Trump dans la tourmente avant un débat crucial contre Clinton

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Critiqué comme jamais et isolé parmi les républicains, Donald Trump traverse une zone de très fortes turbulences dans sa campagne pour la Maison-Blanche, après la publication d'une vidéo dans laquelle il tient des propos grossiers et insultants envers les femmes.

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Nancy O'Dell

Photo Jordan Strauss/Invision/ archives AP

Pendant ce temps, l'identité de la femme au coeur de ses propos a été révélée. Il s'agirait selon plusieurs médias de l'ancienne animatrice de l'émission télévisée Access Hollywood, Nancy O'Dell.

À la veille de son deuxième débat télévisé face à Hillary Clinton, Donald Trump ne parvenait toujours pas samedi à éteindre l'incendie malgré des excuses répétées à deux reprises.

La controverse a éclaté vendredi avec la publication par le Washington Post d'une vidéo datant de 2005 dans laquelle Donald Trump, alors homme d'affaires et vedette de télévision de 59 ans, est enregistré à son insu en train de parler en termes très crus de sa façon d'aborder les femmes qu'il convoite.

Il affirme notamment à un présentateur qu'en tant que star, «elles nous laissent faire. On fait tout ce qu'on veut». Un pouvoir qui inclut notamment celui de les «attraper» par le sexe - le milliardaire utilisant un mot vulgaire.

Plus tard, il affirme ne pas pouvoir s'empêcher d'embrasser les belles femmes.

La publication de l'enregistrement a fait l'effet d'une bombe dans la campagne électorale, stupéfiant les alliés républicains du candidat. Il a été contraint de publier des excuses par communiqué puis dans un message vidéo diffusé au milieu de la nuit.

«Je n'ai jamais dit que j'étais une personne parfaite, ni prétendu être une autre personne que moi-même. J'ai dit et fait des choses que je regrette, et les paroles diffusées aujourd'hui dans cette vidéo vieille de plus de dix ans en font partie. Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent pas qui je suis. Je l'ai dit, j'avais tort et je m'excuse», a déclaré le candidat républicain dans un message vidéo publié peu après minuit sur sa page Facebook.

«Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent pas qui je suis. Je l'ai dit: j'avais tort et je m'excuse», a-t-il déclaré, tout en annonçant qu'il attaquerait Hillary Clinton pour avoir rudoyé les maîtresses de son mari, Bill, dans les années 1990.

Le débat de dimanche soir s'annonce houleux, d'autant que le milliardaire avait été donné perdant de sa première confrontation avec la candidate démocrate.

Consternation républicaine

Donald Trump a déjà connu des semaines noires, notamment en août, mais il s'était relevé de ses dérapages.

La différence est que ces révélations émergent à seulement un mois du scrutin, et tandis que les Américains commencent à voter de façon anticipée.

La panique se répandait dans les rangs républicains, par crainte d'une déroute générale en novembre, quand le Congrès doit aussi être renouvelé.

Les uns après les autres, les ténors du parti se sont empressés de prendre leurs distances, notamment l'homme fort du Congrès, Paul Ryan, qui a retiré l'invitation de Donald Trump à un rassemblement samedi sur ses terres du Wisconsin.

«Je suis écoeuré par ce que j'ai entendu aujourd'hui. Les femmes doivent être défendues et admirées, pas traitées comme des objets», a dit le président républicain de la Chambre des représentants.

L'ancien candidat aux primaires républicaines Marco Rubio a estimé qu'il s'agissait de propos «vulgaires, détestables et impossibles à justifier».

Mitt Romney, candidat républicain en 2012, a dénoncé des propos «ignobles (qui) sont dégradants pour nos femmes et nos filles et abîment l'image de l'Amérique dans le monde».

Plusieurs élus, dont ceux de l'Utah, État très conservateur, ont annoncé qu'ils ne voteraient plus pour Donald Trump, sans toutefois aller jusqu'à soutenir la démocrate.

Mais très peu de personnalités républicaines ont appelé au retrait du candidat du scrutin, une éventualité peu réaliste.

Le débat, à St Louis (Missouri), devait être l'occasion pour Donald Trump de changer d'image auprès des jeunes, des minorités et des électrices, afin de leur prouver qu'il n'est pas le personnage xénophobe et sexiste dépeint par les démocrates.

«Les femmes ont le pouvoir de stopper Trump», a tweeté Hillary Clinton, en diffusant une nouvelle vidéo compilant ses paroles sexistes les plus accablantes.

Peu d'indécis

«Cette vidéo est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat, il est certain qu'on va lui poser la question», prédit Larry Sabato, politologue de l'Université de Virginie.

«Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s'en fichent», dit cet expert. «Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien».

Environ 84 millions de personnes ont suivi le premier débat, le 26 septembre, lors duquel le plan d'Hillary Clinton s'est déroulé comme prévu: projeter une image présidentielle tout en laissant Donald Trump exprimer ses penchants les plus troublants aux yeux des électeurs modérés, notamment son impulsivité et sa méconnaissance des dossiers.

À ce stade, il ne reste que 4% d'électeurs indécis, selon des sondages Quinnipiac et CBS, et Hillary Clinton a repris l'avance qu'elle avait brièvement perdue en septembre. Elle recueille environ 44% des intentions de vote contre 41% pour lui.

«L'élection est en train de se fixer, le béton est en train de durcir, il ne reste plus beaucoup d'électeurs indécis», dit Larry Sabato à l'AFP.

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