Des républicains anti-Trump voteront pour Hillary Clinton

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Maintes fois, la trêve fragile entre Donald Trump et les ténors de son parti avait failli s'effondrer depuis sa victoire aux primaires, en mai.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON et NEW YORK

Chez les républicains, le tabou du vote en faveur de la démocrate Hillary Clinton à l'élection présidentielle américaine est brisé, plusieurs personnalités de droite rejetant publiquement Donald Trump, plongé dans l'une des plus graves controverses de sa campagne à ce jour.

Maintes fois, la trêve fragile entre Donald Trump et les ténors de son parti avait failli s'effondrer depuis sa victoire aux primaires, en mai. Elle avait toutefois plus ou moins tenu, malgré les dissensions de la convention d'investiture à Cleveland il y a deux semaines.

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À ce jour, la plupart des élus républicains du Congrès, ainsi que les dirigeants du parti, continuent de soutenir sur le papier Donald Trump ou de dire qu'ils ne voteront ni pour lui ni pour Hillary Clinton.

Mais le comportement du candidat en réponse aux critiques du père d'un soldat américain musulman tué au combat en 2004 a conduit plusieurs républicains à rompre avec lui, soulignant le malaise grandissant au sein du mouvement conservateur vis-à-vis de son porte-flambeau officiel.

« Trump se comporte comme s'il était encore aux primaires, quand il y avait 17 candidats », a déploré son allié Newt Gingrich sur la chaîne Fox Business. « Il faut qu'il fasse la transition et devienne un potentiel président des États-Unis, ce qui est un niveau beaucoup plus difficile ». 

Le risque, pour le Parti républicain, est de se présenter en ordre dispersé aux élections présidentielle et législatives du 8 novembre, alors qu'Hillary Clinton dispose de l'appui inconditionnel de tout l'appareil démocrate et du président sortant, Barack Obama.

L'inquiétude des républicains concerne le choix de Donald Trump de l'escalade verbale pour répondre à Khizr Khan, un Américain naturalisé d'origine pakistanaise dont le fils Humayun, capitaine de l'armée de Terre, fut tué en Irak en 2004. M. Khan avait vivement dénoncé jeudi dernier à la tribune de la convention démocrate les propos anti-musulmans de Donald Trump.

En réponse, Donald Trump a estimé qu'il avait été injustement attaqué, a insinué que l'épouse de M. Khan était restée silencieuse à la tribune, car elle n'avait pas le droit de parler en tant que femme musulmane, et affirmé qu'il avait lui-même fait beaucoup de sacrifices dans sa vie.

Le patron du Parti républicain, Reince Priebus, est selon la chaîne ABC furieux de cette nouvelle polémique, alors que la semaine dernière fut dominée par l'appel supposément « sarcastique » de Donald Trump à la Russie pour retrouver certains messages privés effacés d'Hillary Clinton.

Selon NBC, un groupe de poids lourds républicains, dont l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, envisage de plaider directement auprès de Donald Trump pour qu'il rentre dans le rang.

« Je ne suis d'accord avec elle [Hillary Clinton]... (photo Richard Drew, archives AP) - image 2.0

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« Je ne suis d'accord avec elle [Hillary Clinton] que sur peu de sujets, mais elle serait une bien meilleure présidente que Donald Trump », dit Meg Whitman, ancienne dirigeante d'eBay et du groupe Hewlett Packard.

photo Richard Drew, archives AP

Défections

Les défections se sont accélérées après la fin des primaires, en juin : Brent Scowcroft, ancien conseiller à la sécurité nationale du président George H. W. Bush ; Richard Armitage, ancien secrétaire d'État adjoint du président Bush fils ; Hank Paulson, ancien secrétaire au Trésor du même président ; et plusieurs anciens élus ont annoncé qu'ils voteraient pour Hillary Clinton.

À la convention démocrate, des républicains ont même pris la parole, ainsi que Michael Bloomberg, ancien républicain devenu indépendant à la mairie de New York.

Hillary Clinton, qui a promis dans son discours d'investiture à Philadelphie d'être « la présidente des démocrates, des républicains, des indépendants », tente activement d'attirer des personnalités républicaines dans son giron.

La patronne de Hewlett Packard Enterprise, Meg Whitman, une influente républicaine de Californie, a dit dans une interview avec le New York Times publiée mercredi qu'Hillary Clinton l'avait personnellement appelée. Elle votera pour elle et mobilisera des réseaux, notamment financiers, pour faire battre le « démagogue malhonnête » qu'est Donald Trump selon elle.

« L'histoire a montré que lorsque des démagogues prennent le pouvoir ou s'approchent du pouvoir, cela finit rarement bien », justifie la républicaine, qui était allée jusqu'à comparer plus tôt cette année Donald Trump à Hitler et Mussolini.

Meg Whitman est l'une des femmes républicaines les plus connues et influentes de la Silicon Valley, et elle fut candidate du parti au poste de gouverneur en 2010. 

Cette année, elle a également été membre de l'équipe de campagne de Chris Christie aux primaires, avant de rompre avec lui avec fracas lorsqu'il a rejoint le camp Trump.

« Je ne suis d'accord avec elle [Hillary Clinton] que sur peu de sujets, mais elle serait une bien meilleure présidente que Donald Trump », dit Meg Whitman, ancienne dirigeante d'eBay et du groupe Hewlett Packard.

