont appelé vendredi les États-Unis et l'Otan à envoyer à l'armée ukrainienne «des armes légères, des munitions, des armes défensives comme des systèmes antichars et anti-aériens».

«Nous appelons le président Obama, en coopération avec nos alliés de l'Otan, à répondre immédiatement à la demande d'assistance militaire lancée par le gouvernement ukrainien», ont écrit John McCain et Lindsey Graham dans un communiqué.

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté jeudi une résolution condamnant le référendum du 16 mars en Crimée, mais les grands pays émergents se sont abstenus.

La diplomatie russe a dénoncé une «initiative contre-productive (qui) ne fait que compliquer le règlement de la crise politique en Ukraine». Elle a aussi montré sa détermination à répondre coup sur coup aux sanctions occidentales, annonçant de futures mesures de rétorsion contre «certains pays», dans un avertissement semblant viser des États de l'Union européenne mais pas l'UE dans son ensemble.

Vendredi, le sujet est au menu du Conseil de sécurité, où le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon doit rapporter le résultat de son récent voyage en Ukraine et en Russie.

Alimentant les craintes de séparatisme dans l'Est russophone de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch, le président destitué le 22 février, a appelé, depuis la Russie où il s'est réfugié, à un référendum dans chaque région de l'ex-république soviétique.

Les autorités ukrainiennes ont aussitôt réagi avec l'ouverture d'une enquête pour appel à la prise illégale du pouvoir, tandis que l'Allemagne a observé que de tels référendum n'étaient pas prévus par la Constitution ukrainienne.

La succession s'organise

À Kiev, la succession s'organise et la course s'accélère en vue de la présidentielle du 25 mai. Les candidats ont jusqu'à dimanche pour se faire connaître et dès samedi, les grandes formations politiques doivent introniser leur représentant.

Avec la candidature de Ioulia Timochenko, qui à 53 ans se montre plus déterminée que jamais, la campagne s'annonce dure entre les chefs de file du mouvement pro-européen, en tête dans les enquêtes d'opinion.

L'ex-champion de boxe Vitali Klitschko est sur les rangs mais il pourrait céder sa place à l'ex-ministre et homme d'affaires Petro Porochenko, dont l'empire financier va du chocolat aux médias et qui est l'actuel favori des sondages. On compte aussi le nationaliste Oleg Tiagnibok et le leader du mouvement paramilitaire ultra-nationaliste Pravy Sektor, Dmytro Iaroch.

Plusieurs représentants du Parti des régions de M. Ianoukovitch sont déjà sortis du bois, notamment l'ancien gouverneur de la ville russophone Kharkiv, Mikhaïlo Dobkine, qui selon la presse russe aurait les faveurs de l'homme le plus riche du pays, le très influent Renat Akhmetov. Il est en concurrence avec l'ex-vice Premier ministre en charge des questions gazières, Iouri Boïko, l'homme d'affaires Serguiï Tiguipko ou encore le député pro-russe Oleg Tsariev.

Dès le lendemain de l'officialisation très attendue de sa candidature, Ioulia Timochenko, sortie de prison le jour de la destitution de M. Ianoukovitch, a confirmé son intention d'occuper le terrain. Elle a présenté un projet de loi intensifiant la lutte contre la corruption, endémique en Ukraine, et a de nouveau eu des mots très durs contre Moscou.

«Tant que la Crimée sera occupée par le Kremlin, Vladimir Poutine restera pour moi l'ennemi numéro un de l'Ukraine. Je consacrerai toutes mes forces à la défense de l'Ukraine et n'accepterai jamais l'idée que la Crimée est perdue pour l'Ukraine», a-t-elle martelé.




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