BP exclu des nouveaux contrats avec Washington

BP exploitait la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, située... (PHOTO ARCHIVES AFP/GARDE CÔTIÈRE AMÉRICAINE)

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BP exploitait la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, située à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans dans le sud des États-Unis et dont l'explosion le 20 avril 2010 avait fait onze morts et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique.

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Marée noire aux États-Unis

Consultez notre dossier sur la pire marée noire de l'histoire des États-Unis qui a souillé les côtes du golfe du Mexique. »

Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
New York

Le gouvernement américain a mis la pression sur BP mercredi en l'excluant temporairement de nouveaux contrats fédéraux à cause d'un «manque d'intégrité» lors de la marée noire de 2010 dans le Golfe du Mexique, une décision rare mais jugée symbolique par des analystes.

L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) «prend cette mesure en raison du manque d'intégrité professionnelle de BP» lors de l'explosion en avril 2010 de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon et de la marée noire qui a suivi, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

L'explosion de cette plateforme, que BP exploitait à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans dans le sud des États-Unis, avait tué 11 personnes et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le Golfe du Mexique.

BP vient d'accepter, dans un accord avec les autorités, de plaider «coupable» pour la marée noire et de payer plus de 4,5 milliards de dollars d'amende.

BP fournit notamment du carburant à l'armée. Surtout, «ils ne seront pas autorisés à faire une offre pour de nouvelles concessions (du gouvernement) dans le golfe du Mexique», explique à l'AFP James Williams, un analyste du cabinet WTRG Economics. «Mais ils pourront continuer à se développer sur leurs concessions existantes et à produire», ainsi que sur «des terrains privés», ajoute-t-il.

BP souligne également dans un communiqué séparé que la décision «n'affecte aucun contrat existant du groupe avec le gouvernement américain», relevant que, depuis la marée noire, il a obtenu «plus de 50 nouvelles concessions» gouvernementales dans la zone du Golfe du Mexique.

La portée de l'exclusion est donc surtout symbolique. M. Williams n'envisage «pas de conséquences à court terme» pour BP. «Cela pourrait avoir une influence à plus long terme si ça durait, mais j'en doute», a-t-il ajouté.

Moment pas anodin

D'après une source proche du dossier, les suspensions de l'EPA ne peuvent pas dépasser dix-huit mois. BP lui-même pense recevoir «bientôt» une proposition d'accord de l'EPA en vue de lever l'exclusion.

L'association de consommateurs Public Citizens a pour sa part applaudi la décision de l'EPA et estimé que si BP commet «d'autres infractions à la loi fédérale (...) l'exclusion devrait devenir permanente».

L'EPA a qualifié sa sanction de «pratique habituelle» quand la responsabilité d'une entreprise est mise en cause dans une procédure criminelle, visant à assurer que l'État n'entre en affaires «qu'avec des individus ou des entreprises responsables». Elle n'a toutefois donné aucune indication sur d'éventuels précédents.

«Je ne me rappelle pas qu'ils aient fait ça avant», note M. Williams.

Les analystes jugent en tout cas le moment choisi pas anodin.

«Quelques jours après que la promotion du chef de BP aux États-Unis (Lamar McKay, en poste depuis trois ans, ndlr) à la tête des activités d'exploration et de production, le signal des États-Unis sur l'intégrité de la direction a une vraie signification», juge Peter Huttin chez RBC Capital Market.

Pour M. Williams, «il est possible que le gouvernement cherche à accroître la pression sur BP, pour peut-être passer des accords sur d'autres cas».

Deux responsables de BP, Robert Kaluza et Donald Vidrine, ont plaidé non coupable d'homicides, mercredi devant un tribunal de La Nouvelle-Orléans, alors qu'ils sont accusés de ne pas avoir empêché l'explosion.

Un autre responsable de BP, David Rainey, poursuivi pour obstruction à la justice après avoir menti sur la quantité de pétrole s'échappant du puits, a aussi plaidé non coupable.

L'accord d'il y a deux semaines n'a pas non plus mis fin aux poursuites civiles, pour lesquelles un procès doit s'ouvrir en février 2013.

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