Conflit israélo-palestinien: des demandes irréconciliables?

Les mouvements de protestation contre la guerre se... (Photo Dimitar Kyosemarliev, REUTERS/ STRINGER)

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Les mouvements de protestation contre la guerre se sont poursuivis, hier. Sur la photo, une manifestion pro-palestinienne dans les rues de Sofia, en Bulgarie.

Photo Dimitar Kyosemarliev, REUTERS/ STRINGER

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Offensive israélienne à Gaza

International

Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

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Après 22 jours d'hostilités, près de 1250 morts et plus de 7000 blessés, la question se pose avec de plus en plus d'urgence: comment réconcilier les demandes apparemment irréconciliables d'Israël et du Hamas? Survol et analyse des revendications de chaque camp.

Les principales demandes du Hamas

- Levée du blocus

- Paiement des quelque 44 000 fonctionnaires du Hamas que ce dernier ne parvient plus à payer.

- Fin des bombardements israéliens et retrait complet des soldats israéliens de Gaza.

Explication

Au début de l'opération Bordure protectrice, le Hamas revendiquait aussi la libération par Israël de centaines de prisonniers palestiniens.

«Ça semblait très important au début, mais on dirait que ç'a décliné», observe Rex Brynen, spécialiste du Moyen-Orient à l'Université McGill. L'expert fait observer qu'Israël, de toute façon, n'acceptera jamais une telle demande.

Selon lui, le Hamas pourrait revendiquer une «grande victoire de relations publiques» s'il parvient à alléger le blocus sur Gaza. Imposé par Israël et l'Égypte en 2007, ce blocus fait en sorte que les marchandises et les habitants entrent à Gaza et en sortent au compte-goutte, ce qui étouffe économiquement le territoire.

«Je crois que l'opinion américaine aujourd'hui est que ce blocus est excessif et que ce ne serait pas une mauvaise chose qu'il soit allégé», dit Rex Brynen. Ce point de vue, selon lui, hérisse Israël et explique en partie pourquoi le pays a rejeté le cessez-le-feu proposé par le secrétaire d'État américain John Kerry.

Le Hamas est aussi incapable de payer ses 44 000 fonctionnaires. Le Qatar a déjà accepté de les payer, mais le fait que le Hamas soit une organisation terroriste empêche les transferts bancaires de s'effectuer.

*

Les demandes d'Israël

- Fin des tirs de roquettes;

- Destruction des tunnels entre Gaza et Israël;

- Démilitarisation de la bande de Gaza.

Explication

Rex Brynen, professeur de sciences politiques à l'Université McGill, note à quel point les demandes israéliennes ont évolué depuis le début de l'opération.

«La position israélienne du début était: nous allons frapper le Hamas, puis nous allons retourner au statu quo. Mais les demandes ont augmenté significativement. Aujourd'hui, on veut certaines garanties sur les tunnels et on parle de la démilitarisation de la bande de Gaza.»

Selon lui, cette évolution s'explique par les victimes israéliennes plus nombreuses que prévu. Israël réalise aussi la menace que font peser les tunnels sur sa sécurité.

«J'ai l'impression qu'il y a plus de tunnels, qu'ils sont mieux creusés et plus difficiles à trouver que ce qu'Israël croyait», dit M. Brynen. Cela incite évidemment Tel-Aviv à durcir ses demandes.

Pour M. Brynen, le problème avec les nouvelles demandes d'Israël, c'est qu'elles seront extrêmement difficiles à exaucer.

Le Hamas, en effet, ne rendra pas ses armes sur demande, et on voit mal qui pourrait aller les lui saisir de force.

«Je ne vois aucune, mais aucune façon plausible de démilitariser Gaza, dit-il. Avec les informations que nous avons, il n'est pas clair à mes yeux comment la position d'Israël pourrait se traduire dans une entente écrite.»

***

La solution: aider les parties à sauver la face

Les demandes du Hamas risquent de se buter à une fin de non-recevoir de la part d'Israël, et vice-versa. Comment trouver un terrain d'entente?

«Quelqu'un doit fournir un mécanisme qui permet à chaque camp de sauver la face», répond Rex Brynen.

L'idée d'un cessez-le-feu «humanitaire» accordé non pas grâce à une entente, mais pour des considérations humaines, a été évoquée hier.

«C'est un mécanisme intelligent, qui permet à chacun de dire: «nous sommes les bons dans cette histoire, car nous avons accepté un cessez-le-feu humanitaire»», dit M. Brynen.

Le défi reste ensuite immense: il faut espérer que ce cessez-le-feu humanitaire refroidisse les esprits et conduise à une entente durable. Un pari qui, à l'heure actuelle, paraît bien ambitieux.




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