Nouvelle-Zélande: quand le roi des Maoris snobe le prince William

Le roi Tuheitia descend du grand guerrier Potatau... (PHOTO DEAN TREML, ARCHIVES AFP)

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Le roi Tuheitia descend du grand guerrier Potatau Te Wherowhero, désigné en 1858 par plusieurs tribus pour les représenter, comme la reine Victoria représentait les colons.

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Neil SANDS
Agence France-Presse
Wellington

Choquant! Le roi maori Tuheitia Paki, un ancien chauffeur routier révéré par sa communauté malgré un titre purement honorifique, snobera William et Kate lors d'une visite royale en Nouvelle-Zélande et en Australie le mois prochain.

Le roi Tuheitia descend du grand guerrier Potatau Te Wherowhero, désigné en 1858 par plusieurs tribus pour les représenter, comme la reine Victoria représentait les colons.

William, 31 ans, deuxième dans l'ordre d'accession au trône, avait exprimé le souhait de s'entretenir avec lui dans sa résidence officielle lors de son séjour sur l'archipel du 7 au 16 avril avec son épouse Catherine, duchesse de Cambridge, et leur fils George.

Mais le monarque indigène a décliné la proposition, estimant que les 90 minutes réservées par le prince pour leur face-à-face dans son fief, sur l'île du Nord, étaient insuffisantes pour permettre une digne observance du protocole.

Son entourage a fustigé les «bureaucrates sans visage» qui ont verrouillé l'itinéraire du prince et imposé leurs conditions pour une entrevue entre les deux hommes.

«Le roi n'a jamais eu voix au chapitre», a déploré la maison royale maorie dans un communiqué publié sur son site internet.

Après mûre réflexion, «Kiingi Tuheitia» a décidé de renoncer à recevoir le petit-fils d'Élisabeth II, reine et chef d'État des dominions britanniques, dont la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

Le roi a envoyé il y a quelques semaines pour se justifier une lettre à Kensington Palace, résidence londonienne du couple princier, a précisé son cabinet en refusant néanmoins de divulguer le contenu de la missive au nom du secret diplomatique.

«Pas des bêtes de foire»

Les termes du communiqué officiel ne laissent cependant aucun doute sur les sentiments de son chef, dont la fonction n'est pas inscrite dans la Constitution et qui ne jouit d'aucun pouvoir légal.

«Un haut rangatira (chef) a fait remarquer que le roi et le Kiingitanga (son administration) ne sont pas des bêtes de foire à disposition», dit le texte.

«Nous ne sommes pas davantage enclins à compromettre notre tikanga (pratique coutumière) pour remplir un emploi du temps bouclé à l'avance. Cela mettrait notre roi dans une situation inacceptable».

Le communiqué nuance ensuite la charge en faisant valoir que le court laps de temps prévu par le prince William pour sa visite au roi maori ne permettait pas de le recevoir avec tous les honneurs dus à son rang.

La «royauté» maorie a été fondée pour faire contrepoids à la monarchie britannique et tenter d'opposer dans le nord du pays une résistance à l'occupation des terres indigènes par les colons.

Septième roi de la dynastie, il est le fils aîné de la défunte reine Te Arikinui Dame Te Atairangikaahu, dont le règne a duré 40 ans jusqu'à sa mort en 2006. Il a été couronné le 21 août de la même année.

Fort embarrassé par cette affaire, le gouvernement de Wellington a tout de même défendu le prince William.

«C'est une déception, le prince William aurait aimé se rendre à Turangawaewae», a réagi le premier ministre, John Key.

«Si vous étudiez le programme (royal), vous constatez qu'il y a très peu de rendez-vous durant plus d'une heure, encore moins 90 minutes», a-t-il déploré à la télévision.

Les Maoris, dont la culture et l'identité sont portées par la meilleure équipe de rugby au monde, les All-Blacks, représentent environ 15 % des 4,2 millions de Néo-Zélandais.

Après la Nouvelle-Zélande, William et Kate se rendront en Australie du 16 au 25 avril. Il s'agira du premier voyage royal pour George, né le 22 juillet 2013, troisième dans l'ordre de succession au trône d'Angleterre après son père et son grand-père, le prince Charles.




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