Trump reconnaît finalement qu'Obama est né aux États-Unis

Le candidat républicain réagit alors que des journalistes... (photo Mike Segar, REUTERS)

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Le candidat républicain réagit alors que des journalistes lui lancent des questions à la suite de sa déclaration par laquelle il a reconnu que le président Obama était né aux États-Unis, au nouvel hôtel Trump de Washington, le 16 septembre.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Tentant de mettre fin à une invraisemblable controverse, Donald Trump a reconnu vendredi que le président Barack Obama était bien né aux États-Unis, un « point final » qu'il refusait d'apposer depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.

« Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final », a déclaré le candidat républicain à la Maison-Blanche dans une brève déclaration à Washington, alors que la polémique sur cette théorie du complot était revenue à la une jeudi via une interview au Washington Post.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

Depuis des années et jusqu'à jeudi soir, le milliardaire refusait absolument de reconnaître le fait, documenté, que Barack Obama est né à Hawaii, d'une mère américaine et d'un père kényan.

Il avait alimenté cette théorie du complot visant à délégitimer son élection en 2008, prenant la tête d'un mouvement dit des « birthers » considéré très largement comme raciste, puisque Barack Obama est le premier président noir des États-Unis. La Constitution est ambigüe, mais beaucoup estiment qu'elle stipule que le président doit être né sur le territoire.

L'absurdité du débat sur son lieu de naissance n'a pas amusé l'intéressé, alors que l'élection de son successeur aura lieu dans 53 jours. « J'aimerais que l'élection présidentielle porte sur des sujets plus sérieux que celui-ci », a-t-il dit vendredi, consterné, depuis la Maison-Blanche où il rencontrait des élus pour parler du traité de libre-échange transpacifique (TPP).

«Il y a des racistes dans ce pays, qui n'ont jamais accepté le fait que nous avons un président noir. Et c'est ce que Trump essayait de faire, délégitimer le président, ce n'est pas une question d'être en désaccord avec lui.»

L'ex-candidat à l'investiture démocrate Bernie Sanders,
sur les ondes de CNN

Mensonge

Toute la presse politique a donc suivi, haletante, une interminable conférence de presse au nouvel hôtel Trump de Washington, où le républicain avait donné rendez-vous pour clarifier sa position.

Les chaînes d'information ont diffusé l'événement en direct, montrant d'anciens militaires défilant au podium pour louer le leadership du candidat, jusqu'à ce que le milliardaire prenne enfin la parole, dans l'une des déclarations les plus courtes de sa carrière politique.

Mais souhaitant apparemment avoir le dernier mot, il a répété le mensonge que c'était l'équipe d'Hillary Clinton qui avait créé ces rumeurs sur Barack Obama.

« Hillary Clinton et sa campagne de 2008 ont commencé la controverse des «birthers», j'y ai mis fin », a-t-il dit, une accusation maintes fois ridiculisée.

La candidate démocrate avait vu dans l'interview accordée jeudi par Donald Trump au Washington Post, l'occasion de raviver ses attaques contre le « racisme » du républicain, qui la rattrape dangereusement dans les sondages.

Il avait dit au quotidien dans cet entretien: « Je répondrai à cette question en temps voulu. Je ne veux pas encore y répondre ».

« Barack Obama est né en Amérique, c'est aussi simple que cela. Donald Trump lui doit, ainsi qu'aux Américains, des excuses », a tonné Hillary Clinton vendredi lors d'un discours devant une organisation d'Afro-Américaines à Washington, après avoir déjà dénoncé ses propos dès jeudi soir devant une organisation politique hispanique.

« Il n'y a pas de nouveau Donald Trump, il n'y en aura jamais », a-t-elle ajouté. « Imaginez quelqu'un, dans le Bureau ovale, qui propage des théories du complot et refuse de céder malgré les faits ».

Séduire l'électorat noir

Plus de 90 % des électeurs afro-américains prévoient de voter pour Hillary Clinton à l'élection présidentielle de novembre. Depuis des semaines, Donald Trump tente de remonter sa cote auprès de cet électorat, multipliant les déplacements auprès de cette communauté, notamment dans des églises noires.

« Il y a des racistes dans ce pays, qui n'ont jamais accepté le fait que nous avons un président noir », a déclaré Bernie Sanders vendredi sur CNN. « Et c'est ce que Trump essayait de faire, délégitimer le président, ce n'est pas une question d'être en désaccord avec lui ».

Il faut remonter au premier mandat de Barack Obama pour trouver les racines de cette théorie du complot que Donald Trump, alors simple homme d'affaires et vedette de télévision, a défendu avec l'intensité qui est sa marque de fabrique.

La rumeur prit tellement d'ampleur que M. Obama finit par publier son acte de naissance complet, lors d'une conférence de presse en 2011 - un geste extraordinaire que Donald Trump s'est félicité d'avoir forcé. Mais qui n'avait jamais poussé le républicain à admettre lui-même que le président était légitime.

En 2012, il a même écrit sur Twitter que, selon une source à lui, l'acte de naissance complet était falsifié. Et en 2014, il avait appelé au piratage des dossiers académiques de Barack Obama, afin de vérifier le lieu de naissance.

Dans de multiples interviews, y compris cette année et l'an dernier, il a évité la question. « Qui sait ? », a-t-il dit en janvier. « J'ai ma propre théorie sur Obama ».

Les républicains et l'équipe de campagne même du candidat ont tenté de remiser ce passé encombrant, alors que Donald Trump lance une opération de charme envers l'électorat noir, qui plébiscite aujourd'hui Hillary Clinton.

A fortiori alors que la démocrate a perdu une partie de son avance dans les sondages et est empêtrée dans sa propre controverse pour avoir qualifié la moitié des partisans de Donald Trump de « pitoyables » et xénophobes.

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