Dernière étape à Vienne pour un accord sur le nucléaire iranien

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Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif (à droite) retrouvera, samedi à Vienne, le secrétaire d'État américain John Kerry (à gauche).

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Christophe SCHMIDT
Agence France-Presse
VIENNE

C'est, en principe, la dernière fois : l'Iran et les grandes puissances entament cette fin de semaine à Vienne un marathon de négociations pour solder le dossier nucléaire iranien, l'un des plus épineux de la diplomatie actuelle.

Après de longues années de tensions et 20 mois de discussions acharnées, ils vont s'efforcer de mettre le point final à un accord souvent qualifié d'historique. Le délai limite est mardi 30 juin, et le succès n'est en rien garanti.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif et son homologue français Laurent Fabius sont attendus samedi dans la capitale autrichienne, où ils retrouveront le secrétaire d'État américain John Kerry, arrivé quelques heures plus tôt. Les autres ministres du groupe «5+1» (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) devraient suivre.

Leur objectif commun : garantir pour l'avenir que le programme nucléaire de la République islamique sera uniquement civil, en échange d'une levée des nombreuses sanctions internationales qui entravent depuis 2005 l'économie iranienne.

Le soupçon, toujours démenti par l'Iran, que ce pays chercherait à s'équiper de l'arme nucléaire empoisonne les relations internationales depuis douze ans.

Dans la région, la perspective d'une bombe iranienne effraie Israël, mais aussi les grands rivaux sunnites de l'Iran chiite, en premier lieu l'Arabie saoudite.

Rapprocher Téhéran et Washington

Un accord serait aussi le premier pas d'une possible réconciliation entre la République islamique et les États-Unis, brouillés depuis 35 ans. Il ouvrirait la perspective de coopérations face au chaos en Syrie, en Irak et ailleurs.

Il aurait, également, un impact sur le marché mondial de l'énergie, en libérant les immenses réserves iraniennes d'hydrocarbures.

À l'entrée de la dernière ligne droite, les parties font monter les enchères, le guide suprême Ali Khamenei réaffirmant les «lignes rouges» de l'Iran, et John Kerry rappelant qu'un échec reste possible.

L'ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nucléaire, a exigé la levée «immédiate» des sanctions économiques de l'ONU et des États-Unis en cas d'accord, et réitéré son refus de toute inspection des «sites militaires».

Il a aussi dit sa méfiance envers l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU chargé de vérifier en Iran l'application de l'accord espéré.

«On déterminera dans les derniers jours si, oui ou non, les questions en suspens sont traitées. Si (l'Iran) n'y répond pas, il n'y aura pas d'accord», a répliqué à distance John Kerry.

Concessions

La France et le Royaume-Uni répètent de leur côté que tout accord devra comprendre un accès «si nécessaire» à des sites militaires.

En dehors même de ces points de discorde, l'accord s'annonce techniquement très complexe. Les experts et les diplomates, qui se trouvent déjà à Vienne depuis le début du mois, tablent sur un document de 40 à 50 pages, dont chaque détail est susceptible d'être négocié pied à pied.

Au fil de milliers d'heures de pourparlers, l'Iran a déjà lâché d'importantes concessions, qui ont permis de conclure un pré-accord début avril à Lausanne.

En pratique, Téhéran devra réduire ses capacités nucléaires en se débarrassant d'un grand nombre de ses centrifugeuses - les machines qui permettent d'enrichir l'uranium.

Les grandes puissances ont calculé que cette diminution porterait à au moins un an, au lieu de quelques mois en 2013, le temps qu'il faudrait au pays pour produire du matériau en quantité suffisante pour confectionner une bombe nucléaire.

Pour s'en assurer, elles misent sur un régime serré d'inspections, conduites sur les sites iraniens par l'AIEA.

En cas d'infraction, elles veulent que les sanctions contre l'économie iranienne puissent être rétablies facilement.

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