La haine d'Hillary, puissant rassembleur à la convention républicaine

Lundi, Rudy Giuliani a joué la peur du terrorisme... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Lundi, Rudy Giuliani a joué la peur du terrorisme et a accusé Hillary Clinton de «manquement à ses devoirs» dans le drame de Benghazi.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Maison-Blanche 2016

International

Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
Cleveland

Ils hurlent qu'ils la veulent en prison, promettent l'apocalypse si elle devient présidente: à la convention républicaine de Cleveland, la haine d'Hillary Clinton est un puissant rassembleur.

Le parti républicain a peut-être du mal à se rassembler derrière Donald Trump, désormais son candidat officiel à l'élection présidentielle américaine de novembre, mais quand il s'agit de son opposante démocrate, la passion est totale.

Ils défilent à la tribune et n'ont qu'un prénom à la bouche: Hillary. Hillary la crapule, Hillary la menteuse, Hillary et Benghazi, Hillary et ses courriels, Hillary et les frasques passées de son mari.

«Elle devrait être en prison», s'emporte l'ancien maire de New York Rudy Giuliani sur les plateaux de télévision. Lundi, il avait été l'un des premiers à lancer la charge, jouant de la peur du terrorisme et l'accusant de «manquement à ses devoirs» dans le drame de Benghazi, où quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens avaient été tués en 2012.

«L'expérience d'Hillary Cinton est la base de sa campagne. Son expérience est exactement la raison pour laquelle elle ne doit pas être notre présidente», avait ajouté l'ancien maire, héros du 11-Septembre.

Mardi, c'est le gouverneur du New Jersey Chris Christie, ancien procureur fédéral, qui lui aussi en a fait le procès public, dressant la liste des échecs supposés de la diplomatie américaine quand elle était secrétaire d'État (2009-2013), de la Syrie au Nigeria en passant par la Libye, l'Iran, Cuba, la Chine et la Russie. Et affirmant qu'elle avait rendu le monde moins sûr. «Est-elle coupable ou non coupable?» a-t-il demandé une demi-douzaine de fois à la foule réunie dans l'immense salle omnisports où se tient la convention.

Un partisan de Donald Trump porte un T-Shirt... (REUTERS) - image 2.0

Agrandir

Un partisan de Donald Trump porte un T-Shirt sur lequel est inscrit «Hillary pour la prison en 2016». 

REUTERS

«Enfermez-la»

«Enfermez-la», scandaient les militants républicains, certains le poing levé, trop heureux de répondre «coupable».

L'ancien candidat aux primaires Ben Carson n'a lui pas hésité à associer Hillary Clinton à Lucifer.

Des 25 discours prononcés mardi soir, 19 étaient anti-Hillary, six seulement majoritairement consacrés à chanter les louanges de Trump, dont deux prononcés par ses enfants Eric et Tiffany.

L'équipe de campagne d'Hillary Clinton a dénoncé mercredi une «chasse aux sorcières». «Ils étaient à un doigt de crier «brûlez-la sur le bûcher»», a-t-elle écrit dans un communiqué, en évoquant «un tournant sombre dans la politique américaine, un signe que notre pays est au bord de quelque chose de dangereux».

Le milliardaire de l'immobilier âgé de 70 ans n'a jamais occupé de fonction élective. Une fois affirmé qu'il sera «un agent du changement» ou un «grand leader» qui «rendra sa grandeur à l'Amérique», que peuvent ajouter ses partisans dans leurs discours ?

D'où l'acharnement contre Hillary, que la majorité des Américains n'aiment pas, impopulaire auprès de 56% d'entre eux selon une moyenne des sondages, à peine mieux que Donald Trump (59,2% selon RealClearPolitics).

Furieux qu'elle n'ait pas été poursuivie, les républicains l'attaquent sans arrêt sur l'affaire de ses emails - son choix d'avoir installé chez elle un serveur privé quand elle était chef de la diplomatie, durement critiqué récemment par le directeur du FBI James Comey qui l'a accusée de «négligence extrême».

«Si j'avais fait le dixième de ce qu'elle a fait, je serais en prison», fulminait lundi un ancien général, Michael Flynn.

Ils la blâment pour le drame de Benghazi, l'accusent là encore d'avoir menti. Reprennent le surnom que lui a donné Donald Trump, «Crooked Hillary» (Hillary-la-crapule). L'accusent parfois d'avoir couvert les frasques sexuelles de son mari quand elle était première dame. Et dressent un portrait apocalyptique du pays, si elle devenait présidente.

«Les gens qui créent des emplois continueront à être punis. Nos petites entreprises souffriront, les industries seront détruites  (..) et les Américains continueront à perdre leur emploi. L'honnêteté, l'intégrité seront enseignées dans les livres d'histoire», a ainsi affirmé Sharon Day, co-présidente du Comité national républicain (RNC).

Elle a aussi accusé Hillary Clinton d'avoir «méchamment attaqué la personnalité des femmes abusées sexuellement par son mari» quand elle était Première dame. «Je veux voir une femme présidente, un jour, mais pas cette femme (...) Jamais!»

Rien n'a été oublié durant la grand-messe républicaine. Dans le ciel de Cleveland, de petits avions survolent la ville en traînant des banderoles affirmant «Hillary en prison».

La semaine prochaine, la convention démocrate devrait rendre aux républicains la monnaie de leur pièce.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer