Le cessez-le-feu tient bon à Gaza

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Des millions de Palestiniens et d'Israéliens dans et autour de la bande de Gaza ont passé une nuit calme après l'entrée en vigueur de la trêve.

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Sakher ABOU EL OUN
Agence France-Presse
Gaza

L'accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et les Palestiniens était respecté mercredi, après 50 jours d'un conflit meurtrier dans la bande de Gaza que les deux belligérants affirment avoir remporté.

Des millions de Palestiniens et d'Israéliens dans et autour de la bande de Gaza ont passé une nuit calme après l'entrée en vigueur de la trêve mardi à 19h locales (midi à Montréal), après une guerre qui a fait 2143 morts palestiniens, 70 du côté israélien, et dévasté l'enclave palestinienne sous blocus israélien depuis 2006.

> En images: Lendemain de guerre à Gaza

L'armée israélienne a indiqué qu'aucune roquette n'avait été tirée depuis Gaza et qu'elle n'y avait elle-même mené aucun raid.

«On a pu dormir toute la nuit sans entendre un seul avion de combat», se réjouissait Moataz Chalah, un Gazaoui qui a dit à l'AFP «reprendre le travail» mercredi matin. Un commerçant, Attia al-Najrar, rouvrait boutique «pour voir comment ça va se passer», affirmant que la situation économique était au plus bas dans le territoire exigu et surpeuplé. «Cette guerre a été un désastre, les maisons ont été détruites, les terres agricoles dévastées, il ne nous reste plus rien», résumait, amer, Nida Chabaane.

Mais l'accord conclu mardi sous l'égide des Égyptiens a suscité de nombreux espoirs. Il prévoit notamment l'ouverture des passages entre Israël et la bande de Gaza et un allègement du blocus qui asphyxie ses 1,8 million d'habitants.

Toutefois, les questions les plus sensibles, comme la libération de prisonniers palestiniens, l'ouverture d'un aéroport à Gaza ou la démilitarisation de l'enclave palestinienne doivent être discutées lors de pourparlers prévus au Caire sous un mois.

Les dirigeants du Hamas, invisibles pendant la guerre, sont ressortis mardi soir pour célébrer devant une foule en liesse la «victoire», assurant aux Gazaouis qu'ils auraient bientôt ce port et cet aéroport. Mais mercredi, un proche du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou douchait tous leurs espoirs. «Il n'y aura pas de port, pas d'aéroport et aucun matériel pouvant servir à la production de roquettes ou pour creuser des tunnels n'entrera (dans la bande de Gaza), telle sera la position que nous présenterons lors de la reprise des négociations» au Caire, a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi à la radio publique.

«Match nul»

Le Hamas, qui a infligé à l'armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006 avec 64 soldats tués, s'est targué d'avoir défait «la légende de l'armée israélienne qui se dit invincible» et obtenu l'allègement du blocus, principale revendication des Palestiniens.

À l'inverse, côté israélien, Liran Dan, un porte-parole de M. Netanyahu a proclamé à la radio militaire que le Hamas a «reçu les coups les plus durs depuis sa création» et «subi une défaite militaire et politique», alors que trois de ses hauts commandants militaires ont été tués dans des raids israéliens. «Le Hamas n'a rien obtenu de qu'il exigeait», a-t-il martelé.

Loin des satisfecit du gouvernement, la presse israélienne était dubitative mercredi.

«Match nul», titrait ainsi le quotidien Maariv (centre droite). «Trop peu et trop tard», estimait le Yédiot Aharonot à propos du bilan de l'opération «Bordure protectrice» lancée le 8 juillet, et le quotidien Israël Hayom, bien que pro-Netanyahou, affirmait que «le Hamas s'est rendu, mais a survécu».

Selon les médias, M. Netanyahu a refusé de procéder à un vote du cabinet de sécurité avant de donner son feu vert, au moins quatre de ses huit membres étant opposés à la trêve.

Ce désaccord s'est exprimé au sein du gouvernement par la voix d'Uzi Landau, ministre du Tourisme et membre du parti nationaliste Israël Beitenou. «Le sentiment général est que le terrorisme paye», a-t-il affirmé à la radio publique, «Israël a donné l'impression que nous voulions le calme à n'importe quel prix ce qui a diminué notre pouvoir de dissuasion».

Espoirs d'une trêve solide

Au niveau international, le secrétaire d'État américain John Kerry a salué l'accord, espérant que cette nouvelle trêve tienne, tout comme le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui a espéré que le cessez-le-feu sera un «prélude à un processus politique».

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a également souhaité un cessez-le-feu «durable».

L'Iran a salué la «victoire» des Palestiniens, tandis que le Qatar, l'un des principaux alliés du Hamas, a espéré que l'accord aidera à «mettre fin aux souffrances du peuple palestinien et à réaliser ses demandes légitimes».

Selon le chef de la délégation palestinienne, Azzam al-Ahmed, devrait immédiatement entrer en vigueur «l'ouverture des passages pour des besoins humanitaires et des vivres, pour du matériel médical et tout ce qui va permettre de réparer les systèmes d'eau, d'électricité et de téléphonie mobile». La limitation de la zone de pêche à 3 milles nautiques devrait être levée pour passer à 6 milles (11 km) puis à 12, selon M. Ahmed.

Aucun détail n'a cependant filtré sur la possible reprise des exportations depuis l'enclave palestinienne ou sur les importations de matériel de construction à Gaza, dont la reconstruction prendra des mois sinon des années après qu'au moins 55 000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, selon l'ONU.




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