Des manifestations pour l'unité ukrainienne prévues dimanche

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Une jeune fille regarde des bougies placées pour former une croix afin de rendre hommage aux victimes des affrontements ayant eu lieu à la fin février, samedi à Kiev.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
Kiev, Ukraine

Des rassemblements pour le 200e anniversaire de Taras Chevtchenko, le grand poète ukrainien, sont prévus dimanche à Kiev mais aussi en Crimée, un moyen d'affirmer la souveraineté du pays alors que la péninsule est contrôlée par les soldats russes.

À Kiev, la manifestation se tiendra dans la matinée au parc Taras Chevtchenko et sera suivie d'un concert au Maïdan, la grande place qui a servi de cadre à la contestation ayant abouti à la chute du président Viktor Ianoukovitch.

Les nouveaux dirigeants politiques ukrainiens, dont le président par intérim Olexandre Tourtchinov et le premier ministre Arseni Iatseniouk, participeront à ce rassemblement, une démonstration de force pour affirmer l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine.

Des manifestations similaires sont prévues en Crimée: à Simféropol, la capitale de la république autonome, et à Sébastopol, le grand port qui abrite le QG de la flotte russe de la mer Noire.

Les tensions restent vives dans la péninsule, où le Parlement local défie l'autorité de Kiev, mais aussi à Donetsk, bastion russophone de l'est du pays où deux manifestations concurrentes sont prévues dimanche: celle des pro-russes et celle des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes.

Des milliers de partisans du rapprochement avec Moscou ont défilé ces derniers jours dans l'Est ukrainien, notamment à Donetsk et Kharkiv.

À l'opposé, quelques centaines de partisans de la souveraineté de l'Ukraine ont manifesté samedi à Simféropol, un événement rare au coeur de la région séparatiste, qui organise le 16 mars un référendum sur le rattachement à la Russie.

Après deux échecs jeudi et vendredi, les 54 observateurs internationaux dépêchés par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont tenté une troisième fois samedi de pénétrer dans la péninsule de Crimée passée fin février sous le contrôle de forces russes. En vain.

Le convoi de ces observateurs, civils et militaires non armés, a dû rebrousser chemin à l'approche du poste de contrôle d'Armiansk sur un des deux axes routiers permettant d'entrer en Crimée. Des hommes armés en treillis ont pointé leurs armes vers le convoi puis ont tiré en l'air trois fois.

Cette mission de 54 personnes originaires de 29 pays membres de l'OSCE vise à permettre de réduire les tensions.

START en question? 

Sur la scène diplomatique, malgré d'intenses consultations, Occidentaux et Russes n'ont pas réussi à trouver une issue à la pire crise dans leurs relations depuis la chute de l'URSS en 1991.

Les chefs de la diplomatie russe et américain Sergueï Lavrov et John Kerry ont de nouveau parlé au téléphone samedi et ont convenu de «poursuivre leurs contacts intensifs», selon Moscou.

«La poursuite d'une escalade militaire et de provocation en Crimée ou ailleurs en Ukraine, de même que les mesures pour annexer la Crimée par la Russie, fermeraient la porte à la diplomatie», a affirmé M. Kerry au cours de la conversation, en appelant à «la plus grande retenue», selon un responsable du département d'État.

Le président Barack Obama s'est pour sa part entretenu avec plusieurs dirigeants européens, notamment les premiers ministres britannique David Cameron et italien Matteo Renzi, ainsi que le président François Hollande. Tous ont réaffirmé leur «grave préoccupation devant la violation claire du droit international par la Russie», a indiqué la Maison-Blanche.

Selon la présidence française, Paris et Washington réfléchissent même, «faute de progrès» à des sanctions «qui affecteraient sensiblement les relations entre la communauté internationale et la Russie, ce qui n'est dans l'intérêt de personne», selon l'Élysée.

Alors que chaque protagoniste réfute l'idée d'une nouvelle Guerre froide, le ministère russe de la Défense a indiqué samedi réfléchir à une suspension des inspections étrangères de son arsenal d'armes stratégiques, y compris les missiles nucléaires, en réponse aux «menaces» venant des États-Unis et de l'OTAN.

Ces inspections ont lieu dans le cadre du Traité de réduction des armes stratégiques (START) signé en 2010 par les États-Unis et la Russie, et dans celui du Document de Vienne entre les pays membres de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Signe que les forces russes sont loin d'un retrait de Crimée, une soixantaine de camions militaires russes sont entrés en Ukraine par voie terrestre et maritime, selon les garde-frontières ukrainiens.

Femmes de Crimée 

Samedi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a assuré que la Russie était ouverte à un dialogue «honnête, d'égal à égal» avec les puissances étrangères. Pour sa part, Kiev a répété être prêt à «des contacts à tous les niveaux» avec Moscou.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a rencontré à Moscou l'ambassadeur d'Ukraine en Russie Volodymyr Eltchenko.

Signe d'une détérioration du climat en Crimée, les journalistes ukrainiens et étrangers, accusés d'être à la solde des grandes puissances, sont désormais parfois la cible de militants pro-russes.




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