Nucléaire iranien: des progrès mais rien n'est joué

Le secrétaire d'État amÉricain John Kerry et son... (Photo: AP)

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Le secrétaire d'État amÉricain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a Genève en janvier dernier.

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Nina LARSON, Pierre TAILLEFER, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
Genève et Washington

Les États-Unis et l'Iran ont fait état lundi de progrès dans leurs négociations à Genève sur le programme nucléaire de Téhéran même si rien n'est joué pour sceller fin mars un accord international après une décennie de tensions.

La pression monte sur l'Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) avant la date-butoir du 31 mars et les directeurs politiques de ces gouvernements doivent se revoir début mars en Suisse, probablement en présence du secrétaire d'État John Kerry et de son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Les rencontres à Genève, dimanche et ce lundi, entre ces deux ministres et les réunions avec les autres pays impliqués, sous l'égide de l'Union européenne, «ont été productives (mais) il reste du travail», a résumé à Washington la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki.

Un diplomate américain à Genève a admis qu'«il y avait encore des questions très difficiles» à régler.

De même, selon M. Zarif «des progrès ont été réalisés sur certains sujets mais il y a encore un long chemin pour arriver à un accord final». Il s'est félicité de négociations «sérieuses, utiles et constructives avec les pays du 5+1, en particulier avec la partie américaine».

L'Iran et les grandes puissances tentent de s'entendre sur un règlement d'ici au 31 mars qui autoriserait Téhéran à réaliser certaines activités nucléaires civiles mais qui l'empêcherait de se doter de la bombe atomique. Une arme nucléaire iranienne est un chiffon rouge pour les Occidentaux et pour Israël.

Les détails techniques de cet accord politique devraient être finalisés avant le 1er juillet. En échange, les sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne seraient progressivement allégées. Mais Téhéran réclame qu'elles soient levées en une seule fois et refuse un règlement «en deux étapes».

Les grandes puissances et l'Iran discutent depuis 2003 pour régler ce casse-tête qui empoisonne la communauté internationale.

La phase la plus cruciale des négociations a redémarré à l'automne 2013 après une conversation téléphonique historique entre les présidents américain et iranien Barack Obama et Hassan Rohani.

Washington a fait d'un rapprochement avec Téhéran l'une des priorités de sa politique étrangère.

Après des tractations secrètes en 2011-2012, les deux ennemis sans relations diplomatiques depuis 35 ans ont officialisé leurs discussions bilatérales sur le nucléaire. Jusqu'à ce que le 5+1 et Téhéran signent un accord intérimaire en novembre 2013, prolongé depuis à deux reprises jusqu'en mars prochain.

Afin d'accélérer les pourparlers, «les directeurs politiques» des pays concernés se reverront «à partir de lundi prochain», le 2 mars, en Suisse et «le secrétaire d'État pourrait certainement participer à un moment donné aux discussions», a précisé Mme Psaki.

M. Zarif, qui affiche depuis des mois sa bonne entente avec John Kerry, a précisé qu'il reviendrait justement en Suisse lundi prochain pour la session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. «Je serai présent à cette réunion» du 5+1 et de Téhéran, a assuré le ministre iranien.

«Pression mais pas précipitation» 

À Washington, la Maison-Blanche a une nouvelle fois estimé à «50/50, au mieux» les chances d'aboutir à un accord.

«Nous sentons tous de la pression, aucun doute là-dessus», a reconnu le diplomate américain à Genève. «Mais cela ne veut pas dire que nous allons nous précipiter vers un accord qui ne réponde pas aux objectifs», a décrypté ce cadre du département d'État.

L'un des négociateurs iraniens, le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a lui aussi souligné, selon la télévision iranienne, que «le fossé existe toujours, les différences existent (...) nous n'avons pas encore de solutions complètes sur les questions clés».

Son ministre Zarif a quitté Genève lundi soir pour Bagdad, tandis que M. Araghchi devait rejoindre Vienne pour rencontrer mardi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukya Amano. L'agence onusienne enquête depuis plusieurs années sur «une possible dimension militaire» du programme iranien.

Un des points clés du texte final sera la quantité d'uranium que l'Iran sera autorisé à enrichir et le nombre et type de centrifugeuses dont il pourra disposer. Conformément à l'accord provisoire de 2013, l'Iran a dilué la moitié de son stock d'uranium enrichi à 20% dans de l'uranium enrichi à 5%. Le procédé d'enrichissement à 20% est techniquement proche de celui qui permet d'enrichir au niveau nécessaire pour fabriquer la bombe atomique (90%).

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique, assurant que son programme nucléaire ne vise qu'à fournir de l'électricité et à servir dans la recherche médicale et scientifique.

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