Ianoukovitch mardi devant la presse, contre-propositions russes aux Occidentaux

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Les forces russes consolident jour après jour leur position en Crimée.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Luc PERROT avec Olga NEDBAEVA à Kiev, Lilia BOUDJOUROVA à Simféropol
Agence France-Presse
Moscou

Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie, doit s'exprimer mardi devant la presse, au lendemain d'une contre-offensive diplomatique de Moscou pour régler la crise en Ukraine où les russophones de Crimée menacent de faire sécession.

Selon les agences de presse russes, M. Ianoukovitch s'exprimera à Rostov-sur-le-Don, ville proche de la frontière russo-ukrainienne où il avait tenu une conférence de presse le 28 février, refusant de reconnaître sa destitution sans toutefois demander une aide militaire de la Russie.

Moscou a affirmé que cette demande avait été faite le 1er mars.

Alors que Kiev crie à l'«agression» et en appelle aux États-Unis dans ce conflit inédit depuis la fin de la Guerre froide, la Russie a annoncé lundi qu'elle allait présenter «ses propres propositions» aux Occidentaux pour «ramener la situation dans le cadre du droit international».

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov n'a pas détaillé ces propositions, mais a semblé écarter le principe d'un groupe de contact réclamé par la chancelière allemande Angela Merkel et le président américain Barack Obama.

Dans les propositions occidentales, «tout était formulé dans le sens d'un prétendu conflit entre la Russie et l'Ukraine», a déclaré M. Lavrov, insistant sur le fait que les nouvelles autorités ukrainiennes étaient issues d'un «coup d'État».

La Russie refuse catégoriquement de reconnaître toute légitimité aux nouveaux dirigeants pro-occidentaux de l'Ukraine, amenés au pouvoir par trois mois de manifestations qui ont débouché sur la fuite du président Ianoukovitch, au prix d'une centaine de morts en février.

Dans ce contexte tendu, le ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh a indiqué qu'en conformité avec les instructions du président par intérim Olexandre Tourtchinov, les unités en état d'alerte «avaient rejoint les terrains militaires pour participer aux manoeuvres». «Les gens sont prêts à défendre leur État», a-t-il ajouté.

Et l'Otan a annoncé l'envoi d'avions-radars Awacs pour des missions de reconnaissance au dessus de la Pologne et de la Roumanie, dans le cadre de la crise en Ukraine voisine.

Renforcement militaire russe

En Crimée, territoire occupé depuis fin février par des forces russes, les autorités séparatistes avancent à marche forcée vers le rattachement à la Russie, encouragées par le président russe Vladimir Poutine qui ignore les mises en garde occidentales.

Un référendum y est organisé le 16 mars et le Premier ministre de la Crimée Serguiï Axionov a annoncé lundi préparer l'entrée de la péninsule dans la zone rouble.

Agissant comme si elles avaient déjà été reconnues par la communauté internationale, les autorités séparatistes de Crimée ont par ailleurs invité pour le référendum les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Mais seul un État membre peut faire une demande, a rappelé l'OSCE.

Les forces russes consolident jour après jour leur position en Crimée. Des hommes armés ont notamment coupé le courant de l'état-major de la marine ukrainienne à Sébastopol, qu'ils encerclent depuis plusieurs jours, selon les militaires ukrainiens.

Après avoir coupé les chaînes hertziennes ukrainiennes, les séparatistes ont également coupé la radio militaire.

Les États-Unis ont appelé lundi la Russie à faire machine arrière.

Washington veut «que la Russie stoppe ses avancées militaires» et souhaite «l'arrêt d'une marche vers l'annexion de la Crimée et des actes de provocation», a affirmé la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki.

A Bruxelles, l'Union européenne s'est inquiétée de «l'absence de signes de désescalade».

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk doit rencontrer mercredi aux États-Unis le président Obama.

«Un test pour l'Europe»

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui avait appelé dimanche M. Poutine pour l'exhorter à réduire la tension en Ukraine, a estimé que «la crise en Crimée était un test pour l'Europe», dans un entretien au quotidien allemand Bild à paraître mardi.

«Oui, nous sommes du côté du peuple ukrainien et de leur droit à décider de leur avenir. Et non, nous n'acceptons pas que la Russie bafoue la souveraineté de l'Ukraine et la piétine. Nous sommes unis, ensemble, pour les droits de l'Ukraine ! Et nous allons imposer de dures sanctions si Moscou ne change pas de cap», a affirmé M. Cameron.

Les Occidentaux ont appelé la semaine dernière à la création d'un groupe de contact pour régler la crise, mais «aucun progrès» n'a été fait, a reconnu la chancelière allemande Angela Merkel.

A New York, les membres occidentaux du Conseil de sécurité ont cherché lundi à accroître la pression sur la Russie à l'approche du référendum de dimanche en Crimée mais Moscou est resté inflexible, ont indiqué des diplomates. Les 15 membres du Conseil ont tenu lundi après-midi à New York leur cinquième réunion à huis clos sur la crise ukrainienne depuis dix jours.

La Banque mondiale (BM) a indiqué lundi être prête à apporter «jusqu'à 3 milliards de dollars» d'aide à l'Ukraine cette année pour lui permettre de faire face à ses graves difficultés financières.

«Le groupe de la Banque mondiale a reçu une demande d'aide du gouvernement intérimaire ukrainien et se tient prêt à venir en aide au peuple ukrainien», a indiqué l'institution dans un communiqué, ajoutant que l'assistance pourrait atteindre «jusqu'à 3 milliards de dollars».

Investies fin février après la destitution du président Viktor Ianoukovitch, les nouvelles autorités de Kiev ont déjà demandé l'assistance financière du Fonds monétaire international, dont elles attendent «au moins» 15 milliards de dollars, après avoir affirmé que les caisses de l'État «étaient vides».




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