Nucléaire: l'Iran proteste contre les nouvelles sanctions américaines

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Le président iranien Hassan Rohani.

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Cyril JULIEN
Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Le président iranien Hassan Rohani a dénoncé samedi les nouvelles sanctions américaines contre son pays, estimant qu'elles renforçaient la méfiance, tout en soulignant sa volonté de poursuivre les négociations nucléaires avec les grandes puissances.

Vendredi, les États-Unis ont imposé des sanctions contre plus de 25 entités et entreprises ainsi que des individus accusés de favoriser le programme nucléaire controversé iranien et de soutenir le «terrorisme», avec l'objectif de «maintenir la pression» sur Téhéran.

L'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) ont conclu un accord intérimaire nucléaire de six mois renouvelable, entré en application le 20 janvier. En juillet, ils se sont donné quatre mois supplémentaires, jusqu'au 24 novembre, pour sceller un accord définitif qui doit permettre de garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien en échange de la levée totale des sanctions occidentales et de l'ONU qui asphyxient l'économie iranienne depuis plusieurs années.

Les puissances occidentales et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique, alors que Téhéran affirme que son programme nucléaire est purement civil.

«Les Iraniens n'ont aucune confiance dans les États-Unis» et les nouvelles sanctions, «contraires aux engagements (mutuels) et à l'accord nucléaire de Genève», «renforcent cette méfiance», a déclaré M. Rohani.

«Certaines sanctions comme celles contre les médicaments ou les produits alimentaires sont des crimes contre l'humanité», a-t-il estimé lors d'une conférence de presse. «Nous combattons et contournons les sanctions imposées à l'Iran et nous en sommes fiers, car ces sanctions sont illégales».

Un accord possible

Quelques heures plus tôt, le vice-ministre des Affaires étrangères et l'un des principaux négociateurs iraniens, Majid Takht-Ravanchi, a dénoncé «la duplicité des Américains (qui) est totalement inacceptable».

«On ne peut pas d'un côté dire qu'on négocie avec de la bonne volonté et de l'autre côté utiliser de tels moyens», a-t-il dit.

M. Rohani a cependant affirmé que l'Iran poursuivrait les négociations nucléaires, qu'il a qualifiées de «compliquées», avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), faisant état de «trois ou quatre questions difficiles».

«Nous allons poursuivre les négociations (...) Si l'autre partie ne fait pas de demande excessive et fait preuve de sincérité et de sérieux comme la partie iranienne, nous pourrons aboutir à un accord», a ajouté M. Rohani.

Il a ajouté qu'il n'était pas «pessimiste» quant à la possibilité d'un accord. «Le travail est plus difficile, car nous voulons aboutir à un accord final, mais nous n'avons jamais été pessimistes et nous ne le sommes pas aujourd'hui et nous ne le serons pas demain, même si la tâche est difficile».

Ces négociations doivent reprendre la semaine prochaine avec une rencontre entre le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui représente le groupe 5+1, et se poursuivre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York durant le mois de septembre.

Aucun projet de rencontre avec Obama

À ce sujet, M. Rohani a déclaré n'avoir «aucun projet» de rencontre avec le président américain Barack Obama en marge de l'Assemblée générale.

La crise du nucléaire empoisonne les relations de l'Iran avec la communauté internationale depuis plus de dix ans.

Les négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 achoppent surtout sur la capacité d'enrichissement iranien; les États-Unis et les pays européens demandent à l'Iran de diviser par quatre le nombre de ses centrifugeuses, ce que Téhéran refuse.

L'Iran veut en fait augmenter par dix sa capacité d'enrichissement d'ici 2021 pour répondre officiellement à ses besoins pour fabriquer le combustible nécessaire pour la centrale de Bouchehr construit par les Russes.

L'enrichissement de l'uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité, mais aussi -poussé à un niveau élevé- à la fabrication d'une arme atomique.

Le président évite une question sur un reporter du Washington Post arrêté

Le président iranien Hassan Rohani n'a pas voulu répondre à une question sur un journaliste du Washington Post détenu dans la République islamique.

Au cours d'une conférence de presse, samedi, un journaliste a posé une question mentionnant la détention du reporter Jason Rezaian. Ce dernier, en compagnie de sa femme Yeganeh Salehi, une correspondante pour le quotidien The National, un journal d'Abu Dhabi, sont en prison depuis plus d'un mois.

Plutôt que de discuter de la détention de M. Rezaian, M. Rohani a indiqué qu'une pluralité de points de vue existait en Iran, et qu'il fallait que les institutions et les organismes posaient des gestes qui entraînaient des actions dans leur cadre de fonctionnement.

Il n'était pas clair si le président répondait à une partie de la question portant sur la démission forcée de son ministre des Sciences par le Parlement.

Des responsables iraniens n'ont pas donné d'explication officielle à propos de la détention du couple de journalistes.

Avec l'Associated Press




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