Jeb Bush soutient Ted Cruz

L'ex-gouverneur de la Floride et ancien candidat à... (PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AFP)

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L'ex-gouverneur de la Floride et ancien candidat à l'investiture républicaine Jeb Bush (à gauche) en compagnie du sénateur du Texas toujours dans la course pour la candidature du Great Old Party à la présidentielle de novembre Ted Cruz, à Greenville en Caroline-du-Sud, le 13 février.

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Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le «tout sauf Donald Trump» a accouché mardi du mariage le plus improbable: le soutien du poli Jeb Bush à l'ultra-conservateur Ted Cruz symbolise les manoeuvres de l'appareil du parti républicain, prêt à tout pour contrer l'investiture du milliardaire.

Tout oppose l'ancien gouverneur de Floride, calme et peu à l'aise dans les débats lors desquels il peinait à trouver la formule juste, au sénateur du Texas, avocat et grandiloquent orateur.

Au-delà du style, Jeb Bush représente par excellence l'establishment du Grand Old Party dont il était le candidat naturel au lancement de la campagne présidentielle américaine, par contraste avec Ted Cruz, pourfendeur de Washington qui hérisse l'appareil du parti pour sa stratégie d'opposition permanente au Congrès, même contre son propre camp.

Le ralliement du premier, qui a jeté l'éponge dans la course à l'investiture pour la Maison-Blanche il y a 32 jours, derrière la candidature de Ted Cruz, s'apparente bien plus à une escarmouche destinée à faire vaciller Donald Trump qu'à un soutien en bonne et due forme.

Le calendrier - surprenant - choisi par le fils et frère d'anciens présidents des États-Unis est à cet égard éloquent: il a attendu plus d'un mois avant de soutenir l'un des candidats toujours en lice, choisissant de ne le faire qu'après la primaire sur ses terres de Floride, où Donald Trump en a profité pour enterrer la candidature du local de l'étape, le sénateur Marco Rubio.

«Pour le bien de notre parti et de notre pays, nous devons dépasser la vulgarité et la division que Donald Trump a introduites dans l'arène politique ou bien nous perdrons nos chances de battre le candidat démocrate, probablement Hillary Clinton», a attaqué Jeb Bush dans son communiqué.

Pragmatisme

À mi-chemin des primaires et alors qu'il ne reste plus que trois républicains dans la course pour la Maison-Blanche, Jeb Bush a donc choisi le pragmatisme et mis tout son poids politique dans la stratégie, quelque peu désespérée, de l'appareil du parti pour barrer coûte que coûte le chemin de l'investiture au milliardaire.

«Ted est un conservateur sérieux, qui a démontré sa capacité à rassembler les électeurs pour remporter les primaires, dont les «caucus» hier dans l'Utah», a-t-il expliqué, en allusion à la victoire du sénateur du Texas mardi contre Donald Trump dans le petit État de l'Ouest américain.

«Les républicains peuvent reprendre la Maison-Blanche (...) si nous soutenons un candidat qui peut unir notre parti et faire comprendre à quel point une politique conservatrice va aider le peuple à se redresser et atteindre ses objectifs», a poursuivi Jeb Bush.

Une source républicaine a confié au site Politico, qui a d'abord annoncé le ralliement, qu'il ne s'agit pas d'une manoeuvre contre le gouverneur de l'Ohio John Kasich, le troisième homme en lice, invoquant également un choix pragmatique: «À ce stade, le meilleur moyen de gagner est de soutenir le candidat qui a été capable de gagner des États et de conquérir les votants».

Le parti souhaite éviter le scénario d'un troisième mandat démocrate d'affilée à la Maison-Blanche, encore accrédité par un sondage Quinnipiac mercredi, qui donne Donald Trump perdant le 8 novembre prochain, que ce soit face à Hillary Clinton ou Bernie Sanders.

La question est désormais de savoir si ce soutien n'arrive pas trop tard pour renverser la machine Trump, qui a encore gagné mardi la primaire de l'Arizona, l'État qui octroyait le plus de délégués pour cette journée électorale en vue de l'investiture.

Car jusqu'ici, aucun ralliement - dont celui de l'ex-candidate à la Maison-Blanche Carly Fiorina - ni aucune manoeuvre des barons du parti n'ont réussi à ralentir la progression de l'homme d'affaires. Pas même le retour du candidat à la présidentielle de 2012 Mitt Romney, sorti de sa réserve pour prendre la tête début mars d'une violente campagne contre Donald Trump, qu'il a qualifié de «charlatan» et d'«imposteur».

En attendant, Ted Cruz, qui n'a de cesse de se présenter comme l'ultime rempart face à Donald Trump, s'est dit «sincèrement honoré du soutien du gouverneur Jeb Bush».

Ce ralliement, écrit-il dans un communiqué, «est une preuve de plus que les républicains continuent de s'unir derrière notre candidature».

Elle prouve, du moins, que l'establishment continue de s'unir contre Donald Trump.

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