Dans l'Ohio industriel, la tentation Donald Trump

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Michael Mathes
Agence France-Presse
Cleveland

Stephen Emmert, ancien débardeur très impliqué dans son syndicat, a perdu son emploi dans les années 1990 et même s'il était très marqué à gauche, aujourd'hui, il n'en peut plus du système politique et Donald Trump est pour lui le meilleur candidat.

«À l'époque, j'étais un démocrate bon teint, un syndicaliste», raconte à l'AFP M. Emmert alors qu'il attend pour assister à un rassemblement du candidat républicain.

Stephen Emmert a perdu son emploi il y a une vingtaine d'années en raison de l'automatisation. Il s'est reconverti et il est aujourd'hui chauffeur routier. Il en a assez du système et ne se voit pas voter pour la favorite démocrate Hillary Clinton, qui représente justement à ses yeux tout ce qu'il déteste dans la politique aujourd'hui.

Inimaginable pour eux il y a 20 ans, lui, plusieurs de ses amis et ses voisins, se tournent à présent vers le milliardaire Donald Trump, à l'instar des «démocrates Reagan», qui s'étaient ralliés au républicain Ronald Reagan pour le conduire à la Maison-Blanche dans les années 1980.

«Regardez toutes ces usines vides ! Trump, lui, ramènera des emplois», estime M. Emmert.

L'Ohio, qui vote mardi pour des primaires capitales, est un État industriel. Les communautés de travailleurs y ont beaucoup souffert ces dernières années, mais, des rives du lac Érié à la cité industrieuse de Canton, ce sont souvent elles qui font et défont les élections.

Aucun républicain, par exemple, n'a jamais gagné la présidentielle sans une victoire dans l'Ohio aux élections générales.

Donald Trump a déjà remporté la primaire dans l'État voisin du Michigan. Pour s'imposer dans l'Ohio il va lui falloir rassembler un large panel et même peut-être aller ratisser dans des bassins de travailleurs normalement démocrates.

Trump «ramènera des emplois»

Son principal adversaire n'est autre que John Kasich, gouverneur de l'État, qui conserve une petite avance dans les derniers sondages.

Même si le taux de chômage dans le pays est au plus bas, l'Ohio a perdu 200 000 emplois depuis les élections de 2000, principalement en raison des délocalisations des usines en Chine, au Mexique ou ailleurs, alléchées par une main d'oeuvre moins chère et des incitations fiscales.

À ce titre, la proposition de Donald Trump d'augmenter les taxes sur les importations est un argument qui fait mouche pour Stephen Emmert et ses amis.

«Beaucoup de nos travailleurs et cadres sont fascinés par le candidat Donald Trump», relève aussi un responsable de la Chambre de commerce, qui préfère ne pas donner son nom.

L'Ohio est un des dix États clés pour l'élection présidentielle, considéré comme un microcosme de l'Amérique avec une base conservatrice, des indépendants, des banlieues plus progressistes et une proportion croissante d'Hispaniques.

«Beaucoup de gens, républicains comme démocrates, pensent que Trump peut être un sauveur qui ramènera des emplois», explique Kevin Berger, qui tient un magasin de livres à Cleveland. Cet homme de 31 ans incarne le conflit intérieur qui semble animer de nombreux travailleurs de l'Ohio qui hésitent entre Trump et le démocrate Bernie Sanders, principal opposant à Hillary Clinton, qui se décrit comme un démocrate socialiste.

M. Sanders a promis de réduire les inégalités économiques, dit M. Berger, mais «personnellement je pense que Trump serait meilleur pour notre économie et nos affaires».

Richard Trumka, à la tête du plus gros syndicat aux États-Unis AFL-CIO, qui compte 12 millions de membres, met pourtant en garde contre une telle tentation: «Trump vise des gens comme nous», expliquait-il dans une vidéo destinée aux membres du syndicat en janvier. Mais le favori républicain, ajoutait-il, «pense que les salaires sont déjà trop élevés».

Joe Immormino, ferrailleur dans une banlieue de Cleveland, a vu son industrie imploser ces dernières années. Il est maintenant «à 120 %» pour Trump.

«J'aimerais juste voir un homme d'affaires au pouvoir», dit-il.

À 57 ans, il apprécie beaucoup la promesse du milliardaire de réimposer des droits de douane sur les matériaux venus de Chine, de Russie ou de Turquie, qui réduisent ses marges.

«Je veux voir à l'oeuvre quelqu'un qui n'a jamais fait de politique», reprend M. Immormio. «Faisons ça et voyons ce qui arrive. Comment est-ce que ça pourrait être pire ?»

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