Trump annule un rassemblement, violences à Chicago

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Des partisans de Trump sont confrontés à des manifestants hostiles au candidat républicain à l'investiture.

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Derek Henkle avec Ivan Couronne à Washington
Agence France-Presse
Chicago

Le milliardaire Donald Trump a annulé vendredi à la dernière minute un rassemblement à Chicago pour éviter que des gens «ne soient potentiellement gravement blessés», mais des violences ont éclaté entre partisans et opposants du candidat républicain à la Maison-Blanche.

Le calme est toutefois revenu dans la ville en milieu de soirée.

Des manifestants, dont bon nombre de militants de Bernie Sanders et du mouvement anti-raciste «Black Lives Matter», avaient réussi à se rassembler à l'intérieur de l'arène sportive de l'université de l'Illinois, à Chicago, où l'homme d'affaires devait s'exprimer en début de soirée, menaçant apparemment d'en perturber le bon déroulement.

Toute la journée, la tension était graduellement montée à l'intérieur et à l'extérieur sur le campus, où des centaines de personnes, dont beaucoup d'étudiants, protestaient contre la venue du candidat.

Un responsable a alors annoncé l'annulation de l'événement, déclenchant cris et stupeur, puis des altercations entre pro et anti-Trump. Des insultes et des coups de poing ont volé, et les militants de Bernie Sanders ont scandé des slogans, tandis que la sécurité tentait de séparer les groupes et d'évacuer la salle.

Les violences ont continué à l'extérieur, et la police a procédé à des arrestations musclées, selon un vidéaste de l'AFP. Les militants «Black Lives Matter» ont bloqué temporairement une autoroute à proximité.

«Les gens auraient potentiellement pu être gravement blessés», a justifié Donald Trump sur MSNBC. «On ne peut plus faire de rassemblement dans une grande ville de ce pays sans violence ou violence potentielle».

«Liberté d'expression»

Il a expliqué avoir décidé de reporter l'événement après avoir consulté les forces de l'ordre, une fois arrivé à Chicago.

«Je pense que nous avons pris la bonne décision d'annuler», a-t-il dit à CNN, «même si notre liberté d'expression est totalement violée».

Il a refusé d'assumer la responsabilité des manifestations et des tensions en raison de son «ton», alors que ses rivaux soulignent qu'il encourage régulièrement ses partisans à s'en prendre aux fauteurs de troubles.

«Je n'ai certainement pas incité à la violence», a-t-il dit, rejetant la faute sur des «agitateurs professionnels».

La police de Chicago a pour sa part indiqué avoir été «informée par des responsables que la campagne Trump avait annulé son événement prévu» et qu'elle travaillait avec le Secret Service et la police de l'université «pour protéger les droits de chacun en vertu du Premier amendement (de la Constitution, qui protège la liberté d'expression, ndlr) et faire en sorte que la dispersion se fasse dans le calme».

Les manifestants, dont beaucoup de jeunes hispaniques, agitaient des pancartes telles que «Trump  haine» ou «Trump est un bouffon», dénonçant le «racisme» du candidat et ses propositions anti-immigrés.

Un autre rassemblement, plus tôt dans la journée à St. Louis, dans le Missouri, avait été interrompu à de multiples reprises. 32 personnes y ont été arrêtées, selon la police de St. Louis.

Ces scènes, qui ont gagné en intensité ces dernières semaines, font désormais partie intégrale des déplacements publics du milliardaire, qui en joue durant ses discours.

Appel à «cogner»

Il a le 1er février enjoint ses partisans à «cogner», promettant de payer leurs frais d'avocat. Le 23 février, il a déclaré qu'il aimerait «donner un coup de poing dans la figure» d'un perturbateur.

«Quand on manifeste il n'y a plus de conséquences, avant il y avait des conséquences», a redit Donald Trump à St. Louis, en disant qu'il fallait que le pays «se durcisse».

«Honnêtement, c'est plus amusant que d'écouter un discours, n'est-ce pas?» a-t-il aussi dit, alors que la police procédait à des arrestations.

Mercredi, un homme de 78 ans, John McGraw, a été inculpé après avoir été filmé frappant un manifestant noir, Rakeem Jones, lors d'un rassemblement à Fayetteville, en Caroline du Nord (sud-est).

Une journaliste du site Breitbart a aussi accusé le directeur de campagne de Donald Trump de l'avoir brutalement agrippée par le bras mardi à une conférence de presse, ce que le proche du candidat a démenti.

Ses trois rivaux de l'investiture républicaine se sont également joints aux critiques, chacun blâmant la rhétorique incendiaire de l'homme d'affaires.

«Donald Trump a semé la division et il en a récolté les fruits ce soir, c'était affreux», a déclaré John Kasich, gouverneur de l'Ohio. Le sénateur du Texas Ted Cruz l'a accusé de «créer un environnement qui ne fait qu'inciter à ce genre de violente discorde».

Sur le plan politique, Donald Trump mène dans la course aux délégués pour l'investiture, avant le «super mardi» bis de mardi prochain, quand cinq grands États voteront.

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