Convention républicaine: entre la peur et la haine

Donald Trump acceptera formellement l'investiture républicaine au cours... (PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS)

Agrandir

Donald Trump acceptera formellement l'investiture républicaine au cours de la convention de la formation, à Cleveland.

PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Maison-Blanche 2016

International

Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(Cleveland) Rudolph Giuliani, solide comme un roc après les attentats du 11 septembre 2001, a cultivé la peur, rejetant la célèbre exhortation du président Franklin Roosevelt selon laquelle « la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même ».

« La vaste majorité des Américains ne se sentent pas en sécurité », a déclaré l'ancien maire de New York à la tribune de la convention républicaine de Cleveland, lundi soir. « Ils ont peur pour leurs enfants. Ils ont peur pour eux-mêmes. Ils ont peur pour nos policiers, qui sont ciblés », a-t-il ajouté en décrivant les États-Unis comme un pays en proie à une criminalité galopante.

Chris Christie, ministre de la Justice potentiel au sein d'une administration dirigée par Donald Trump, s'est chargé de la haine, soumettant Hillary Clinton à un simulacre de procès devant une foule survoltée.

« Coupable ou non coupable ? », a demandé le gouverneur du New Jersey, mardi soir, aux milliers de délégués républicains après chacun des chefs d'accusation qu'il a retenus contre la candidate démocrate à la présidence.

« Coupable ! », ont répondu les délégués, qui ont également scandé un slogan qui avait déjà résonné la veille entre les murs du Quicken Loans Arena : « Enfermez-la ! Enfermez-la ! »

La peur et la haine. Ce soir, en acceptant l'investiture républicaine, Donald Trump aura la chance d'ajouter d'autres ingrédients à la formule qui pourrait lui permettre de remporter l'élection présidentielle de 2016. Mais ces deux-là ont marqué les premières soirées de la convention de Cleveland, dont l'efficacité n'a pas fait l'unanimité, et pas seulement à cause de la controverse autour du discours de Melania Trump.

« Je pense qu'ils ont mal joué la carte de la peur. La première soirée de la convention était trop crue, trop négative. » - Richard Perloff, professeur de communications et de science politique à la Cleveland State University

Et la deuxième ? « C'était un peu trop méchant, trop exagéré », a-t-il affirmé en faisant allusion au discours de Christie et au slogan appelant à l'emprisonnement de Clinton. « Cela ne fonctionnera pas auprès de l'électorat général. »

Qu'à cela ne tienne, la peur et la haine devraient occuper une place importante dans la stratégie de Donald Trump d'ici le 8 novembre.

LES « ÉTRANGERS ILLÉGAUX » ET L'ANARCHIE DÉNONCÉS

La peur est inspirée par trois phénomènes dénoncés par plusieurs orateurs à Cleveland : l'immigration illégale, le terrorisme islamiste et le mouvement Black Lives Matter (BLM). Des orateurs ont défilé à la tribune de la convention républicaine pour raconter des histoires d'horreur sur la façon dont de proches parents avaient été tués par des « étrangers illégaux ». D'autres les ont suivis pour dénoncer le rôle d'Hillary Clinton dans l'attaque contre le consulat des États-Unis à Benghazi qui a coûté la vie à quatre Américains et son laxisme présumé par rapport à la menace terroriste. Et le shérif afro-américain de Milwaukee, David Clarke, a dénoncé avec force « l'anarchie » créée par le mouvement BLM, qui manifeste contre la brutalité policière.

Il a été chaudement applaudi par une foule presque entièrement blanche (seulement 18 des 2472 délégués à Cleveland sont afro-américains). La connotation raciale de cette peur n'a pas échappé à Avik Roy, ex-conseiller de plusieurs candidats à la présidence, dont Mitt Romney et Marco Rubio, qui a résumé ainsi la première soirée de la convention républicaine : « Les gens à la peau foncée rendent l'Amérique moins sûre. »

La haine a un nom : Hillary Clinton. Et elle a été exprimée à Cleveland par plusieurs orateurs, dont Sharon Day et Ben Carson.

« En tant que première dame, vous avez attaqué de façon vicieuse le caractère de femmes qui ont été victimes de violence sexuelle commise par votre mari. » - Sharon Day, coprésidente du Comité national républicain, en s'adressant à Hillary Clinton

Carson, ancien candidat à l'investiture républicaine, a pour sa part associé Clinton à Lucifer. Tout comme plusieurs autres orateurs, il a fait l'impasse sur le thème de la deuxième soirée de la convention - l'emploi et l'économie.

Mais Al Baldasaro, délégué du New Hampshire et conseiller de Trump en matière d'anciens combattants, est allé beaucoup plus loin qu'eux. Lors d'une entrevue radiophonique hier, il a appelé à l'exécution de l'ancienne secrétaire d'État pour son rôle dans les affaires de Benghazi et de ses courriels.

« Hillary Clinton devrait être mise à mort par peloton d'exécution », a-t-il déclaré.

Pas de doute, la candidate démocrate est un facteur d'unité au sein d'un parti dont certains membres ne semblent pas encore complètement convaincus de la valeur de leur candidat présidentiel - et ne le seront peut-être jamais.

Mais Richard Perloff estime que les républicains risquent de rater une occasion précieuse de redorer l'image de leur parti et de leur candidat à Cleveland.

« Ce qu'ils doivent faire, c'est de présenter une sorte de programme », a dit le politologue. « Ils parlent de ramener les emplois au pays. C'est bien. Les républicains ont une philosophie. C'est bien. Mais qu'ils la présentent ! »

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer