Bernie Sanders en vedette d'un début de convention démocrate chahuté

La convention s'ouvrira formellement à 16h et les... (Photo Carolyn Kaster, Associated Press)

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La convention s'ouvrira formellement à 16h et les grands discours commenceront à 21h, en l'absence d'Hillary Clinton qui prononcera son discours le dernier jour, jeudi.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Philadelphie

La planète démocrate se retrouve à partir de lundi à Philadelphie afin d'adouber Hillary Clinton comme candidate à l'élection présidentielle américaine. Mais ce premier jour de convention est marqué par la démission de la présidente du parti, contestée par le camp de Bernie Sanders.

En symbole d'unité, le sénateur du Vermont, perdant des primaires, a été invité à prononcer un discours lors du créneau le plus prestigieux, en soirée.

Il sera précédé à la tribune de la convention par le sénateur accro des réseaux sociaux Cory Booker, la Première dame Michelle Obama et la sénatrice Elizabeth Warren, bête noire de Wall Street que l'aile gauche du parti démocrate aurait voulu voir nommée colistière d'Hillary Clinton. Celle-ci a finalement choisi le sénateur Tim Kaine vendredi.

La convention s'ouvrira formellement à 16h et les grands discours commenceront à 21h, en l'absence d'Hillary Clinton qui prononcera son discours le dernier jour, jeudi.

Le message de cette première journée «marquera un contraste saisissant avec le message sombre et de divisions de la convention républicaine, où Donald Trump a affirmé que lui seul pouvait résoudre les problèmes du pays», expliquait un responsable de la campagne Clinton lundi.

«Contrairement à Cleveland, où les orateurs ont à peine mentionné le nom de Donald Trump, à Philadelphie aux heures de grande écoute une série d'Américains ordinaires (...) expliqueront la façon dont Hillary les a défendus et aidés dans leur vie», poursuit ce responsable.

Le suspense concerne l'attitude de la présidente du parti démocrate sur le départ, Debbie Wasserman Schultz.

Présidente du parti huée

Un scandale a éclaté ce week-end après la publication par le site Wikileaks de près de 20 000 messages échangés de janvier 2015 à mai 2016 et piratés des comptes de sept responsables du parti démocrate.

Aucun complot contre Bernie Sanders n'y est révélé, mais le ton employé dans certains courriels montre le mépris ou la méfiance de ces responsables envers le sénateur indépendant du Vermont, alors que depuis le début du processus des primaires celui-ci s'était plaint de la partialité du parti en faveur de sa rivale, Hillary Clinton, notamment dans l'organisation des débats télévisés.

Dans un message, la présidente du parti, Debbie Wasserman Schultz, traite un proche de Bernie Sanders de «maudit menteur».

Déjà sur la sellette, elle n'a pas résisté à la controverse et annoncé dimanche sa démission à compter de la fin de la convention, poussée dehors au nom de la paix au sein du parti.

Elle a toutefois annoncé qu'elle s'exprimerait à la tribune, faisant craindre l'image désastreuse de délégués pro-Sanders la huant. C'est ce qui s'est produit lundi matin devant les caméras lors de son intervention devant les délégués de Floride en marge de la convention.

Bernie Sanders a salué son départ et admonesté les ténors démocrates: «Les dirigeants du parti doivent toujours rester impartiaux dans le processus des primaires présidentielles, ce qui ne s'est pas produit en 2016», a-t-il déclaré.

Moscou pointé du doigt

L'entourage d'Hillary Clinton s'est publiquement étonné que ces messages soient publiés quelques jours seulement avant la convention, rappelant que des groupes liés aux autorités russes étaient soupçonnés pour le grave piratage du parti démocrate, révélé le 14 juin.

Robby Mook, directeur de campagne d'Hillary Clinton, a sous-entendu que Moscou essayait d'influencer les élections américaines.

Il a fait le lien avec des propos de Donald Trump considérés comme prorusses, notamment lorsqu'il a dit la semaine dernière que sous sa présidence, les États-Unis n'interviendraient pas automatiquement pour protéger les pays baltes en cas d'agression.

«La blague du jour est que la Russie a fait fuiter les courriels démocrates catastrophiques, qui n'auraient jamais dû être écrits (stupides), parce que Poutine m'aime bien», a réagi Donald Trump lundi sur Twitter.

Les démocrates craignent que, malgré tous leurs efforts, la polémique des courriels continue d'empoisonner l'ambiance de la convention. La présidente par intérim du parti démocrate, Donna Brazile, a prévenu que des milliers d'autres messages seraient vraisemblablement publiés prochainement.

Dans les rues de Philadelphie, des centaines d'irréductibles de Bernie Sanders ont manifesté dimanche et devraient battre le pavé toute la semaine.

Hillary Clinton a besoin d'une convention réussie. Dans la foulée de la convention républicaine à Cleveland la semaine dernière, Donald Trump s'est hissé à égalité voire légèrement au-dessus de la démocrate dans deux sondages. Selon CNN, le républicain recueille 48% des intentions de vote, contre 45% pour Hillary Clinton.

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