Des Floridiens divisés aux urnes

Des électeurs font la file pour voter à... (photo Scott Audette, REUTERS)

Agrandir

Des électeurs font la file pour voter à St Petersburg, en Floride, le 8 novembre.

photo Scott Audette, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Maison-Blanche 2016

International

Maison-Blanche 2016

Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Kerry SHERIDAN, Leila MACOR
Agence France-Presse
MIAMI

« Il est temps qu'une femme porte la culotte », lance Leonor Perez, 74 ans, en votant pour la démocrate Hillary Clinton près de Miami. Tous ne partagent pas son avis à travers la Floride où l'enjeu est clair: le « Sunshine State » peut décider de l'élection présidentielle américaine.

Né dans la même ville à majorité cubaine de Hialeah où votait la septuagénaire, Peter Fernandez a choisi Donald Trump. « J'apprécie ce qu'il peut apporter, sa politique migratoire et des choses comme ça », dit-il à propos du programme du candidat républicain, qui a notamment promis de construire un mur à la frontière avec le Mexique.

« Je ne sais pas trop, je n'ai pas beaucoup étudié. Mais il dit ce qu'il pense, il n'a pas peur de dire des choses qui pourraient en déranger certains », poursuit le jeune homme de 21 ans, qui travaille à la plonge dans un restaurant.

Partout en Floride, les files d'attente se sont formées dès l'ouverture des bureaux de vote à 7 h. Mais quelque 6,5 millions d'électeurs, sur les 14 millions d'inscrits, avaient déjà voté avant l'ouverture des urnes mardi, profitant des deux semaines de vote anticipé proposées dans cet État du sud-est des États-Unis.

Beaucoup espéraient ainsi éviter les longues files qui ont plombé les précédentes élections. D'autres avaient juste hâte de voter après de longs mois d'une campagne intense et extrêmement clivante.

Vote anticipé serré

« J'aurais aimé pouvoir voter en avance et plusieurs fois pour elle », plaisantait Annette Katz à propos d'Hillary Clinton, en distribuant des prospectus électoraux pour un candidat à un poste d'élu local à Miami, également en lice mardi.

Lors du vote anticipé, les démocrates ont voté en légèrement plus grand nombre pour la présidentielle, avec 2,59 millions de bulletins déposés contre 2,50 millions pour les républicains déclarés, selon la commission électorale. Quelque 1,4 million d'autres électeurs n'étaient affiliés à aucun de ces deux partis.

Rendue célèbre dans le monde entier par le dépouillement polémique de 2000, quand 537 votes avaient donné la victoire à George W. Bush face à Al Gore, la Floride a depuis tenté de remédier aux soucis techniques de l'époque, liés aux bulletins qui devaient alors être perforés. Cette fois, il s'agit de grandes feuilles de papier où les électeurs doivent encercler leurs choix avant de les scanner.

Une machine posait justement des problèmes à l'ouverture mardi dans la coquette banlieue de Palmetto Bay, près de Miami, avant d'être réparée dans la matinée.

« Responsabilité »

« Une machine n'arrivait pas à scanner le bulletin et un monsieur a commencé à crier sur le responsable du bureau de vote », témoignait Veronica, qui n'a pas voulu donner son nom de famille. Elle était venue voter avec son époux et leurs deux fillettes de six et quatre ans habillées aux couleurs américaines, avec des jupes bleues décorées d'étoiles argentées et des hauts rouge et blanc.

« Mes filles ont pu me voir voter. C'est une élection historique », a-t-elle dit.

Près d'eux, d'autres électeurs collaient sur leurs vestes des petits autocollants « I voted » (« J'ai voté ») aux couleurs du drapeau américain, portés fièrement par des dizaines de millions d'électeurs à travers les États-Unis.

Les minorités se sont exprimées en plus grand nombre lors du vote anticipé qu'elles ne l'avaient fait en 2012, surtout les électeurs hispaniques (+87 %) et noirs (+9 %) qui pourraient faire basculer l'élection en faveur de la candidate démocrate, selon les dernières données de Daniel Smith, professeur à l'Université de Floride.

Dans un bureau de vote de Little Havana, quartier historiquement cubain et touristique de Miami, une trentaine de personnes, surtout hispaniques, attendaient pour voter.

Pour cette élection au ton inédit, Norma Carcamo, serveuse originaire du Nicaragua âgée de 58 ans, a senti pour la première fois qu'elle portait « une responsabilité ».

« Trump est un homme d'affaires, il n'y connaît rien en politique, il est très raciste, il est contre l'immigration or les Latinos ont construit ce pays », dit-elle. « Hillary a plus d'expérience politique, nous devons lui donner sa chance. »

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer