Course contre la montre dans les négociations sur le nucléaire iranien

La représentante diplomatique de l'Union européenne, Catherine Ashton... (PHOTO HEINZ-PETER BADER, REUTERS)

Agrandir

La représentante diplomatique de l'Union européenne, Catherine Ashton et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à Vienne, le 17 juin.

PHOTO HEINZ-PETER BADER, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Nucléaire iranien

International

Nucléaire iranien

Consultez notre dossier sur le nucléaire iranien »

Christophe SCHMIDT
Agence France-Presse
VIENNE

La négociation d'un accord sur les contours du programme nucléaire iranien s'est accélérée mardi à Vienne, où les parties mettent les bouchées doubles dans l'espoir d'aboutir avant la date-butoir du 20 juillet.

«Tout le monde est bien conscient que l'on entre dans une phase pour le moins intense des négociations», a rapporté dans la journée Michael Mann, le porte-parole de la représentante diplomatique de l'Union européenne, Catherine Ashton.

«Je n'imagine pas qu'il n'y ait pas, d'une façon ou d'une autre, une forme de réunion tous les jours d'ici au 20 juillet», a assuré de son côté un responsable américain.

Une première session plénière a eu lieu dans la journée, précédée de réunions bilatérales.

Lundi, l'arrivée des délégations iranienne et américaine avait permis à ces deux pays brouillés depuis plus de trente ans d'avoir un rare dialogue sur un sujet autre que le nucléaire, en l'occurrence le sort de l'Irak, leur allié commun qui est sous la menace immédiate d'une poussée djihadiste.

Cela ne devrait plus se produire a priori d'ici la fin de la semaine de négociation à Vienne, les deux parties ayant souligné que tous leurs efforts seraient consacrés à la quête acharnée d'un accord sur le nucléaire.

Après dix ans de soupçons, de tension et d'invectives sur la vraie nature du programme atomique iranien, la République islamique a accepté l'hiver dernier, en échange d'un assouplissement des sanctions internationales contre son économie, de négocier d'ici au 20 juillet un accord qui pourrait convaincre le reste du monde qu'elle ne cherche pas à s'équiper de la bombe nucléaire.

Depuis février, des experts nucléaires et des diplomates iraniens retrouvent chaque mois à Vienne leurs homologues du «5+1» (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie + Allemagne), ces derniers présentant un front uni sous la houlette de Catherine Ashton.

Les conversations se déroulent en anglais, une langue bien maîtrisée notamment par le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Aucun détail ne filtre de ce travail de fourmi, mené sur un dossier extrêmement complexe et technique.

Les deux parties ont commencé en mai, très partiellement, à rédiger le texte d'un éventuel accord... pour constater que leurs positions restaient très éloignées sur les sujets les plus décisifs.

«Il y a encore beaucoup de travail», convenait à la veille des retrouvailles à Vienne une source diplomatique occidentale.

L'enrichissement d'uranium dans des centrifugeuses, qui permet à partir d'un niveau élevé d'obtenir le matériau d'une bombe atomique, est l'un des principaux enjeux de la discussion.

Selon la source occidentale, «la principale difficulté» dans les négociations est la capacité d'enrichissement que conservera l'Iran après un éventuel accord, et sur ce point, «on est loin du compte».

L'Iran affirme en revanche avoir «pratiquement réglé» la question du réacteur d'Arak, situé à 240 km au sud-ouest de Téhéran, et qui pourrait en théorie fournir à l'Iran du plutonium, une alternative à l'uranium hautement enrichi pour la fabrication d'une bombe atomique. Téhéran a proposé de modifier la conception du réacteur pour limiter le plutonium qui sera produit.

Reste que dans cette négociation, «rien n'est réglé tant que tout n'est pas réglé», souligne une source américaine. C'est pourquoi le rythme des discussions devrait encore s'accélérer dans les cinq semaines qui restent.

Les deux parties ont la faculté, d'un commun accord, de prolonger leur discussion pour six mois supplémentaires, mais cette option est politiquement risquée.

Aux États-Unis, elle expose le président Barack Obama à devoir composer avec le prochain Congrès qui sera renouvelé en novembre, et qui devrait se montrer encore plus méfiant envers un accord avec l'Iran.

Et en Iran, le temps travaille aussi contre le président Hassan Rohani, qui est sous la pression de la frange conservatrice du régime, inquiète de l'avenir du programme nucléaire.




la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer