Rassemblement pro-Trump: un «cauchemar homophobe, misogyne et raciste»

Dans le cadre de sa recherche pour écrire... (PHOTO DAMON WINTER, THE NEW YORK TIMES)

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Dans le cadre de sa recherche pour écrire un livre sur la présente campagne électorale, l'auteur Jared Yates Sexton s'est rendu la semaine dernière à un rallye (photo) qui se tenait à Greensboro, en Caroline du Nord, en présence de Donald Trump. La violence des propos qu'il y a entendus l'a ébranlé.

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L'auteur Jared Yates Sexton a été ébranlé par la violence des propos entendus lors d'un rassemblement de partisans de Donald Trump. Il a tweeté en direct ce qu'il y a entendu.

Jared Yates Sexton avait décidé de ne pas voter lors de la prochaine élection présidentielle américaine afin de pouvoir écrire sur la course sans se lier à un parti. L'expérience marquante qu'il a vécue dans un récent meeting politique de Donald Trump l'a cependant amené à réviser son plan.

« Il était déjà clair pour moi qu'il était absolument impossible que je vote pour Trump. Mais ce que j'ai vu m'a convaincu que je dois aller voter contre lui. Il est extrêmement dangereux », affirme en entrevue ce professeur de littérature rattaché à la Georgia Southern University.

Dans le cadre de sa recherche pour écrire un livre sur la campagne, M. Sexton s'est rendu la semaine dernière à un rallye qui se tenait à Greensboro, en Caroline du Nord, en présence du favori républicain.

Plutôt que de se contenter de prendre des notes, l'écrivain s'est mis à tweeter sur ce qu'il voyait et entendait autour de lui lors de la soirée, qu'il assimile à un « cauchemar homophobe, misogyne et raciste ».

Alors qu'il avait été marqué par les violentes manifestations de colère de partisans de Donald Trump lors d'un précédent rallye en Californie, l'atmosphère à Greensboro était tout à fait différente, relate-t-il.

«Les gens semblaient plus à l'aise avec leur haine, il y avait un sentiment de collégialité parmi les participants.»

Jared Yates Sexton

Au cours du rassemblement, un homme a crié que les homosexuels avaient eu ce qu'ils méritaient, alors que le candidat républicain parlait de la tuerie survenue à Orlando dans une discothèque gaie.

« Je pense qu'il voulait faire une sorte de blague. Il a jeté un regard complice à un autre partisan qui criait "Salope", quand Donald Trump évoquait Hillary Clinton, et les deux hommes se sont souri, l'air de dire qu'ils se comprenaient bien », souligne l'écrivain.

La foule a vivement réagi au discours du candidat, réservant un accueil particulièrement enthousiaste à ses propos sur l'immigration. M. Sexton dit avoir entendu dans la foule un père confier à son enfant que les « immigrants ne sont pas des personnes ». Un autre a déclaré qu'il ne fallait pas faire confiance aux Latinos.

« UN NIVEAU D'ANTISÉMITISME EFFARANT »

Les tweets résumant sa soirée ont suscité une levée de boucliers parmi les partisans de Donald Trump, qui l'ont bombardé en ligne de messages pour critiquer son récit et sa personne, l'accusant d'offrir un portrait trompeur et biaisé de la soirée et du mouvement d'appui au candidat.

«J'ai été traité de "traître à la race". On a remis en question ma sexualité, ma masculinité.»

James Yates Sexton,
qui a aussi reçu plusieurs menaces de mort

« Je ne suis pas Juif, mais un groupe de personnes en ligne était convaincu du contraire et disait que je m'appelais en fait Jared Goldstein. Le niveau d'antisémitisme manifesté par certaines personnes était effarant », souligne M. Sexton, qui s'est notamment fait dire qu'il méritait de « passer au four », une référence aux fours crématoires utilisés par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.

L'écho fait à ses tweets a amené le magazine New Republic à solliciter un texte sur l'assemblée de la part de l'écrivain, qui prévoit faire d'autres papiers au sujet de la campagne pour cette publication.

L'homme de 34 ans reconnaît qu'il risque d'être difficile pour lui désormais de participer incognito à un événement politique de Donald Trump.

« Ils viennent de me retirer de la liste d'envoi des communiqués de campagne, alors il est clair que je ne suis pas le bienvenu », relève M. Sexton.

> Lisez le compte rendu complet de Jared Sexton sur Twitter (en anglais)

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