Les républicains publient leur réquisitoire sur Clinton et Benghazi

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Secrétaire d'État à l'époque, Hillary Clinton semble ulcérée alors qu'elle répond aux questions d'une commission du Congrès américain dominée par les républicains sur les événements survenus à Benghazi, à Washington, le 23 janvier 2013.

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Dave Clark
Agence France-Presse
Washington

Une commission du Congrès américain dominée par les républicains a publié mardi son rapport sur l'attaque de la mission américaine à Benghazi en 2012, accusant Hillary Clinton, alors secrétaire d'État, d'avoir minimisé la menace djihadiste en Libye.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

En 800 pages, ce rapport revient sur la nuit du 11 septembre 2012 lorsque des assaillants djihadistes avaient attaqué en Libye l'enceinte diplomatique américaine à Benghazi et l'annexe de la CIA située à proximité, tuant l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains.

Mais après deux ans d'enquête et sept millions de dollars d'argent public déboursés, aucune révélation fracassante susceptible de porter un coup fatal à la campagne d'Hillary Clinton pour la présidentielle de novembre ne semble s'être glissée dans l'épais dossier.

«Il me semble assez clair qu'il est désormais temps de tourner la page», a réagi la candidate démocrate, que cette histoire empoisonne depuis des années.

Elle avait défendu ses décisions devant cette commission au cours d'une audition marathon de 11 heures en octobre 2015.

Le rapport renforce toutefois la thèse que l'administration américaine a été trop lente à mesurer la montée du danger pesant sur ses diplomates en Libye. Et qu'elle a été trop rapide à attribuer les faits à une poussée de colère isolée, au lieu de reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque djihadiste.

De quoi envenimer une campagne présidentielle déjà virulente. D'autant que son opposant républicain Donald Trump prend plaisir à exploiter l'affaire.

«Benghazi, c'est encore un échec de Hillary Clinton. Rien ne semble jamais marcher comme il faudrait avec Clinton», a-t-il lancé sur Twitter après la publication du rapport. Il l'avait récemment accusée d'avoir laissé mourir l'ambassadeur pendant qu'elle «dormait profondément».

Le président de la commission d'enquête, le républicain Trey Gowdy, a défendu la valeur d'un travail fondé sur «plus de 100 auditions, dont 80 de témoins qu'aucune autre commission parlementaire n'avait interrogés, et des dizaines de milliers de pages de documents».

Trey Gowdy... (PHOTO Cliff Owen, AP) - image 2.0

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Trey Gowdy

PHOTO Cliff Owen, AP

Pour un autre membre républicain de la commission, Mike Pompeo, l'affaire est claire: «Nous attendons de notre gouvernement qu'il fasse tout ce qui est possible pour préserver la vie des Américains qui se mettent en danger (pour servir le pays). Ce n'est pas ce qui s'est passé».

«La politique a primé sur la vie d'Américains», a-t-il asséné.

«Faits déjà connus» 

Le rapport ne met pas en évidence de retard dans l'opération de sauvetage du personnel pris au piège dans la mission diplomatique.

Mais il souligne des points montrant que des considérations politiques ont pu jouer dans la communication de l'administration sur les évènements, alors que le président Barack Obama était engagé dans une difficile bataille électorale contre le républicain Mitt Romney.

Dans les jours suivant l'attaque, des responsables de l'administration avaient blâmé une manifestation contre un film islamophobe produit aux États-Unis, qui aurait dégénéré.

Or le rapport des républicains affirme que beaucoup dans l'administration ont très vite su qu'il s'agissait d'une «attaque terroriste» planifiée, et non d'une poussée de colère localisée.

Il évoque également une possible hésitation dans le déploiement de Marines basés en Espagne, les précédentes enquêtes ayant toutefois établi qu'aucune force militaire américaine n'aurait pu arriver à temps pour sauver les diplomates.

Les membres démocrates de la commission d'enquête ont eux dénoncé son contenu.

De son côté, Hillary Clinton a souligné depuis Denver que la commission «n'a rien trouvé qui contredise les conclusions» d'un premier rapport indépendant élaboré par le département d'État, «ni les conclusions des précédentes et nombreuses enquêtes parlementaires mixtes au Congrès». Et elle a dénoncé «le ton partisan» du nouveau rapport.

La Maison-Blanche l'a également éreinté. Son porte-parole Josh Earnest a assuré qu'il n'avait fait que prouver que «les théories du complot qui ont fleuri du côté républicain sont des fantasmes politiquement motivés».

«Les faits essentiels concernant les attaques de 2012 à Benghazi sont connus depuis longtemps», a souligné Mark Toner, porte-parole de la diplomatie américaine.

Reste que l'enquête sur Benghazi a conduit à l'autre affaire pesant sur la campagne électorale de Hillary Clinton: son usage d'un serveur privé d'emails plutôt qu'un compte gouvernemental lorsqu'elle était secrétaire d'État.

Cet arrangement a été découvert par les enquêteurs parlementaires lorsqu'ils ont réclamé les communications de la démocrate relatives à la Libye.

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