Obama accuse Trump de saper la démocratie américaine

«Lorsque vous évoquez des fraudes sans la moindre... (PHOTO Susan Walsh, AP)

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«Lorsque vous évoquez des fraudes sans la moindre preuve, lorsque, durant le débat, Trump est devenu le premier candidat d'un grand parti dans l'histoire américaine à laisser entendre qu'il n'accepterait pas la défaite (...) c'est grave», a déclaré le président américain.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Leila MACOR
Agence France-Presse
MIAMI

Barack Obama a accusé jeudi Donald Trump de «saper» la démocratie américaine, alors que le candidat républicain souffle le chaud et le froid sur son éventuelle acceptation du verdict des urnes le 8 novembre.

«Lorsque vous évoquez des fraudes sans la moindre preuve, lorsque, durant le débat, Trump est devenu le premier candidat d'un grand parti dans l'histoire américaine à laisser entendre qu'il n'accepterait pas la défaite (...) c'est grave», a déclaré le président américain lors d'un rassemblement de soutien à Hillary Clinton à Miami.

«Gagner, c'est mieux. Mais quand vous perdez, vous félicitez votre adversaire (...) C'est comme cela que la démocratie fonctionne», a-t-il dit. «Il n'y a aucun moyen de truquer une élection dans un pays aussi grand. Je me demande si Donald Trump s'est déjà rendu dans un bureau de vote».

La controverse est née d'une réponse de Donald Trump lors du troisième et dernier débat de la campagne contre Hillary Clinton, mercredi à Las Vegas, à la question de savoir s'il accepterait le résultat de l'élection présidentielle, quel qu'il soit.

«Je verrai à ce moment-là», avait déclaré le républicain, ajoutant qu'il voulait entretenir le suspense.

Jeudi, en rassemblement à Delaware dans l'Ohio, le candidat républicain a corrigé le tir. Il a commencé par dire qu'il accepterait «totalement les résultats de cette grande et historique élection présidentielle si je gagne».

Puis il a ajouté: «J'accepterai un résultat clair de l'élection, mais je me réserve le droit de contester et de lancer une procédure de justice en cas de résultat douteux».

«Je me conformerai toujours aux règles et traditions suivies par tous les candidats qui m'ont précédé. Conclusion, nous allons gagner», a aussi dit Donald Trump, adoptant un ton plus conciliant, ressemblant aux explications de son équipe de campagne.

Le président du parti républicain Reince Priebus avait ainsi assuré que le milliardaire allait «accepter les résultats de l'élection (...) à moins de fraudes massives».

Le colistier de Hillary Clinton, Tim Kaine, a néanmoins qualifié sur CNN les propos de Trump «d'abomination», rappelant que «le transfert pacifique du pouvoir est un pilier de la démocratie de notre pays».

Mme Clinton, dont la cote dans les sondages est au plus haut depuis son investiture en juillet, restait discrète jeudi, envoyant au front sa carte maîtresse, le couple Obama.

«Le brouillard se lève»

Michelle Obama, populaire porte-voix d'Hillary Clinton, qui s'était fait remarquer par un discours sans ambages dans le New Hampshire où elle avait dénoncé l'attitude «effrayante» de Trump à l'égard des femmes, se trouvait dans l'Arizona.

Cet État traditionnellement conservateur suscite soudain l'intérêt des démocrates, qui se prennent à rêver de l'emporter.

L'écart entre les deux candidats se creuse en faveur de Hillary Clinton, qui recueille plus de 45% des intentions de voix contre 39% pour Donald Trump et 6,4% pour le libertarien Gary Johnson.

«Le brouillard se lève», estimait jeudi Larry Sabato, politologue de l'université de Virginie. «Hillary Clinton est en position de force dans la course pour devenir le 45e président des États-Unis».

La polémique créée par Donald Trump a éclipsé le reste du débat. Le candidat républicain s'y est montré plus méthodique et visiblement mieux préparé, multipliant les appels du pied à la base conservatrice sur des sujets comme l'avortement et l'immigration, attaquant sans relâche la démocrate sur les affaires qui la poursuivent.

Reste à savoir quelles conséquences auront les propos du candidat sur les élections législatives, qui se dérouleront le même jour que la présidentielle.

«Hillary Clinton gagnera très probablement l'élection, mais la question devient: quel sera l'effet sur les candidats républicains au Sénat et à la Chambre des représentants», souligne Robert Erikson, professeur de sciences politiques à l'université Columbia à New York.

«Les républicains ont peur de ce que fera Donald Trump dans les trois prochaines semaines», dit cet expert à l'AFP.

Après cette finale au vitriol, les deux candidats se retrouveront jeudi soir au même dîner de gala caritatif Alfred Smith à New York, une tradition où ils sont censés débiter des plaisanteries l'un sur l'autre dans une ambiance bon enfant.

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