Nucléaire iranien: les négociations internationales reprendront le 25 mars

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Le secrétaire d'État américain John Kerry s'entretient avec et homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Photo Brian Snyder, Reuters

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Nicolas REVISE, Simon STURDEE
Agence France-Presse
LAUSANNE

Les grandes puissances et l'Iran reprendront mercredi prochain leurs négociations sur le programme nucléaire de Téhéran, ont annoncé vendredi l'Iran et les États-Unis, après une semaine de tractations qui n'ont pas permis de sceller d'accord avant l'échéance du 31 mars.

Le secrétaire d'État John Kerry, qui a passé la semaine à Lausanne avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, sera en outre samedi à Londres pour consulter ses homologues français, allemand et britannique, avant de rentrer à Washington.

Dès la fin, vendredi, des négociations marathon dans un palace de la ville suisse, le président des États-Unis Barack Obama, en première ligne sur le nucléaire iranien, a exhorté Téhéran à oeuvrer au retour de trois Américains emprisonnés et d'un quatrième porté disparu en Iran. L'un des nombreux contentieux entre ces deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 35 ans.

En outre, le président français François Hollande devait s'entretenir dans l'après-midi avec son homologue américain : «La France veut un accord avec l'Iran pour permettre qu'il y ait une pleine confiance» sur «le renoncement par l'Iran à l'arme nucléaire», a affirmé M. Hollande. Paris est considéré comme le plus dur au sein du groupe dit des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) qui négocie avec la République islamique.

Les grandes puissances et Téhéran cherchent à sceller d'ici fin mars un accord dit «politique» qui garantirait que l'Iran n'ait jamais la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions.

Dès la fin de leurs discussions, Téhéran et Washington ont annoncé la reprise des négociations internationales à partir du 25 mars.

«Il est maintenant nécessaire d'avoir plus de consultations et de coordination», a plaidé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. John Kerry a confirmé que les pourparlers reprendraient «mercredi».

A la suite «d'intenses discussions avec l'Iran cette semaine (...) Il est important de nous consulter à haut niveau avec nos partenaires», a souligné la porte-parole du département d'Etat Marie Harf, en allusion à la réunion, samedi à Londres, entre M. Kerry, le Britannique Philip Hammond, l'Allemand Frank Walter Steinmeier et le Français Laurent Fabius.

Le ministre américain a aussi eu au téléphone ses homologues chinois Wang Yi et russe Sergueï Lavrov.

La délégation iranienne doit rentrer vendredi à Téhéran pour la fête du Norouz, le Nouvel An iranien, qui commence samedi.

«Occasion historique»

Plus tôt, Barack Obama avait appelé l'Iran à saisir l'«occasion historique» de conclure un accord sur son programme nucléaire controversé qui empoisonne la communauté internationale depuis plus de 12 ans.

«Les jours et les semaines à venir seront cruciaux. Les négociations ont progressé mais des différends demeurent», avait souligné le président Obama dans un message vidéo, sous-titré en farsi, à l'occasion du Norouz. «Je suis convaincu que nos pays ont une occasion historique de régler ce problème de manière pacifique, il ne faut pas la manquer», avait plaidé le président.

M. Zarif lui a répondu qu'il était «grand temps pour les États-Unis et leurs alliés de choisir : pression ou accord».

Le groupe des 5+1 et l'Iran qui négocient dans ce format depuis 18 mois avaient conclu en novembre 2013 un accord provisoire.

En cas de règlement politique fin mars, les parties sont convenues de finaliser au 30 juin-1er juillet tous les détails techniques d'un texte complet. L'accord-cadre politique fixerait les grands chapitres pour garantir le caractère pacifique des activités nucléaires iraniennes. Il établirait le principe du contrôle des infrastructures de l'Iran, la durée de l'accord et le calendrier d'une levée progressive des sanctions.

Sur ce dernier point, Téhéran et les 5+1 s'affrontent.

L'Iran voudrait une levée en une seule fois et immédiatement des sanctions de l'ONU concernant la prolifération nucléaire; ainsi que la suspension des mesures punitives prises par les États-Unis et l'UE qui étouffent Téhéran économiquement et l'isolent diplomatiquement.

Il y a aussi divergence sur la durée de l'accord - dix ou quinze ans - et sur la période dite de «breakout time» - un an - qui laisserait assez de temps au groupe des 5+1 pour réagir si l'Iran violait ses engagements. Autre point de discorde : la capacité d'enrichissement de l'uranium qui serait laissée à l'Iran et donc le nombre des centrifugeuses. Le chiffre de 6000 est évoqué depuis des semaines.

Le président Obama a promis qu'il ferait tout, y compris militairement, pour empêcher l'Iran d'avoir la bombe. Mais depuis 2013, il mise sur la diplomatie et a fait d'un rapprochement avec la puissance chiite une priorité, ce qui met en rage Israël et le Congrès américain. Une proposition de loi de sénateurs sur l'Iran sera d'ailleurs examinée le 14 avril par une commission du Sénat.

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