Yémen: 85 morts dans des combats et des raids

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Entre 120 000 et 150 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Yémen par les combats en cours, alors qu'il y avait déjà plus de 300 000 déplacés avant la crise actuelle, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

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Nabil Hassan, Fawaz Al-Haidari
La Presse Canadienne
Aden

Des combats particulièrement meurtriers entre rebelles chiites Houthis et partisans du président du Yémen appuyés par l'aviation saoudienne ont eu lieu dimanche dans quatre villes du sud du pays où Ryad a promis d'apporter une aide humanitaire massive.

Ces affrontements et raids aériens ont fait 85 morts en moins de 24 heures, selon un bilan partiel dimanche en début de soirée.

Les combats les plus sanglants se sont déroulés à Dhaleh, où 31 Houthis et 17 de leurs adversaires ont été tués, a indiqué à l'AFP un haut responsable provincial, précisant que les rebelles avaient aussi été visés par des frappes aériennes.

D'autres affrontements ont eu lieu à Aden, deuxième ville du Yémen, et à Taëz, autre grande ville du sud relativement épargnée jusqu'à ces derniers jours et où les Houthis viennent d'ouvrir un nouveau front.

Toujours à Taëz, des positions Houthies ont de nouveau été la cible de raids de l'aviation saoudienne. La ville était totalement déserte et aucun commerce n'était ouvert, selon un correspondant de l'AFP.

Les rebelles sont arrivés à Taëz bien avant le début, le 26 mars, des frappes aériennes de la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, mais ils n'ont pas réussi à en prendre totalement le contrôle, face à la résistance des partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi au sein de la population.

Taëz, troisième ville du Yémen, revêt une importance stratégique pour les Houthis qui peinent à venir à bout des partisans du président à Aden, la grande cité portuaire plus au sud.

Partis de leur fief de Saada (nord), les Houthis, soutenus par l'Iran, sont entrés dans la capitale Sanaa en septembre 2014. Ils y ont pris le pouvoir en janvier, avec la complicité de l'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, avant de lancer une offensive en mars vers le sud.

Cette avancée a provoqué l'intervention de la coalition arabe pour venir en aide aux partisans du président Hadi qui s'est réfugié à Ryad.

Dix Houthis et quatre combattants pro-Hadi ont péri à Taëz, ont indiqué dimanche des médecins et des responsables locaux.

Aide humanitaire attendue

A Aden, 11 Houthis et cinq combattants pro-Hadi ont été tués dans des combats, pendant la nuit et dimanche matin, qui ont opposé les rebelles aux forces présidentielles dans plusieurs quartiers, selon des sources militaires.

Les combattants pro-Hadi ont repris aux Houthis une résidence du président et le siège du consulat de Russie, selon ces sources.

A Ataq, capitale de la province de Chabwa, sept Houthis ont été tués dans une attaque nocturne contre leur position lancée par des combattants de tribus sunnites, selon des sources tribales.

Après un appel onusien à une aide humanitaire internationale, Ryad a promis samedi de couvrir dans son intégralité le coût de cette assistance, soit 274 millions de dollars.

Il reste maintenant à monter cette opération qui devrait être très importante au regard des besoins de la population.

Le porte-parole de la coalition, le général de brigade Ahmed Assiri, a promis la mise en place, dans les prochains jours, d'un pont maritime pour l'acheminement de l'aide.

Au fur et à mesure que le conflit se poursuit, les conséquences deviennent de plus en plus lourdes pour les civils.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déploré un manque cruel de médicaments, d'aliments et de carburant.

Entre 120 000 et 150 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Yémen par les combats en cours, alors qu'il y avait déjà plus de 300 000 déplacés avant la crise actuelle, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Une autre conséquence du conflit est que l'autorité de l'Etat ou ce qu'il en reste s'est effritée au profit d'Al-Qaïda ou de groupes tribaux armés dans le sud-est.

Le réseau extrémiste a pris le 2 avril Moukalla, chef-lieu de la province du Hadramout (est) et le 14, des combattants tribaux se sont emparés de l'unique terminal gazier du Yémen, celui de Belhaf, sur le Golfe d'Aden. Depuis vendredi, d'autres tribus contrôlent les champs pétrolifères de Masila.

Le conflit avec les Houthis complique la lutte contre les jihadistes, même si une nouvelle attaque de drone américain a fait trois morts parmi des combattants d'Al-Qaïda dans la province de Chabwa.

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