Convention républicaine: un rendez-vous «dangereux» et «excitant»

Julian Raven, un partisan de Donald Trump, est... (REUTERS)

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Julian Raven, un partisan de Donald Trump, est arrivé dimanche à Cleveland pour la convention républicaine avec, en mains, cette peinture de celui qui sera désigné dans quelques jourscandidat officiel du Parti républicain pour l'élection présidentielle.

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(Cleveland) Avec ses vendeurs ambulants, ses terrasses débordantes et ses nombreux passants, la 4e Rue, voie piétonne populaire de Cleveland, avait un air de fête dimanche, à la veille de la convention républicaine qui va officiellement investir Donald Trump comme candidat à l'élection présidentielle.

Revêtu d'un t-shirt dont il venait de faire l'achat et qui montrait Hillary Clinton derrière des barreaux, Bob Bonilla, un visiteur du Texas, faisait partie de la foule de piétons qui donnaient l'impression de s'amuser. Mais il était aux aguets.

«C'est dangereux», a-t-il dit en s'arrêtant au milieu de la 4e Rue, qui débouche sur l'esplanade du Quicken Loans Arena, complexe sportif où se dérouleront les quatre soirées de la convention républicaine. «Je surveille tous les gens que je croise. Je me demande toujours s'ils sont armés.»

«Mais c'est excitant d'être ici», a-t-il ajouté en affichant sur l'écran de son téléphone portable une photo de Lucius, son petit-fils de 6 ans, qui vit à San Antonio. «C'est pour lui que je suis venu à Cleveland. L'avenir des États-Unis sera défini ici cette semaine.»

Armes visibles

Ce sentiment de danger imminent, Bob Bonilla n'était évidemment pas le seul à l'éprouver hier. Le syndicat des policiers de Cleveland a appelé le gouverneur républicain de l'Ohio, John Kasich, à suspendre la loi de son État autorisant le port d'armes visibles pendant la convention républicaine.

La demande a été formulée après le meurtre de trois policiers de Baton Rouge, en Louisiane, hier matin. Le gouverneur l'a rejetée, affirmant par la voix d'un porte-parole qu'il n'avait pas «le pouvoir de suspendre de façon arbitraire des droits constitutionnels».

Et c'est ainsi que des citoyens, fusils en bandoulière, ont pu continuer à déambuler dans les rues de Cleveland hier. Des militants du Black Panther Party se promettent de les imiter cette semaine.

Bien entendu, les forces de l'ordre craignent des débordements à l'occasion des manifestations prévues tout au long de la convention républicaine. D'où l'imposant dispositif de sécurité qu'elles ont déployé autour du Quicken Loans Arena, l'isolant du centre-ville derrière des grilles de 2,5 mètres de haut. Elles ont en outre fermé des rues à la circulation et bloqué leur accès avec des blocs de béton ou des véhicules lourds.

Mais ces précautions risquent de ne pas suffire si une ou des têtes brûlées sentent le besoin de se servir de leurs armes à feu.

Qu'à cela ne tienne: à en croire certains délégués républicains déjà présents à Cleveland, ce climat de tension joue en faveur de Donald Trump, qui a profité des incidents sanglants des dernières semaines impliquant des policiers et des Afro-Américains pour se présenter comme le «candidat de l'ordre public».

«L'ordre public sera la raison principale qui incitera plusieurs personnes à aller aux urnes. Je pense que plusieurs personnes baseront leur choix sur la personne qui sera à leur avis la plus susceptible de nous protéger et de nous unir.» - Mark Hartley, délégué de la Caroline du Sud, qui en sera à sa septième convention républicaine

Après avoir décrit Donald Trump comme le candidat «le plus honnête, le plus direct», Hartley a ajouté, en faisant allusion à Hillary Clinton: «Franchement, l'alternative est impensable.»

Derrière ses lunettes teintées aux couleurs du drapeau américain, Tricia Cunningham attribue également à Donald Trump une force morale qui le différencie des autres candidats et qui lui permettra d'assurer le retour de l'ordre public.

«M. Trump a toujours fait ce qu'il dit, a déclaré cette invitée de la délégation de la Pennsylvanie à Cleveland. Il est un leader très fort et il a une solide feuille de route. Et il a quelque chose que je n'ai jamais vu chez un autre candidat, c'est-à-dire une franchise totale. Nous croyons vraiment en lui et nous pouvons lui faire confiance.»

Quand on a fait valoir à Tricia que les vérificateurs de faits les plus neutres ont estimé mensongères ou trompeuses plusieurs déclarations de Trump, elle ne s'est pas démontée.

«Je pense qu'il incombe aux gens de s'éduquer eux-mêmes sur ces questions. M. Trump est-il parfait? Personne ne l'est. Cependant, il croit vraiment en notre pays.» - Tricia Cunningham, partisane de Donald Trump

Demain, Tricia Cunningham agira comme maîtresse de cérémonie à l'occasion d'un rassemblement intitulé «Citizens for Trump». Figurent parmi les orateurs invités Alex Jones, un des théoriciens de complot les plus controversés aux États-Unis, Joan Morgan, une islamophobe notoire, et Roger Stone, qui recycle ces jours-ci les histoires les plus scabreuses concernant les Clinton. Le site nationaliste Eternal Sentry, qui dénonce le «génocide» dont seraient victimes les Blancs aux États-Unis, se trouvait parmi la liste initiale des commanditaires de l'événement. Il ne joue plus aucun rôle officiel dans ce rassemblement.

Mais les forces de l'ordre devront être aux aguets. Car certains rassemblements, dont celui-ci, seront plus dangereux qu'excitants.

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