Norvège: une «traîtresse» antiracisme

Kari Helene Partapuoli, porte-parole du groupe Antirasistisk Senter,... (Photo fournie par Kari Helene Partapuoli)

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Kari Helene Partapuoli, porte-parole du groupe Antirasistisk Senter, était ciblée par Anders Behring Breivik.

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Tuerie en Norvège

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Tuerie en Norvège

La Norvège, l'un des pays les plus sûrs au monde, a été frappée le 22 juillet par ses plus lourdes attaques depuis la Seconde Guerre mondiale. Une bombe a d'abord explosé au centre-ville d'Oslo, puis une fusillade a tourné au carnage, sur l'île d'Utoya, près d'Oslo. »

Kari Helene Partapuoli était sur la liste A du tueur Anders Behring Breivik.

La liste des «traîtres».

La liste des personnes qu'il voulait voir disparaître, parce que, selon son analyse raciste et sexiste de la société, ce sont elles qui ont mené la Norvège à la dérive en voulant à tout prix créer une politique de bras ouverts relativement aux immigrants.

Pour l'entrevue, Mme Partapuoli arrive tout de même sans garde du corps, plutôt avec son mari originaire de Gaza. Elle est porte-parole de l'Antirasistisk Senter, groupe voué à la lutte contre le racisme. Son organisme, qui fonctionne principalement grâce à des subventions gouvernementales, gère autant des programmes très concrets d'aide à l'emploi que des campagnes publiques contre le racisme. Actuellement, une campagne propose aux musulmans d'inviter leurs voisins ou toute autre personne qu'ils ne connaissant pas à venir prendre le thé chez eux. Même le ministre des Affaires extérieures y a participé.

«L'extrémisme de droite est très rare en Norvège», affirme-t-elle en entrevue dans son bureau du centre d'Oslo, où le visage multiculturel de la ville rayonne. Il est faux de croire que le crime d'Anders Breivik serait symptomatique d'un courant xénophobe violent caché. «Un groupe d'extrémistes - la Ligue de défense de la Norvège - a organisé une manifestation la semaine dernière dans le sud du pays. Ils étaient 40, on était 1000», explique-t-elle.

La vraie question, poursuit-elle, c'est ce qu'on doit faire avec ces cas isolés. On les laisse s'exprimer librement? On se fie à cette croyance norvégienne voulant que lorsqu'on laisse les trolls sortir, ils s'évaporent au soleil? Ou alors on fait tout pour que leurs idées ne circulent pas et n'encouragent personne d'autre?

En Norvège, il n'existe aucune loi contre la littérature haineuse. Est-ce une bonne chose que les extrémistes se sentent seuls et attaqués, et jamais écoutés?

Mme Partapuoli rappelle qu'avant le 22 juillet dernier, certains sondages montraient l'islamisme parmi les principales sources d'inquiétude des Norvégiens, avant le réchauffement climatique. Aujourd'hui, grâce à toute la couverture médiatique du massacre, ces mêmes Norvégiens savent que les textes de Breivik, son fameux «manifeste» où il explique les raisons de son geste, sont constitués d'extraits de divers essais réellement publiés un peu partout dans le monde, qui portent notamment sur un supposé complot pour l'islamisation de toute l'Europe, résumé par le concept d'«Eurabie».

«C'est peut-être bien qu'on en sache plus sur toutes ces théories», note Mme Partapuoli.

En outre, les médias se sont réveillés, dit-elle, et ont notamment commencé à examiner davantage les commentaires publiés sous leurs articles publiés sur l'internet. De plus, les discussions enflammées traditionnelles sur les «accommodements» - qui ressemblent énormément à celles vécues au Québec -, et qui ont été particulièrement animées vers 2008 et 2009, quand une jeune femme a demandé de porter le hidjab à l'école de police, se sont adoucies.

«Rien n'a changé de façon radicale. Mais la température du débat a baissé.»




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