Négociations à haut risque sur le nucléaire iranien

Le ministre des Affaires étrangères américain John Kerry... (PHOTO RONALD ZAK, AFP)

Agrandir

Le ministre des Affaires étrangères américain John Kerry (à droite) et son homologue iranien Javad Zarif se sont serré la main, hier, à Vienne, sous le regard de l'ancienne chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton.

PHOTO RONALD ZAK, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Nucléaire iranien

International

Nucléaire iranien

Consultez notre dossier sur le nucléaire iranien »

Le secrétaire d'État américain John Kerry est arrivé hier à Vienne pour participer de vive voix à de cruciales négociations sur le programme nucléaire iranien. Les parties au dossier se sont données jusqu'à dimanche pour parvenir à un accord global devant permettre de clore cet épineux dossier après des années de tension.

Q: Sur quoi portent les négociations?

R: Le programme nucléaire iranien, dévoilé en 2002, suscite depuis plusieurs années l'inquiétude des États-Unis et de plusieurs autres pays occidentaux qui accusent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Le régime iranien maintient pour sa part que le programme en question vise simplement à lui permettre de répondre à ses besoins énergétiques. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a mené enquête sans tirer de conclusion définitive à ce sujet. Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté plusieurs résolutions demandant à l'Iran de cesser d'enrichir de l'uranium, imposant des sanctions qui ont été renforcées par Washington et ses alliés européens il y a quelques années. Un plan d'action historique a été conclu en janvier 2014 pour dénouer la crise, mais plusieurs points sensibles ont alors été laissés en suspens en attendant la poursuite des négociations. On a fixé le 24 novembre comme date butoir pour les résoudre.

«Les pays du groupe P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) qui négocient avec Téhéran veulent s'assurer, grâce à l'accord, que l'Iran ne sera pas capable de produire rapidement l'uranium enrichi requis pour une arme atomique.»


Q: Quels sont les objectifs poursuivis de part et d'autre?

R: Les pays du groupe P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) qui négocient avec Téhéran veulent s'assurer, grâce à l'accord, que l'Iran ne sera pas capable de produire rapidement l'uranium enrichi requis pour une arme atomique. Selon Daryl Kimball, de l'Arms Control Association, ils veulent aussi que l'AIEA soit dotée de pouvoirs d'inspection élargis pour pouvoir identifier rapidement toute activité suspecte et intervenir à temps pour «perturber» au besoin le processus de production d'une arme atomique. L'Iran, de son côté, veut obtenir le plus rapidement possible la levée des sanctions contre le pays pour relancer son économie tout en préservant son programme nucléaire «dans une forme et une taille à définir» ainsi que sa capacité de production énergétique, note M. Kimball.

Q: Quels sont les principaux points en litige?

R: Selon Daryl Kimball, de l'Arms Control Association, des pas importants ont été franchis dans les derniers mois sur plusieurs questions mais «rien n'est réglé tant que tout n'est pas réglé». Parmi les points les plus délicats à résoudre figure la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran, qui dispose d'environ 20 000 centrifugeuses pouvant servir à produire la matière fissile requise dans une arme nucléaire. James Walsh, spécialiste du dossier nucléaire iranien au Massachusetts Institute of Technology (MIT), note que les négociateurs du P5+1 veulent réduire sensiblement le nombre de centrifugeuses disponibles. La question a une importance «plus politique que technique», dit-il, puisque aucun des deux camps ne veut donner l'impression qu'il a fait des compromis trop importants à ce sujet. La vitesse à laquelle les sanctions contre l'Iran seront retirées en cas d'accord global est un autre point sensible, relève l'expert.

Q: Quel serait l'impact d'un échec des pourparlers?

R: James Walsh, du MIT, pense que les pourparlers en cours à Genève représentent une occasion cruciale pour résoudre durablement le conflit. Tout nouveau délai dans l'obtention d'un accord global viendrait sensiblement compliquer les choses puisque le président américain Barack Obama et son homologue iranien Hassan Rohani risqueraient de voir leur position politique s'affaiblir sensiblement dans les mois qui viennent, prévient-il. Le chef d'État américain doit notamment composer avec le fait que le camp républicain, favorable à une approche plus musclée face à l'Iran, reprendra le contrôle du Sénat en janvier et risque d'en profiter pour tenter d'imposer de nouvelles sanctions. Selon M. Walsh, l'Iran rétorquerait immédiatement, par exemple en reprenant ses activités d'enrichissement d'uranium, entraînant une dangereuse «spirale». Une impasse durable est susceptible par ailleurs de galvaniser l'aile dure iranienne face au président Rohani, qui a besoin de la levée des sanctions et de la relance de l'économie pour renforcer la position des réformistes au sein du régime, note Daryl Kimball, de l'Arms Control Association.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer