À Cleveland, une convention républicaine très blanche

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Les Blancs sont favorables à Donald Trump, 47% contre 34% pour Hillary Clinton.

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
Cleveland

À Cleveland, tous les soirs, une foule très majoritairement blanche envahit la salle omnisports où se tient la convention républicaine. Les visages noirs y sont rares, alors même que leurs votes seront cruciaux lors de l'élection présidentielle de novembre.

Le parti républicain a donné aux États-Unis son premier secrétaire d'État noir, Colin Powell (2001-2005), et sa première secrétaire d'État noire, Condoleezza Rice (2005-2009). Mais il est accusé ces jours ci de s'être mis à dos la communauté afro-américaine, et un homme en particulier est montré du doigt: son candidat à la présidentielle Donald Trump.

«Je ne peux pas parler pour toute la communauté (noire) mais je peux parler pour moi, et il me rebute», explique Gloria Bivins, partisane d'Hillary Clinton qui participait cette semaine à un rassemblement sur les droits civiques dans l'Ohio.

Le milliardaire républicain a insulté les immigrés, les musulmans, les femmes, les handicapés durant sa campagne, et a été accusé de complaisance avec les défenseurs de la suprématie de la race blanche. De quoi effectivement dissuader l'électorat noir.

Alors que les sondages nationaux placent Clinton et Trump dans une chaude lutte, la démocrate écrase complètement le républicain quant il s'agit de la communauté noire: 91% contre 1%, selon un récent sondage Quinnipiac.

Les Blancs sont eux plus favorables à Donald Trump, 47% contre 34%.

Celui auquel il revient de faire évoluer les chiffres au parti républicain, Telly Lovelace, directeur des initiatives afro-américaines, juge qu'il est trop tôt pour en tirer des conclusions.

«Pour gagner la nomination républicaine, il devait faire appel aux électeurs blancs», explique-t-il à l'AFP. «Maintenant que la saison des primaires est terminée, il va changer de direction et commencer à parler des questions des minorités».

Stratégie inachevée

Mais M. Lovelace admet qu'il travaille encore à sa stratégie sur comment transmettre, le mieux possible, le message républicain aux communautés noires.

«M. Trump a ce côté célébrité qui poussera beaucoup de Noirs et de minorités à au moins se poser la question de voter pour lui», estime-t-il.

Il y a quatre ans, quand les républicains avaient perdu pour la deuxième fois face à Barack Obama, ils avaient demandé une «autopsie» qui avait conclu que l'Amérique avait changé, et que pour gagner il fallait séduire les minorités.

M. Lovelace rejette les critiques selon lesquelles cela ne s'est pas produit.

Mitt Romney avait obtenu 6% du vote noir à l'élection présidentielle de 2012, les républicains ont obtenu 10% de ce vote aux élections de mi-mandat en 2014, et le gouverneur de l'Ohio John Kasich 26%, souligne-t-il.

Mais les perspectives ne semblent pas bonnes pour Donald Trump, d'autant que la communauté noire est depuis des années loyale aux Clinton.

Des 71 intervenants en soirée à la convention - les heures de grande écoute - seulement sept sont noirs.

Le plus connu, l'ancien candidat aux primaires Ben Carson n'a pas même évoqué les tensions raciales actuelles, après des violences policières contre des Noirs et l'assassinat de plusieurs policiers, dans son discours mardi soir.

A l'extérieur de la salle où se déroule la convention, Eric Smith, un entrepreneur noir, est venu à Cleveland pour prouver «la diversité du soutien à Trump».

Il veut parler aux démocrates, leur dire que Trump n'est pas raciste.

«J'ai embrassé des militants anti-Trump», dit-il fièrement.

«Beaucoup de gens croient ce qu'ils entendent aux infos, mais ce n'est pas vrai», ajoute-t-il. «Donc je leur raconte l'autre côté de l'histoire».

Tony Williams, 54 ans, membre du parti républicain venu du Michigan, affirme être «à l'aise» avec Trump.

Républicain depuis toujours, il n'a pas voté pour Obama, le premier président noir des États-Unis et partage les opinions de Trump pour une réforme fiscale et l'interdiction de l'avortement.

Mais il avoue aussi que Trump était son troisième choix, après le gouverneur du Wisconsin Scott Walker et le sénateur de Floride Marco Rubio, tous les deux battus aux primaires.

Et il pense aussi que le milliardaire doit faire plus pour unifier le parti. «Son discours jeudi soir, sera très important pour solidifier la base», estime-t-il.

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