Mike Pence accepte d'être colistier de Donald Trump

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Le gouverneur Mike Pence (à gauche) en compagnie de Donald Trump, lors d'un rassemblement à Westfield, dans l'Indiana, le 12 juillet.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le gouverneur conservateur de l'Indiana, Mike Pence, a accepté jeudi d'être le colistier de Donald Trump, candidat républicain à la Maison Blanche, ont annoncé les télévisions américaines CNN et ABC.

Le magnat de l'immobilier doit officiellement annoncer son choix vendredi matin depuis New York, à trois jours de l'ouverture de la convention d'investiture républicaine à Cleveland.

Trump a toutefois annoncé jeudi soir qu'il reportait l'annonce de son colistier prévue vendredi matin à New York en raison de «l'horrible attaque» qui a eu lieu à Nice et fait au moins 60 morts.

«Face à l'horrible attaque de Nice, en France, j'ai reporté la conférence de presse de demain (vendredi) concernant mon annonce sur le vice-président», a indiqué le magnat de l'immobilier sur Twitter.

Élu du Congrès de 2001 à 2013, Pence dirige depuis l'État de l'Indiana. Son CV remplit les critères d'expérience politique annoncés par Donald Trump. Le candidat populiste a en effet dit qu'il cherchait à recruter un homme à la personnalité différente de la sienne, plus apte à négocier avec le Congrès.

Donald Trump fera l'annonce officielle vendredi matin à 11 h à New York.

Le choix d'un « VP » est important : il peut compenser certaines faiblesses du candidat à la présidentielle, rassurer des électeurs hésitants, aider à remporter un État clé. Donald Trump, 70 ans, qui n'a jamais occupé de fonction élective, a reconnu qu'il lui fallait quelqu'un qui connaisse le monde de la politique.

L'homme d'affaires républicain s'est amusé toute la semaine à faire monter le suspense, faisant passer des auditions presque en public aux quelques hommes qui tiennent la corde pour ce poste prestigieux - alors que les candidats présidentiels redoublent traditionnellement de discrétion pour rencontrer secrètement les prétendants au poste de vice-président afin de ménager l'effet de surprise. Par exemple, Hillary Clinton reste bouche cousue sur sa propre méthode de recrutement.

« J'ai trois noms en tête, peut-être quatre. Mais au fond, je pense surtout à deux », a affirmé Donald Trump sur Fox News mercredi. De Mike Pence, qu'il a rencontré cette semaine dans l'Indiana, il a estimé qu'il était « formidable, on verra ».

Les autres noms étaient Newt Gingrich, ancien pourfendeur de Bill Clinton dans les années 1990 en tant que président de la chambre basse du Congrès, et le gouverneur du New Jersey Chris Christie, devenu son plus fort soutien après avoir échoué aux primaires.

Aucune femme ne figurait parmi les « finalistes » évoqués en public par Donald Trump.

Chris Christie est devenu un allié de Donald Trump... (PHOTO AP) - image 2.0

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Chris Christie est devenu un allié de Donald Trump peu après son abandon de la course à l'investiture républicaine, en février.

PHOTO AP

Newt Gingrich conseille officieusement Trump depuis des mois.... (PHOTO REUTERS) - image 2.1

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Newt Gingrich conseille officieusement Trump depuis des mois.

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TROIS FINALISTES

Avec cet as de la télé-réalité, les surprises sont toujours possibles. Mais trois finalistes semblent en lice, le gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, le gouverneur du New Jersey Chris Christie et l'ancien speaker de la Chambre des représentants Newt Gingrich. Chacun a ses défauts et qualités.

Mike Pence, 57 ans

Gouverneur de l'Indiana depuis janvier 2013.

Donald Trump l'a rencontré d'abord en famille, l'a revu mercredi chez lui. Pence l'a accompagné dans plusieurs rassemblements. Il serait le favori des enfants adultes de Trump, très impliqués dans le choix du VP.

AVANTAGE : 

Avocat de formation, ancien animateur de radio, courtois et posé, il connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011. Le speaker républicain de la Chambre Paul Ryan le considère comme un ami. Ses connexions pourraient aider à récolter plus de fonds pour la campagne de Trump.

