Ukraine: échec de la réunion de la dernière chance

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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État John Kerry.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Agence France-Presse
Londres, Royaume-Uni

Les États-Unis et la Russie n'ont pas réussi vendredi à Londres à trouver une solution à la crise ukrainienne, à l'avant-veille d'un référendum pour le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie, Moscou assurant par ailleurs n'avoir aucune intention d'envahir les régions russophones d'Ukraine.

À Simféropol, la capitale de la région séparatiste de Crimée, le «Premier ministre» et «commandant en chef autoproclamé», Sergueiï Axionov a appelé les russophones des régions de l'Est du pays à suivre son exemple et à organiser des référendums pour demander leur intégration à l'immense Russie.

Parallèlement, des appels lancés par des militants pro-russes à manifester dimanche dans les bastions russophones de l'Est, notamment Kharkiv et Donetsk où un manifestant soutenant l'unité du pays a été tué jeudi soir, laissent présager un climat tendu.

À Londres, qui accueillait une rencontre de la dernière chance entre les chefs de la diplomatie russe et américain, aucune solution n'a été trouvée au terme de deux semaines d'intenses activités diplomatiques qui ont ranimé la flamme éteinte en 1991 de la Guerre froide.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait le constat de l'absence de «vision commune» de Washington et Moscou sur la situation en Ukraine après de longues négociations avec le secrétaire d'État américain John Kerry. Dans la foulée, Washington a confirmé l'incapacité des deux grandes puissances à «trouver un terrain d'entente».

«Nous avons développé de nombreuses idées et nous étions prêts à les proposer (à la Russie) au nom de l'Ukraine, mais il est rapidement apparu» que M. Lavrov «n'était pas autorisé à discuter des propositions ayant des conséquences sur la Crimée avant que le référendum ne se déroule» dimanche, a indiqué une source au Département d'État.

Le secrétaire d'État John Kerry a également insisté sur le fait que Vladimir Poutine attendait que le référendum soit passé pour prendre une décision sur l'Ukraine. Sergueï Lavrov «a dit clairement que le président Poutine n'était prêt à prendre de décisions concernant l'Ukraine qu'après le référendum de dimanche», a déclaré John Kerry.

Pas d'invasion prévue de l'Ukraine

À Moscou, Vladimir Poutine a affirmé, dans un entretien avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, que le référendum organisé était «absolument conforme» au droit international et à la Charte des Nations unies.

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU devaient se réunir samedi matin en urgence pour voter une résolution dénonçant le référendum en Crimée. Des  diplomates s'attendent à ce que la Russie mette son veto au texte.

À Washington, le président Barack Obama a assuré espérer toujours une solution diplomatique, tout en avertissant Vladimir Poutine qu'il y aurait «des conséquences» pour la Russie si cette voie échouait.

Alors que de nombreux Ukrainiens pensent que la Russie ne s'arrêtera pas aux frontières de la Crimée et que les milliers de soldats russes massés de l'autre côté de la frontière ne sont pas simplement là pour mener des exercices militaires, Sergueï Lavrov a indiqué que son pays «n'a pas et ne peut avoir le projet d'envahir le Sud-Est de l'Ukraine». Il minimisait ainsi la portée des menaces voilées d'intervention formulées quelques heures plus tôt par son ministère à Moscou après de violents incidents à Donetsk.

Moscou avait en effet jeté un froid en déclarant qu'elle se réservait le droit de se porter au secours de ses «concitoyens et compatriotes en Ukraine», après des heurts qui ont fait un mort jeudi soir à Donetsk, dans l'est du pays.

La mort de cet Ukrainien de 22 ans, poignardé dans des heurts avec des sympathisants de la Russie à Donetsk, attire désormais toutes les attentions sur de possibles incidents au cours du week-end.

L'Est russophone, notamment les bastions industriels de Donetsk et de Kharkiv, est secoué ces dernières semaines par des mouvements sécessionnistes. Et après la mort du manifestant, le premier depuis la prise de contrôle fin février par les forces russes de la Crimée, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a accusé «les militants séparatistes envoyés de l'extérieur d'avoir provoqué cette bagarre».

Vendredi, John Kerry a fermement mis en garde la Russie contre «des sanctions», c'est-à-dire une série de mesures contre Moscou qui pourraient être prises dès lundi, au lendemain du référendum.

Appel au boycottage

Selon des sources européennes, l'Union européenne étudie des sanctions contre un nombre «limité» mais «politiquement significatif» d'une trentaine de personnalités jugées responsables de l'intervention russe en Ukraine.

Cette liste noire compte des parlementaires, des membres des instances de sécurité, un haut responsable du ministère de la Défense.

En Crimée, la minorité tatare plutôt discrète depuis l'arrivée des forces russes est descendue dans la rue aux cris de «Soldats russes, rentrez chez vous» au lendemain de l'appel au boycottage du référendum lancé par leur leader historique Moustafa Djemilev dans une interview à l'AFP.

Brandissant des drapeaux ukrainiens, des centaines de Tatars ont manifesté dans leur fief de Bakhtchissaraï sous le regard des milices d'autodéfense pro-russes.

Sur le terrain, Moscou poursuit des manoeuvres militaires dans plusieurs régions proches de l'Ukraine. Des milliers de soldats y participent, dont quelque 4.000 parachutistes, 36 avions et environ 500 véhicules dans la seule région de Rostov-sur-le-Don.

Un haut responsable de la diplomatie américaine voyageant avec M. Kerry a exprimé sa «grande préoccupation» de voir la Russie «concentrer, pour la deuxième fois en un mois et en un laps de temps très court, d'importantes forces autour des frontières de l'Ukraine». Il a parlé d'«intimidation».

Le groupe public russe d'armements Rostekhnologuii (Rostekh) a affirmé dans la soirée sur son site qu'un drone américain de reconnaissance avait été intercepté à haute altitude au-dessus de la Crimée. «Le drone volait à environ 4000 mètres d'altitude (...). Il a été possible de rompre la liaison avec ses opérateurs américains  (...)», a précisé Rostekh dans un communiqué qui toutefois n'était plus disponible en début de soirée.




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