«Ne menacez jamais un Iranien!»

Reconnu comme étant un diplomate expérimenté et d'ordinaire... (PHOTO CARLOS BARRIA, REUTERS)

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Reconnu comme étant un diplomate expérimenté et d'ordinaire toujours souriant, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif se serait emporté lundi, rapporte la presse iranienne.

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Agence France-Presse
VIENNE

Généralement qualifiées de «cordiales», les intenses négociations sur le nucléaire à Vienne connaissent aussi des éclats de voix, le ministre iranien ayant été jusqu'à lancer : «Ne menacez jamais un Iranien!», selon des médias de son pays mercredi.

L'incident, qui fait les délices de la twittosphère, n'a été démenti par aucune des parties.

À une réunion plénière lundi au palais Coburg, qui abrite depuis 12 jours les négociations, la haute représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini laisse échapper : «Si c'est comme ça, on va tous rentrer à la maison.»

Son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, un diplomate expérimenté et d'ordinaire toujours souriant, réplique : «Ne menacez jamais un Iranien!». Et le Russe Sergueï Lavrov d'ajouter : «Ni un Russe!», selon le récit fait par plusieurs médias iraniens, dont l'agence officielle de presse Irna.

L'altercation est survenue à un moment où les grandes puissances et l'Iran, qui tentent depuis plus de 20 mois de régler ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis une décennie, abordaient un des points sensibles de la négociation : l'embargo onusien sur les armes qui frappe l'Iran depuis 2010.

Opposées à une levée de cet embargo, les grandes puissances ont évoqué le rôle potentiellement déstabilisateur de l'Iran au Proche et Moyen-Orient. M. Zarif, 55 ans, se serait alors mis en colère, lançant en substance à ses homologues : «Je devrais tous vous traîner devant une cour internationale pour votre soutien à Saddam Hussein», pendant le conflit irako-iranien dans les années 1980.

L'incident n'a pas été officiellement confirmé. Mais un haut responsable occidental a reconnu «un échange de vues très animé», des termes correspondant à un coefficient élevé d'altercation sur l'échelle de Richter du langage diplomatique.

Au cours d'une négociation-marathon telle que celle menée depuis près de deux semaines à Vienne, un tel incident n'a rien d'anormal en soi et fait partie d'une dramaturgie bien comprise, selon des observateurs.

Une porte-parole de Mme Mogherini a d'ailleurs tweeté mercredi que les relations entre les parties réunies à Vienne étaient «fondées sur l'ouverture, la franchise et le respect mutuel». M. Zarif a de son côté souligné le rôle «positif et constructif» de Mme Mogherini, et le «respect mutuel» qui gouvernait leur relation.

Connu pour son tempérament passionné et sa voix sonore, M. Zarif a trouvé un partenaire de choix en son homologue américain John Kerry.

Dans un incident distinct cette semaine, les deux hommes, réunis en tête-à-tête, ont en effet tant élevé la voix que les murs du Coburg ont tremblé, selon une source diplomatique. Un proche du secrétaire d'État s'est finalement permis d'entrouvrir la porte pour suggérer de baisser le ton, la confidentialité de l'entretien étant en péril...

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