C'est aussi un conservateur, défenseur des valeurs familiales, très croyant, accusé d'être anti-LGBT, anti-réfugiés. Il aiderait Trump auprès des conservateurs traditionnels et probablement aussi dans la « Rust Belt », la région industrielle du nord-est en déclin, dont fait partie l'Indiana.

INCONVÉNIENTS : 

Trop conservateur pour attirer des électeurs indépendants hésitants.

Chris Christie, 53 ans

Gouverneur du New Jersey depuis 2010.

AVANTAGE : 

Trump le connaît depuis longtemps et a confiance en lui. Candidat malheureux aux primaires républicaines, cet ancien procureur fédéral charismatique au discours parfois décapant a été l'un des premiers à se ranger derrière Donald Trump en février, qui l'a récompensé en le nommant responsable de son équipe de « transition », s'il gagne en novembre.

Il est aussi gouverneur républicain d'un État traditionnellement démocrate et son expérience pourrait aider à travailler avec un Congrès profondément divisé, et Trump a salué en lui un « formidable guerrier ».

INCONVÉNIENTS : 

Républicain relativement modéré, certains dans le parti ne lui ont pas pardonné de s'être affiché avec Obama après l'ouragan Sandy en 2012.

Blanc quinquagénaire, très impopulaire dans son État, il n'élargit pas la base électorale de Donald Trump.

Il a aussi une « casserole » encombrante : le « bridgegate », scandale d'embouteillages géants créés par deux collaborateurs par vengeance politique en 2013. Et en tant que procureur, il avait aussi contribué à envoyer en prison le père du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, très impliqué dans sa campagne.

Newt Gingrich, 73 ans

AVANTAGE : 

Le plus expérimenté de tous, élu à la Chambre des représentants de 1979 à 1999, ancien président de la Chambre de 1995 à 1999, co-instigateur de la « révolution républicaine » de 1994 qui y avait mis fin à 40 ans de majorité démocrate, durant la présidence Clinton. Il connaît tout de Washington. Très intelligent, plein d'idées.

Consultant, commentateur politique, il n'a jamais quitté le monde de la politique. Candidat malheureux à l'investiture républicaine en 2012, il conseille officieusement Trump depuis des mois, et semble intéressé par le poste.

« Soit il y a (une chimie) soit il n'y en a pas », a déclaré Trump au Wall Street journal. « Elle existe clairement avec Chris et Newt » Gingrich.

INCONVÉNIENT : 

Il est presque aussi impopulaire que Trump et n'aiderait pas à élargir sa base électorale. Cet homme marié trois fois - un point commun avec le milliardaire - serait également le vice-président le plus âgé de l'histoire américaine.

Et les experts soulignent que sa personnalité volcanique pourrait rapidement s'opposer à celle de Trump.

Le Parti républicain et l'image d'une famille rassemblée

Malgré les nombreux boycottages de personnalités républicaines, et le risque de rébellion d'une partie des 2472 délégués, Donald Trump et le Parti républicain tenteront de projeter l'image d'une famille rassemblée lors des quatre jours de convention, devant 15 000 journalistes et techniciens.

« J'aime les télésouffleurs »

Chaque soir de lundi à jeudi, dans la grande salle sportive de Cleveland, des orateurs se succéderont sur scène pour chanter les louanges du porte-flambeau républicain et attaquer l'adversaire démocrate.

Ses enfants et son épouse, Melania, ainsi que des pasteurs, un shérif noir et quelques chefs républicains s'exprimeront également.

Le thème général ? « Mon message sera l'ordre public. Je suis le candidat de l'ordre public », a expliqué Donald Trump, reprenant le thème choisi par Richard Nixon en 1968, quand les États-Unis étaient à feu et à sang sur la guerre du Viêtnam.

Il faut s'attendre, selon le parti, à des discours sur la sécurité nationale, l'immigration, mais aussi le commerce international, l'autre pilier du programme du candidat populiste.

Le candidat n'en étant pas à un revirement près, il a également dit qu'il utiliserait sans doute un télésouffleur pour son grand discours d'investiture, après avoir passé le gros de la campagne à railler les hommes politiques qui y recourent.

« J'aime les télésouffleurs quand je dois prononcer un discours très détaillé », a dit Donald Trump sur Fox News.

L'objectif de Donald Trump est de monopoliser les écrans durant les sept prochains jours afin de grappiller quelques points dans les sondages.

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