Gaza: la barre des 800 Palestiniens tués franchie

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Un homme traverse des décombres après une frappe aérienne sur Gaza.

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

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Sakher ABOU EL OUN, Nicolas GAUDICHET
Agence France-Presse
Gaza

Un obus israélien a tué jeudi 15 personnes dans une école de l'ONU de la bande de Gaza, alors que le bilan de l'opération militaire contre le Hamas a passé vendredi la barre des 800 morts palestiniens.

Face au drame dans cette école où avaient trouvé refuge des Palestiniens, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré «de nombreux morts», dont des femmes, des enfants et des employés de l'Organisation, tandis que Washington s'est dit «attristé» et a appelé à protéger les civils.

Les secours locaux ont fait état de 15 morts et de nombreux blessés dans cette école de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), située à Beit Hanoun, dans le nord de l'enclave palestinienne, où étaient hébergées des personnes déplacées par les combats.

L'armée israélienne a promis d'enquêter, expliquant avoir riposté à des tirs de roquettes par des combattants du Hamas adressés depuis la zone de Beït Hanoun.

Dans un communiqué le commissaire-général de l'UNWRA, Pierre Krähenbühl, a accusé Israël de n'avoir jamais répondu à une demande de couloir humanitaire pour évacuer l'école. Un porte-parole militaire a rejeté ces accusations.

Quelque 110 000 civils de Gaza, où s'entassent 1,8 million d'habitants, se sont réfugiés dans les écoles de l'UNRWA. Selon l'Unicef, 116 écoles de Gaza, dont 75 de l'UNWRA, ont été endommagées par les tirs israéliens depuis le 8 juillet.

Des manifestants palestiniens ont dénoncé l'offensive israélienne sur... (PHOTO NASSER ISHTAYEH, REUTERS) - image 2.0

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Des manifestants palestiniens ont dénoncé l'offensive israélienne sur Gaza, jeudi, à Naplouse en Cisjordanie.

PHOTO NASSER ISHTAYEH, REUTERS

La Cisjordanie au bord de l'explosion

Le conflit menace de s'étendre en Cisjordanie occupée, où de violents affrontements entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes ont fait un mort jeudi soir.

Au moins un Palestinien a été tué et cinq autres blessés par des tirs israéliens à Qalandia, check-point militaire israélien qui contrôle l'entrée de Jérusalem, interdite aux Palestiniens, alors que plus de 10 000 manifestants tentaient de rallier la Ville sainte pour la Nuit du Destin (Laïlat al-Qadr), une des dates importantes du mois de ramadan, selon des sources médicales palestiniennes.

Vingt Palestiniens ont été arrêtés à Jérusalem-Est à la suite de heurts dans la Vieille ville.

A Gaza, les opérations militaires israéliennes ont été menées dans l'ensemble du territoire de l'aube à la nuit.

Au moins, sept Palestiniens sont morts dans la matinée à Kouza (sud), près de la frontière et sept autres, principalement des enfants, ont été tués dans une nouvelle frappe aérienne entre Rafah et Khan Younès.

Avec la mort de l'occupant d'une maison à Gaza tué par une frappe israélienne vendredi, au 18ème jour de l'opération «Bordure Protectrice» dans la bande de Gaza, le bilan dépasse désormais les 800 morts palestiniens, en majorité des civils. Au total 181 enfants ont été tués et 1200 blessés, selon l'Unicef.

Côté israélien, 32 militaires et deux civils ont été tués, ainsi qu'un ouvrier agricole thaïlandais.

Le lourd bilan des pertes civiles suscite d'âpres critiques contre Israël. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a diligenté une enquête sur de possibles «crimes de guerre» commis par l'armée tout en dénonçant les attaques aveugles du Hamas en Israël.

Cela a provoqué la colère du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a dénoncé «une parodie de justice» et a de nouveau accusé le Hamas d'utiliser la population de Gaza comme «bouclier humain».

Après avoir rencontré le premier ministre israélien, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond a prévenu que «l'opinion publique occidentale est de plus en plus inquiète et de moins en moins compréhensive pour Israël».

Trêve élusive

Israël semble néanmoins déterminé à mener à terme son opération visant à détruire l'arsenal militaire du Hamas et de son allié du Jihad islamique, notamment les roquettes et tunnels utilisés pour les attaques au coeur de l'État hébreu.

«Nous ne ferons aucun compromis sur cet objectif», a prévenu le ministre de l'Intérieur Gideon Saar. Youval Steinitz, chargé du Renseignement a même évoqué «l'option de la prise de contrôle de la bande de Gaza», gouverné par le Hamas depuis 2007.

Avant d'étudier tout cessez-le-feu, le mouvement islamiste exige une levée du blocus imposé depuis 2006.

«Nous voulons un cessez-le-feu dès que possible, parallèlement à la levée du siège de Gaza», a affirmé le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, dans un entretien jeudi à la BBC.

«Nous voulons un aéroport, un port, nous voulons nous ouvrir au monde. Nous ne voulons pas être contrôlés par une frontière qui fait de Gaza la plus grande prison du monde», a-t-il ajouté.

Malgré le fracas des armes, l'espoir de cessez-le-feu qu'avait fait naître le secrétaire d'État américain John Kerry mercredi, est toujours vivant, a assuré le président palestinien Mahmoud Abbas après avoir rencontré le roi Abdallah de Jordanie. Il a demandé que soit appuyée la proposition égyptienne de cessez-le-feu rejetée par le Hamas la semaine dernière.

M. Kerry a tenté d'amener le Qatar et la Turquie, alliés du Hamas, à faire pression sur le mouvement islamiste pour qu'il accepte l'offre égyptienne mais «les divergences persistent».

«Nous avons encore du travail à faire. J'ai certainement du travail à faire ce soir», a admis M. Kerry tard jeudi soir au Caire.

Selon la radio publique israélienne, le cabinet de sécurité devrait se réunir vendredi pour discuter du cessez-le-feu. «Si le Hamas accepte la proposition américaine, il n'est pas impossible qu'il y ait aussi une décision israélienne pour l'accepter», a indiqué la radio en citant une source israélienne anonyme.




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