Non, l'Amérique n'est pas au bord de l'apocalypse

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Un délégué à la convention républicaine de Cleveland montre son soutien au duo Donald Trump-Mike Pence, le 21 juillet.

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Anne RENAUT
Agence France-Presse
WASHINGTON

Hausse de la criminalité, immigrants dangereux, tensions raciales avivées: Donald Trump a dépeint jeudi une Amérique proche de l'apocalypse, mais qui, selon son président Barack Obama, «ne correspond pas» à la réalité vécue par ses habitants.

«Le discours irresponsable de notre président, qui a utilisé sa fonction pour nous diviser par race et par couleur, a rendu l'Amérique plus dangereuse comme (...) jamais vu auparavant», a clamé l'homme d'affaires populiste en acceptant sa nomination pour porter les couleurs républicaines à l'élection présidentielle de novembre.

Mais pour le président démocrate, «cette idée selon laquelle l'Amérique serait au bord de l'effondrement, cette vision de violence et de chaos partout, ne correspond pas vraiment à ce que les gens vivent».

«Nous n'allons pas prendre de bonnes décisions si elles sont fondées sur des peurs qui ne sont pas soutenues par des faits», a-t-il soutenu, dans une allusion aux approximations et aux contrevérités dont le milliardaire est coutumier.

Outrés par ses excès et ses attaques, les grands médias ont d'ailleurs mobilisé leurs troupes pour faire du «fact-checking» (vérification des faits) à grande échelle sur le texte de Trump.

Devant les délégués du parti réunis à Cleveland, Donald Trump a promis le «retour à la sécurité». Il s'est posé en recours pour une nation décrite à feu et à sang, le seul à avoir la poigne nécessaire pour terroriser les délinquants, fermer la porte aux clandestins venus du Mexique et tenir tête aux pays qui infligent selon lui «humiliation après humiliation» aux États-Unis, de l'Iran à la Chine.

«Les homicides ont augmenté l'an dernier de 17% dans les 50 plus grandes villes américaines», a ainsi dénoncé le candidat républicain.

Le président Obama a lui affirmé que «l'Amérique est beaucoup moins violente qu'il y a 20 ou 30 ans, et l'immigration beaucoup moins un problème non seulement qu'il y a 20 ou 30 ans, mais aussi que lorsque je suis devenu président».

Émeutes raciales en 68

Donald Trump s'est volontairement inspiré dans son discours de celui de Richard Nixon à la convention républicaine de 1968, avec les mêmes références aux «Américains oubliés» et une même promesse de ramener l'ordre public dans les rues américaines.

Pourtant à l'époque de Nixon, le fossé racial était bien plus profond, les tensions atteignant leur paroxysme avec l'assassinat du leader du mouvement des droits civiques Martin Luther King le 4 avril.

Sa mort provoque une vague d'émeutes dans tout le pays.

L'Amérique est aussi en guerre au Vietnam et beaucoup de jeunes Noirs, qui n'ont pas les moyens d'échapper à la conscription, sont envoyés au front. À la convention démocrate en août à Chicago, les manifestations pacifistes sont violemment réprimées par la police.

À Cleveland, Donald Trump a multiplié les louanges aux forces de l'ordre, sous pression depuis le meurtre de 5 policiers à Dallas et 3 à Baton Rouge, par deux hommes dont le motif semble bien avoir été de venger le racisme et les violences policières endémiques dont est victime la communauté noire.

Il a aussi avancé que le nombre de policiers tués dans l'exercice de leur fonction avait bondi de 50% par rapport à l'an dernier. Il est en réalité parfaitement stable, selon les données publiées par le site Officer Down Memorial Page.

Le milliardaire a aussi estimé que 180 000 clandestins devant être expulsés des États-Unis pour des délits «menaçaient» les Américains. Une menace cependant difficile à établir puisque la nature de ces délits n'aurait pas été établie, selon le Washington Post.

Le président Obama a rétorqué qu'aujourd'hui «beaucoup moins de travailleurs clandestins (...) traversaient la frontière que dans les années 1980 ou 1990 ou quand George Bush était président».

Enfin le républicain a affirmé qu'en 2009, quand Mme Clinton arrivait à la tête de la diplomatie, «la Libye coopérait». «L'Égypte était en paix, (...) la violence diminuait en Irak» et la Syrie était «plus ou moins sous contrôle», oubliant de rappeler que Libye, Égypte et Syrie étaient dirigées par des dictateurs qui seront contestés par le Printemps arabe en 2011.

Donald Trump présente un «danger unique» pour les États-Unis et le monde, résume vendredi le Washington Post dans un éditorial au vitriol.

Concernant ses opinions, tacle le quotidien, «elles sont fausses dans leur diagnostic sur les problèmes de l'Amérique et dangereuses dans les solutions proposées».

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