Les négociations sur le nucléaire iranien prolongées jusqu'à l'été

De gauche à droite : les chefs des diplomaties... (PHOTO LEONHARD FOEGER, REUTERS)

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De gauche à droite : les chefs des diplomaties des États-Unis (John Kerry), de la Grande-Bretagne (Philipp Hamond), de la Russie (Sergei Lavrov), de l'Iran (Javad Zarif) et de l'Allemagne (Frank-Walter Steinmeier), à Vienne, le 24 novembre.

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Nucléaire iranien

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Christophe SCHMIDT, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
VIENNE

L'Iran et les grandes puissances ont manqué lundi une rare occasion de conclure un accord sur le dossier nucléaire, un revers à l'issue duquel Washington et Téhéran ont assuré que rien n'était perdu, la négociation se trouvant à nouveau prolongée de sept mois.

Le président iranien, Hassan Rohani, a même affirmé que les négociations - dont son pays a tant besoin pour relancer son économie - aboutiraient à un accord définitif à l'issue du nouveau délai, fixé au 1er juillet 2015.

Les dernières discussions à Vienne ont permis de «régler la plupart des différends», a affirmé ce dirigeant modéré, qui avait été avare de ses paroles ces derniers jours. Comme en écho, John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a évoqué «des progrès importants».

Reste qu'après une semaine de tractations ininterrompues, «il n'a pas été possible d'obtenir un accord», comme l'a reconnu le secrétaire au Foreign Office Philip Hammond en annonçant la prolongation des discussions.

Ce résultat, qui préserve les chances du dialogue, est aussi un échec par rapport à l'ambition longtemps proclamée de clore le dossier lundi soir. Il risque de renforcer les intransigeants qui, à Washington et à Téhéran surtout, contestent l'intérêt de négocier.

Le groupe «5+1» (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de mettre fin à douze ans de tensions internationales sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Sept mois de plus

Les grandes puissances exigent que l'Iran réduise ses capacités nucléaires, afin d'exclure la possibilité qu'il dispose un jour de la bombe atomique. Téhéran soutient que son programme est pacifique, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète, et demande la levée des sanctions économiques occidentales.

Un accord complet lundi soir aurait redonné du souffle à l'économie iranienne, grâce entre autres à la levée de l'embargo occidental sur le pétrole. Il offrirait aussi des perspectives de normalisation entre l'Iran et l'Occident, voire des coopérations sur l'Irak et la Syrie.

La République islamique et le «5+1» vont désormais prolonger de sept mois l'accord intérimaire signé il y a un an à Genève, qui avait permis de lancer la négociation.

Leur nouveau plan prévoit une première période «politique» d'environ trois mois, suivie d'une phase d'affinage des détails jusqu'en juin.

Comme c'était déjà le cas depuis un an, l'Iran va bénéficier d'un dégel de ses avoirs à hauteur de 700 millions de dollars par mois (564,2 millions d'euros) pendant cette période, et s'abstiendra en échange d'une partie de ses activités nucléaires.

Abandonner serait «stupide»

«Nous serions stupides d'abandonner», a assuré John Kerry en anticipant les réactions négatives à l'absence d'accord. Le secrétaire d'État américain a insisté devant la presse pour obtenir le soutien du Congrès américain, où siègent de nombreux parlementaires sceptiques envers la politique étrangère du président Barack Obama.

M. Kerry a cependant admis que la négociation serait toujours «difficile», et a averti que le plan pourrait être remis en cause au printemps, si la phase «politique» des négociations ne permettait pas d'avancées suffisantes.

Après sept jours de pourparlers frénétiques à Vienne entre les sept pays concernés, sous l'égide de la négociatrice de l'Union européenne Catherine Ashton, les positions sur l'enrichissement d'uranium par l'Iran et les sanctions occidentales contre Téhéran sont encore irréconciliables. Ce sont les deux points cruciaux d'un règlement politique complet.

Lundi, une ultime réunion du chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avec ses homologues américain John Kerry, chinois Wang Yi, français Laurent Fabius, britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov et allemand Frank-Walter Steinmeier n'a servi qu'à entériner l'échec de leurs efforts et à valider le principe d'une prolongation.

Dans une allocution télévisée, le président iranien Hassan Rohani a assuré lundi soir que son pays «poursuivrait les négociations avec sérieux jusqu'à parvenir à un accord final». «Une grande partie du chemin a été parcouru», a-t-il ajouté, tout en rappelent que l'Iran ne renoncerait pas à ses «droits» nucléaires.

La prolongation des pourparlers sera délicate politiquement pour lui-même et Barack Obama, tous deux aux prises avec ce que l'analyste Kelsey Davenport, interrogée par l'AFP, appelle «les durs qui, à Washington comme à Téhéran, veulent saboter l'accord».

Ali Vaez, un autre expert officiant pour l'International Crisis Group, estime quant à lui que la négociation entre l'Iran et les grandes puissances est devenue «trop importante pour échouer.»

Interrogé par l'AFP sur l'échec enregistré à Vienne, il a jugé que «ce qu'il y a de plus important dans ces négociations est intact, à savoir la volonté politique forte des deux côtés de voir ce dossier résolu».

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