Le représentant républicain de New York Richard Hanna est devenu mardi le premier élu républicain du Congrès à annoncer qu'il voterait pour Hillary Clinton en novembre. Il a dénoncé l'hypocrisie de ses collègues qui déplorent les déclarations de Donald Trump sans le rejeter complètement.

« J'estime qu'il ne suffit pas de dénoncer ses propos : il n'est pas capable de représenter notre parti et ne peut pas diriger notre pays », a écrit Richard Hanna dans une tribune.

Le sénateur John McCain, qui a vivement dénoncé Donald Trump, refuse par exemple de retirer son soutien.

Face à ces remous, Donald Trump garde le cap. Loin de jouer les hommes d'État magnanimes,Face à ces remous, le milliardaire garde le cap. Loin de jouer les hommes d'État magnanimes, et contrairement à son colistier Mike Pence, il refuse d'apporter son soutien à Paul Ryan, l'homme fort du Congrès qui l'a critiqué et fait face à une primaire dans sa circonscription la semaine prochaine.

Et il promet des représailles. Dans une interview au Washington Post, il a promis de financer à l'avenir un comité politique pour faire battre des candidats, démocrates comme républicains. Y compris Ted Cruz, son ex-rival des primaires qui continue de lui tenir tête ?

« Peut-être », a répondu Donald Trump.

Le chef de la police de New York... (PHOTO REUTERS) - image 3.0

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Le chef de la police de New York Bill Bratton.

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Le chef de la police de New York a «une peur bleue» de Trump

Donald Trump fait « une peur bleue » au chef de la police de New York, William Bratton, a déclaré mercredi celui qui va quitter le service public mi-septembre pour rejoindre un cabinet de conseil.

« M. Trump me fait peur, une peur bleue, pour être honnête avec vous », a déclaré, lors d'un entretien à la chaîne CBS, William Bratton, qui est peut-être le policier le plus respecté des États-Unis.

Le futur consultant pour le cabinet de conseil en stratégie Teneo a la particularité d'avoir dirigé la police de trois grandes villes américaines : Boston, New York et Los Angeles.

Le policier de 68 ans s'inquiète notamment « du manque de profondeur (d'analyse de Donald Trump) sur les (grands) sujets » et de sa propension à « dégainer » sans réfléchir.

« Je regarde toute cette campagne et je hoche la tête », a-t-il ajouté. « Cela interpelle. »

« Je ne comprends pas le soutien dont il bénéficie », a expliqué William Bratton au sujet de l'homme d'affaires new-yorkais.

« En tant que vétéran (il a intégré l'armée trois ans et est allé au Viêtnam), je suis sans voix quand je vois que les associations de vétérans sont sous son charme », a-t-il dit au sujet d'un homme qu'il dit avoir côtoyé en plusieurs occasions.

Alors que l'une des présentatrices de l'émission « CBS This Morning » semblait le mettre en garde au sujet d'une éventuelle réaction de Donald Trump à ses critiques, William Bratton s'est montré flegmatique.

« Un dur ? Je me demande s'il a déjà pris un coup dans sa vie », s'est-il amusé.

« Je suis toujours étonné quand des gens sont présentés ou se définissent eux-mêmes comme des durs », a-t-il ajouté. « C'est facile d'être dur. C'est beaucoup plus difficile d'être souple et compréhensif lorsque c'est nécessaire. »

William Bratton a aussi regretté la réaction de Donald Trump aux critiques de Khizr Khan, père d'un soldat américain musulman tué au combat en 2004.

« Il n'a pas de compassion », a commenté le chef de la police new-yorkaise. « Il n'est question que de lui et jamais de personne d'autre. »

Une publicité favorable à Clinton critique Trump avec l'aide des républicains

Par Lisa Lerer THE ASSOCIATED PRESS

WASHINGTON - Une nouvelle publicité en faveur de la candidate démocrate Hillary Clinton utilise les mots des dirigeants républicains et de membres influents de l'administration américaine pour présenter Donald Trump comme un candidat indigne du poste de président des États-Unis.

La publicité vise à vanter la candidature d'Hillary Clinton et à freiner l'élan du candidat républicain, qui a été critiqué de toutes parts.

Dans la vidéo d'une trentaine de secondes, on peut entendre les déclarations de l'ex-candidat républicain Mitt Romney, de l'ancien secrétaire à la Défense Robert Gates et de l'ancien directeur de la CIA Michael Hayden, qui remettent en doute le tempérament et les compétences du milliardaire devenu politicien.

Les commentaires de Donald Trump présentent un « risque clair et actuel », affirme M. Hayden, tandis que M. Gates s'inquiète de « l'admiration » du candidat pour le président russe, Vladimir Poutine.

Mitt Romney dit de son côté que M. Trump fait déjà frémir les alliés des États-Unis et attise les tensions avec leurs ennemis.

Il est plutôt rare pour les politiciens d'utiliser les mots du parti rival pour critiquer leurs adversaires, mais cette stratégie est de plus en plus utilisée par le clan Clinton, qui espère attirer les électeurs indépendants effrayés par la rhétorique et l'inexpérience de Donald Trump.

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